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Édito: à Bruxelles, la fuite des commerces ne fait que commencer

Vous avez sans doute entendu parler de ce célèbre restaurant du Sablon qui déménage à Uccle, de ces riverains furieux contre le plan de mobilité de Cureghem, de ces livreurs qui ne savent plus comment arriver à destination. Leur point commun : le Plan Good Move.

Sur papier, il a pourtant tout pour plaire : un meilleur cadre de vie, des quartiers « apaisés », une mobilité plus douce. En pratique, ses objectifs désignés sont pourtant loin d’être atteints. « Trop tôt pour l’évaluer », répondent ses créateurs. Les commerces, eux, n’ont pas le temps d’évaluer, ils constatent. Leur chiffre d’affaires en baisse, les clients qui disparaissent, les fins de mois de plus en plus difficiles. Soyons honnête, le contexte actuel n’aide pas, mais ce plan les enfonce encore un peu plus.

Tous les témoignages que nous recueillons vont dans ce sens. Et l’enquête du Syndicat Neutre pour Indépendants que nous vous dévoilons porte des conclusions dramatiques. Près de 2/3 des indépendants et PME envisagent de déménager. Pas pour s’installer dans une autre commune bruxelloise, mais bien pour quitter la capitale.

Bruxelles se retrouve donc peu à peu confrontée à la fuite de ses commerces. Un des objectifs du Plan, écrit noir sur blanc, est pourtant le suivant : « Accompagner le développement économique de la Région de Bruxelles-Capitale. » Pour l’instant, la Région montre plutôt la sortie à ses commerces. Alors oui, il y aura peut-être à terme de l’espace pour se balader. Mais qui aime se promener dans un désert économique ?

Enquête Good Move: «Une catastrophe pour les indépendants et les PME bruxellois»

Le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) a sondé quelque 150 indépendants et PME sur le plan Good Move en région bruxelloise. Les conclusions sont très sévères et certaines conséquences incroyables : deux tiers envisagent de quitter Bruxelles !

Que beaucoup de gens se plaignent du plan de mobilité « Good Move » pondu par la Région bruxelloise, ce n’est pas nouveau. Mais après bientôt deux mois, les conséquences pourraient s’avérer terribles pour le secteur économique, en particulier dans le centre-ville. C’est en tout cas ce qu’indique l’enquête du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI).

Vous avez entendu parler de ce restaurant qui va quitter le Sablon pour Uccle ? Il ne pourrait pas être le seul. C’est même pire, puisque si 2/3 des personnes interrogées songent à déménager leur établissement, elles répondent surtout qu’elles veulent quitter l’ensemble des 19 communes bruxelloises. « Ça serait un gros problème pour l’activité économique de Bruxelles. Les indépendants et PME sont très fâchés sur ce plan Good Move qu’ils considèrent comme une catastrophe. Ils voient une dégradation très forte au niveau de la clientèle, ils connaissent des problèmes de livraison avec les fournisseurs qui ont du mal à venir chez eux. Beaucoup nous disaient que c’était déjà très compliqué point de vue stationnement dans l’hypercentre, mais c’est encore pire », constate Olivier Maüen, chargé de communication au SNI.

« La situation a empiré »

Bien sûr, les défenseurs du Plan Good Move diront qu’il a bon dos. Le Covid, puis la crise énergétique, n’ont pas amélioré la situation, et le SNI ne dit pas le contraire. Mais il vient a priori enfoncer encore un peu plus les petits commerçants. « Si près des 2/3 d’entre eux jugeaient déjà la circulation difficile dans Bruxelles avant son application, ils sont plus de 90 % à affirmer que la situation a encore empiré. »

Le constat n’est pas plus réjouissant en termes de stationnement. Avant le plan, moins de la moitié (49 %) tenait le stationnement pour difficile ou très difficile. Aujourd’hui, ce pourcentage est passé à 75 % ! « Comment voulez-vous attirer des clients s’ils doivent tourner de très longues minutes pour trouver une place de parking ? Tout le monde n’a pas la possibilité de prendre les transports en commun ou de marcher facilement sur une longue distance », se désole le SNI.

Cela a évidemment une influence sur l’activité des entreprises bruxelloises. « 87 % voient déjà un impact négatif sur leur activité même et pour 3/4 d’entre elles, également sur leurs fournisseurs. Les retards de livraison deviennent notamment de plus en plus fréquents. »

Faillites et licenciements

Sans surprise, cet impact sur l’activité se ressent par ailleurs sur le chiffre d’affaires. « La moitié des entreprises reporte une baisse de leur chiffre et pour près de 3/10 (28 %), une diminution au-delà des 20 %. » Les conséquences à plus long terme ? 39 % vont reporter voire abandonner purement et simplement des investissements. Le licenciement de personnel et la faillite sont deux options mentionnées chacune dans 16 % des cas.

Le SNI appelle dès lors les autorités bruxelloises à revoir sérieusement les modalités du plan et de mieux se concerter avec les partenaires économiques. « Le gouvernement Vervoort ne peut pas ne pas écouter les commerces, PME et indépendants sur son territoire. Il doit rapidement amender ce plan sous peine d’un exode économique vers les autres régions. »

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