Réseaux sociaux: aidez votre ado à éviter les pièges

Réseaux sociaux: aidez votre ado à éviter les pièges

Les réseaux sociaux ont pris une place de plus en plus importante dans la vie de nos adolescents. D’après Child Focus, 93 % des jeunes entre 11 et 18 ans fréquentent les réseaux sociaux. 64% des jeunes en Belgique ont un profil sur un réseau social et ce malgré le fait que certains réseaux, comme Facebook, soient interdits aux moins de 13 ans. 49% des 11-12  ans, 83 % des 13-14 ans et 97% des 18-19 ans ont un profil sur Snapchat, Instagram ou Facebook, leur activité principale sur ces plateformes étant le chat (discussion) avec des amis.

L’utilisation des réseaux sociaux n’est évidemment pas sans risques. «   Au même titre que tout produit offert sur le marché, une consommation abusive d’internet comporte son lot de risques, comme la rupture de la communication dans la sphère familiale, le manque de sommeil ou la disparition de la frontière entre public et privé   », explique Dale Koninckx, animateur responsable de projets chez Latitude Jeunes, une asbl du Réseau Solidaris. «   On parle aussi de développement de symptômes dépressifs, d’une mauvaise estime de soi (période cruciale de remise en question lors de l’adolescence) et de problèmes d’attention, de sommeil   », ajoute-t-il.

Propagation de rumeurs

De nombreux jeunes sont également dans la séduction sur le web, cherchant une certaine popularité sur les réseaux sociaux (nombre d’amis sur Facebook, popularité des photos publiées (likes), etc. à ceci peuvent s’associer les risques de cyber-harcèlement, de sollicitations sexuelles ainsi que la propagation de rumeurs, de fausses informations pouvant avoir un impact sur la vie réelle. «   La violence sur internet peut être très importante car elle n’a pas de limite de temps ni d’espace (atteinte jusque dans sa chambre, dans la sphère intime et à n’importe quelle heure). Elle présente aussi un caractère public et comprend un «   effet cockpit   ». L’écran permet de ne pas ressentir d’empathie pour l’agressé, on n’est pas en contact direct avec lui, on risque donc de pousser des propos violents plus loin que dans la vie réelle. Sans compter la possibilité d’anonymat et le fait d’être connecté en quasi-permanence.

Ceci étant dit, il ne faut pas diaboliser ces réseaux car ils ont aussi un impact positif sur le développement socio-émotionnel des ados. Par exemple, les plateformes telles que YouTube offrent un espace de création riche et foisonnant où les jeunes peuvent étayer et valoriser toutes sortes de compétences. Les jeunes ont par ailleurs un usage d’internet  fortement centré sur la communication. Une des dernières enquêtes de l’institut Solidaris souligne que les jeunes âgés de 18 à 30 ans confèrent à internet une fonction instrumentale, l’utilisant pour trouver un travail et se former tandis que les adolescents le voient avant tout comme un moyen de rester connectés en permanence avec leur entourage.

Gestion du profil

«   Réseaux sociaux, blogs, forums, chaînes YouTube, stories Instagram, groupes Facebook ou encore jeux vidéo en ligne sont des lieux où   les adolescents se rendent visibles à la communauté adolescente. Les centres d’intérêt s’y partagent et s’étoffent en quelques clics. La création et la gestion d’un profil engagent une réflexion sur soi-même et l’image donnée à voir à ses pairs. Le concept du like Facebook ‘matche’ à merveille avec les besoins de reconnaissance et de valorisation propres à cet âge. Les relations constituées entre pairs à l’école ou pendant les loisirs se prolongent derrière les écrans et, par conséquent, s’enrichissent. Internet est un nouveau mode de socialisation offert aux jeunes, quels qu’ils soient   », précise encore Dale Koninckx. Les réseaux participent aussi à la construction et au renforcement des liens d’amitié, un élément important chez les ados car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces nouvelles technologies resserrent les liens sociaux et n’isolent pas forcément les ados.

