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Robert Hossein, en toute humilité : « On ne fait que passer ».

Robert Hossein  sera mis à l’honneur lors du prochain Festival international du film policier de Liège. Une soirée lui sera consacrée le 27 avril, avant la diffusion de « Point de Chute », film qu’il a réalisé en 1970 et où il joue aux côtés de Johnny.
Robert Hossein sera mis à l’honneur lors du prochain Festival international du film policier de Liège. Une soirée lui sera consacrée le 27 avril, avant la diffusion de « Point de Chute », film qu’il a réalisé en 1970 et où il joue aux côtés de Johnny. - Reporters / Abaca

Aujourd’hui âgé de 90 ans (« depuis le 30 décembre dernier », tient-il à préciser fièrement, se tenant debout appuyé à un haut siège tabouret, au pied de l’écran), Robert Hossein est assurément une figure incontournable du théâtre et du cinéma français. A lui tout seul, comme un bref montage d’extraits de ses principaux films l’a rappelé, il symbolise toute une génération d’artistes des années 60. Jonglant entre son travail d’acteur, l’écriture et la mise scène, il est certainement l’un des artistes les plus complets de sa génération.

Comment explique-t-il une telle longévité ? « J’essaie de faire les choses sérieusement mais sans trop me prendre au sérieux. J’essaie surtout de penser aux autres plus que de parler de moi. Vous savez, on ne fait que passer ».

Et puis son père lui disait : « C’est la première cinquantaine qui est la plus dure. Après, c’est plus facile, on s’habitue ! » se souvient, amusé, Robert Hossein

Un Robert Hossein qui doit vraisemblablement sa brillante carrière à ses origines, baignant depuis sa plus tendre enfance dans un milieu artistique : « Je suis né à Paris. On habitait rue de Vaugirard, à Paris. Dans le grenier, mon père écrivait des symphonies et des concertos. Ma mère était comédienne. J’ai ainsi côtoyé de nombreux professionnels de la musique et du théâtre. J’ai donc eu une éducation d’influence très artistique ».

Alors que le Monsieur Cinéma du Festival, Vincent Legros, tente de le faire parler de ses nombreuses rencontres avec les plus grands réalisateurs comme Sacha Guitry, Jean Delannoy, Jules Dassin, Roger Vadim, Yves Allégret, Edouard Molinaro, Gérard Oury, Claude Lelouch, Georges Lautner et tant d’autres encore, celui qui reste avant tout dans la mémoire collective du cinéma français le partenaire de Jean-Paul Belmondo dans « Le Professionnel » semble vouloir éviter cette sorte de nostalgie d’une carrière aussi riche pour s’épancher sur notre société. Et d’évoquer son prochain spectacle :

« Mon prochain spectacle s’adressera à toutes les religions, à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas. Il faut être à la disposition d’autre chose que moi-même. Il faut être disponible à ceux qui croient en l’amour, aux autres, au travail, à la chance. Tout à coup, on va découvrir qu’on n’a pas d’autre solution que de se parler ».

Après l’hommage, le Festival proposait aux spectateurs la projection d’un film choisi par Robert Hossein : « Point de chute », un film qu’il réalisa en 1970 et où il dirige Johnny Hallyday : « Il m’avait demandé si je pouvais le faire tourner et lui apprendre à jouer la comédie. Je l’ai engagé. Il avait 25 ans et m’a ensuite écrit une lettre merveilleuse pour me remercier. C’était un film policier. J’ai beaucoup de nostalgie par rapport à cette époque-là ». Et d’ajouter : « Bon, ce n’était pas le film du siècle, mais… ! ».

Et c’est sous une ovation debout du public liégeois que Robert Hossein quitta la salle.

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