En ce momentDiables RougesCoupe du monde 2022CTR AwardsPermis de conduire Accueil Actualités Vu d'ici

Moteur à hydrogène: la stratégie française passe par l’Oise

Devant une partie du gouvernement en visite dans ses installations à Venette, près de Compiègne dans l’Oise, Plastic Omnium a annoncé une nouvelle usine de réservoirs à hydrogène qui sera leader en Europe.

Le gouvernement carbure à l’hydrogène ! Mercredi 28 septembre au matin, pas moins de cinq ministres, à commencer par la première d’entre eux, Élisabeth Borne, se sont fait présenter la technologie développée par Plastic Omnium, dans l’Oise, pour arriver à la motorisation décarbonée. Au milieu du très beau département R&D de l’entreprise – Alphatec à Venette – des maquettes transparentes attendent les membres du gouvernement.

Camions, bus et autocars, voitures particulières… Demain, tous ces véhicules pourront embarquer des réservoirs d’hydrogène, le gaz (H2) sous pression venant alimenter une pile à combustible. L’aviation et le ferroviaire sont également concernés ; ainsi que l’industrie en général, dont la décarbonation est un enjeu majeur, par exemple dans la sidérurgie et dans la verrerie.

Fabricant historique de réservoirs pour les énergies fossiles, Plastic Omnium a mis au point un nouveau type de contenants à la forme de gros cigares, testés à 1 575 bars, plus de deux fois la pression nécessaire. Plus le véhicule emportera de ces cigares (au plancher, sous le toit, à l’avant du moteur), plus il sera autonome.

L’enjeu thermique est ici très important. Aussi des tests extrêmes ont lieu sur un prototype pour les 24 Heures du Mans. Pas moins de huit compagnies – dont Alstom, Hyundai, Ford, Safra… – ont déjà signé un contrat avec le géant français qui vise la place de numéro 1 mondial.

Confiante, l’entreprise annonce la création d’une nouvelle usine de 20 000 m2 à Lachelle, à deux pas de Compiègne, dont la construction débutera en 2023. Le site embauchera 150 personnes et produira 80 000 réservoirs à hydrogène par an à partir de 2025. Selon le groupe, il s’agira de la plus grosse usine de ce type en Europe.

La filière se construit à coups de milliards

Pour les piles à combustible, le groupe français s’est associé avec l’équipementier allemand ElrinKlinger avec qui il a créé EKPO dont la production se situe cette fois outre-Rhin. Cette prise de risques n’a évidemment pas échappé au gouvernement, qui de son côté souhaite « construire un pays décarboné et souverain » dans sa technologie, selon l’expression d’Élisabeth Borne.

Dans le cadre du plan de relance il y a deux ans, le gouvernement a mis sur la table 7 milliards, auxquels il a rajouté deux milliards dans le cadre de France 2030, le fonds pour accélérer la transition écologique. Mais la stratégie française s’inscrit également dans un cadre européen. Depuis 2020, 23 états membres et la Norvège ont lancé un projet important d’intérêt européen commun (IPCEI) sur l’hydrogène.

« Nous voulons faire de ce siècle une rampe de lancement pour l’hydrogène décarboné en Europe », explique Élisabeth Borne. Plus de cent projets ont ainsi été présentés à la commission européenne. Une première vague de 41 dossiers a été sélectionnée. Parmi lesquels dix projets français, pour un investissement public de 2,1 milliards, qui accompagneront 3,2 milliards d’investissements privés.

« Un pas de géant pour l’hydrogène en France  », estime Élisabeth Borne. « Ensemble (l’État et les collectivités avec ces dix entreprises), nous allons pouvoir construire les dix premières gigafactory françaises qui seront implantées dans sept régions et créeront 5 200 emplois. Elles viseront la production d’électrolyseurs, de réservoirs d’hydrogène, de piles à combustible, de véhicules, de trains et de matériaux. » Le projet de Plastic Omnium en fait bien sûr partie.

Abonnement La Meuse, La Nouvelle Gazette, La Province, Nord Eclair et La Capitale A ne pas rater

Aussi en Vu d'ici

Voir plus d'articles