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Le suivi psychologique moins accessible aux femmes et aux personnes pauvres, déplore la Mutualité Chrétienne

Les femmes et les personnes vulnérables économiquement courent plus de risques de développer des problèmes psychologiques en raison de la pauvreté, des discriminations et de la charge mentale pesant sur leur bien-être. Pourtant, ce sont justement ces personnes qui ont plus de difficultés à accéder aux soins psychologiques, ressort-il jeudi d’une étude de la Mutualité chrétienne (MC).

Les freins sont pluriels, remarque cette dernière: difficulté à identifier les problèmes, mais aussi à chercher l’aide adéquate, prendre rendez-vous et payer ces services.

Dans le cas d’une dépression, les personnes qui éprouvent des difficultés financières se tournent plus facilement vers une médication (73%, contre 62% parmi les plus aisés) que vers un suivi psychothérapeutique (39% contre 51%). Si certaines se sentent honteuses (17%), c’est surtout l’inquiétude quant aux coûts (évoquée par 59% des personnes vulnérables économiquement) qui s’impose comme un obstacle déterminant.

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Par ailleurs, les discriminations, les multiples responsabilités à assumer au quotidien et la charge mentale qui en découle pèsent lourdement sur les femmes, autre public plus à risque, note la MC. Le coût d’une aide psychologique les tracasse plus (33%) que les hommes (24%). Toutefois, lorsqu’elles ont conscience qu’elles font face à un problème psychologique, les femmes cherchent plus souvent de l’aide que les hommes. Ainsi, 71 % des femmes qui y sont confrontées et 80% de celles qui en ont eu dans le passé déclarent avoir cherché de l’aide, contre respectivement 59% et 67% des hommes. Ces derniers sont en effet plus enclins à tenter de résoudre leurs problèmes eux-mêmes (58% contre 53% des femmes) et à penser que leurs problèmes finiront par disparaître (25% contre 19% des femmes). Cependant, les femmes sont plus nombreuses à rencontrer des problèmes pour prendre un rendez-vous (4%) que les hommes (1%).

L’âge et l’origine des personnes constituent également des facteurs importants, selon l’étude de la mutualité. Plus les répondants sont jeunes, plus ils considèrent que chercher de l’aide constitue un signe d’échec personnel (15% contre 9% des plus de 65 ans). En outre, les personnes d’origine étrangère «peuvent avoir moins facilement accès à une aide psychologique en raison de la distance culturelle ou des barrières linguistiques», pointe Elisabeth Degryse, vice-présidente de la Mutualité chrétienne.

«L’offre en place ne suffit pas à atteindre ces groupes défavorisés, pour lesquels les problèmes de santé mentale peuvent dégrader tous les autres aspects de la vie», relève Mme Degryse. «Les soins remboursés par l’assurance complémentaire sont largement utilisés par nos membres et il existe bel et bien un besoin en la matière. Mais le remboursement de ces soins doit être revu pour qu’ils soient accessibles à tous, indépendamment des moyens financiers.» Enfin, il est nécessaire d’organiser les soins psychologiques de manière à ce que les groupes les plus à risque puissent avoir facilement accès à ces soins, recommande la mutualité.

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