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Van Quick menacé d’enlèvement par la mafia:«Sur le moment, c’était effrayant!»

Ce mardi, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, qui a échappé à un kidnapping planifié par la mafia de la drogue, nous a accordé une interview. Il est toujours retranché dans un endroit secret. «Sur le moment, c’était effrayant», dit-il
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Depuis la tentative d’enlèvement dont il a fait l’objet dans la nuit de jeudi à vendredi, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a été placé sous protection policière et il est obligé de vivre dans un endroit caché. Cela ne l’empêche pas de répondre à nos questions. Ce mardi après-midi, nous avons pu le voir, par écrans interposés et lui parler.

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« Nous dormons bien »

« Nous nous portons bien, nous dormons bien et, ça va vous surprendre, mais on ne s’est jamais sentis autant en sécurité ! Nous sommes très bien surveillés, je voudrais souligner le travail remarquable de la police et des agents de sécurité » dit-il d’emblée. « Comme ministre de la Justice, qui travaille depuis 2 ans sur ces dossiers, j’ai du recul. Mais pour ma famille, c’est plus difficile à vivre. Elle n’a pas choisi cette situation et pour elle, c’est un choc. Mais elle se porte bien et c’est pour moi le plus important ».

« Le procureur Van Leeuw m’a appelé pour m’alerter, je ne l’avais jamais entendu comme ça... »

Le ministre nous a raconté sa journée de jeudi. « Je rentrais d’un voyage aux Etats-Unis et je prenais la route pour une conférence à la police judiciaire fédérale à Beveren, lorsque j’ai reçu un appel, à 16 heures 40, du procureur fédéral Frédéric Van Leeuw. Sincèrement, je ne l’avais encore jamais entendu comme ça... C’est là que j’ai appris qu’une menace sévère pesait contre moi. Le lendemain, vendredi, c’est devenu très concret. Il s’est avéré qu’ils (des suspects, NDLR) étaient passés à moins de 100 mètres de notre maison pendant que nous dormions. On a retrouvé une voiture avec des armes à bord... Nous sommes allés chercher les enfants à l’école puis on a été placés sous haute sécurité. Depuis lors, nous vivons sous la bonne protection de la police ».

Comme à l’époque du Covid, lui et son épouse font désormais du télétravail tandis que ses deux jeunes enfants (6 ans et 3 ans) suivent l’école à distance.

« J’ai dit à mes enfants que de méchants bandits menaçaient papa »

Le ministre a bien sûr dû expliquer la situation à ses enfants, en veillant à ne pas les brusquer. « On leur a expliqué que de méchants bandits menaçaient papa, qu’ils ne doivent pas avoir peur, que la police les protège bien. Il ne faut pas leur nier la réalité, il faut leur parler pour qu’ils comprennent ».

Intimidé ? Pas le moins du monde. « Je n’ai pas peur, j’ai confiance dans mon service de sécurité. Et je continuerai mon combat », affirme Vincent Van Quickenborne. « J’aimerais reprendre une vie normale le plus vite possible » mais il doit obéir aux services de sécurité qui évaluent la menace d’heure en heure. « Cela durera sans doute toute la durée que je serai ministre de la Justice, car le combat contre la mafia ne va pas se terminer », dit-il. Il promet de continuer à lutter contre elle et les bandes criminelles. « Tout a débuté il y a deux ans avec le démantèlement du réseau Sky ECC et l’arrestation de plus de 1.200 suspects. Nous continuerons à les traquer, à les coincer, à les poursuivre, à les condamner,... On ne va pas changer de tactique à cause de ce qui se passe aujourd’hui. Tout ce qui a été décidé par le gouvernement (renfort de la PJF, traité d’extradition avec Dubaï, renfort des contrôles dans les ports, renfort de la Sûreté de l’Etat) va être exécuté, c’est le plus important ».

« Je n’aurais jamais imaginé ça »

Le ministre savait que sa fonction était sensible et à risque, mais il n’imaginait pas en arriver là... « Comme ministre, j’ai déjà fait l’objet de menace de mort nécessitant une protection policière, mais je n’aurais jamais pu imaginer ce qui est en train de se passer aujourd’hui. Que cela pourrait se passer sous mes yeux, avec ma famille. Je crains que l’on soit entré dans une nouvelle réalité, le narco-terrorisme. Les terroristes essaient de s’installer dans le monde réel, ils essaient de s’installer dans notre société. Et c’est bien contre cela que je lutte, c’est un combat que je mène personnellement, avec le soutien du Premier ministre, de la ministre de l’Intérieur et des autres collègues du gouvernement ».

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