Sans oublier que « l’e-réputation », si elle est bien utilisée, peut être porteuse d’opportunités en matière d’emplois notamment car les réseaux permettent de se mettre en avant et 60 % des recruteurs y ont recours. éduquer les jeunes à leur utilisation n’est donc pas un non-sens. D’autant qu’ils sont aussi une mine d’informations et d’apprentissages. Il convient cependant de savoir les utiliser en réfléchissant à leur impact, leurs bienfaits et les risques qu’ils comportent pour mieux les prévenir. -

10 conseils à destination des parents

1. Relativisez et évaluez l’usage comparativement à l’âge, au développement socio-émotionnel. Ça peut changer très vite en peu d’années au cours de l’adolescence. Vous trouverez plus d’infos à ce sujet sur www.yapaka.be/ecrans.

2. Commencez avec une approche positive : reconnaissez les bienfaits avec le jeune, identifiez pourquoi cela l’intéresse, ses motivations à y rester. Montrez d’abord que vous comprenez les bénéfices de l’utilisation des réseaux sociaux.

3. Evitez les discours moralisateur et n’interdisez pas nécessairement : établissez plutôt une relation de confiance dès le plus jeune âge et faites des ponts avec la vie de tous les jours, comme par exemple pour la politesse et le vivre ensemble.

4. Rappelez la loi (anti-discrimination, etc.) et insistez sur l’impact de la diffusion de photos ainsi que des informations personnelles. Ce sont d’autres pistes concrètes de discussion.

5. Soyez curieux et intéressez-vous à ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux pour savoir ce dont les jeunes parlent. Ouvrez les horizons et proposez d’autres activités aux ados, en soulignant leurs complémentarités.

6. N’abordez pas d’emblée le sujet via l’aspect technique des choses. Souvent, les jeunes maitrisent mieux les technologies et outils que leurs ainés. Ils ont donc l’impression de n’avoir rien à apprendre sur le sujet et vont se braquer si on veut leur montrer des choses techniques. Partez plutôt sur de l’affectif comme : «   J’ai vu telle photo, cela avait l’air sympa   ».

7. Informez-les : l’information des jeunes sur les particularités de chaque moyen de communication est indispensable afin qu’ils puissent saisir les opportunités offertes mais aussi mesurer les risques de leur utilisation, particulièrement en ce qui concerne les nouveaux médias (réseaux sociaux, applications mobiles…).

8. Au lieu d’interdire, fixez des limites. Si l’ado est jeune, créez le compte avec lui et paramétrez-le ensemble. Cela permettra de dialoguer sur les réseaux sociaux et de le sensibiliser aux atouts et dangers.

9. Limitez le temps consacré aux réseaux sociaux avec votre ado, en discutant avec lui et en négociant ce qui lui semblerait raisonnable. Cadrer est essentiel mais la façon dont le cadre est établi l’est également. Ceci suggère que l’adulte doit aussi remettre en question sa propre utilisation face à l’adolescent, qui cherchera à comparer et voir si l’accord est cohérent.

10. Sensibilisez le jeune à ne pas faire en ligne ce qu’il ne ferait pas dans le vie réelle ou au moins à s’interroger sur la distinction entre les deux.

11. Parfois, il est intéressant de décortiquer l’utilisation avec le jeune, de lui demander d’expliquer ce qu’il y fait, le plaisir qu’il en retire, puis d’essayer pour voir le temps réel que cela peut prendre. Après coup, les limites peuvent être redéfinies raisonnablement et de façon légitime. -

Cyber-harcèlement, que faire ?

Si votre enfant semble victime de cyber-harcèlement, quelques règles s’imposent. Ne dramatisez pas. Assurez-vous que l’on est bien dans du harcèlement (intention, répétition de l’acte, le harceleur est dans une position dominante…) et prêtez attention à la définition des termes. Ne rompez pas le dialogue avec le jeune et soyez attentif aux signes de cyber-harcèlement : changement de comportement, anxiété, dépression, perte d’appétit, de sommeil…

N’hésitez pas non plus à demander de l’aide et à faire appel à des professionnels. Il existe de nombreux outils et plateformes pour cela comme le 103, le numéro d’appel gratuit en cas de cyber-harcèlement ou le site www.stopcyberhate.be/home-fr/ avec de nombreux conseils. -

Notre sélection vidéo