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Entretien avec Davidy, star des réseaux sociaux: «Influenceur est devenu une insulte»

David Rodriguez, alias Davidy, a percé sur les réseaux sociaux pendant le confinement de 2020. Depuis, il est suivi par des millions de personnes sur TikTok, Instagram, YouTube et Twitch. Il nous livre la recette de son succès... et ses dangers !

Il a 27 ans et il est de Bruxelles. David Rodriguez, alias Davidy ou « That french guy », cartonne sur les réseaux depuis deux ans et demi. Jusqu’au confinement de 2020, il avait posté quelques vidéos. Et puis, en mars, confiné avec sa famille, le voilà qui publie des vidéos humoristiques où il semble avoir des personnalités multiples. La recette séduit, au point que très vite la communauté du Belge compte des milliers puis des millions de personnes. Il quitte son job. Il vit aujourd’hui des réseaux, via des partenariats rémunérés notamment. Et pourtant, tout n’est pas idyllique au quotidien, même si beaucoup de jeunes rêvent de pouvoir faire comme lui…

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David, comment expliquez-vous votre succès ?

À vrai dire, j’ai eu pas mal de chance que ça fonctionne. J’ai vraiment commencé le 25 mars 2020, durant la quarantaine, sur TikTok en français et en anglais… Aujourd’hui, certaines vidéos sont vues plus de 10 millions de fois et j’ai plus de 8 millions de followers sur TikTok.

Et vous êtes presque à un million de followers sur Instagram. Ces chiffres, fous, ça peut monter à la tête ?

Bien sûr mais, pour moi, ce n’est pas un objectif. Je me dis « advienne que pourra ». Si mon contenu plaît, j’y arriverai.

On peut dire que vos contenus plaisent puisque vous avez réussi à vivre des réseaux !

Oui c’est vrai. Quand j’ai commencé, j’étais vendeur chez Orange. Maintenant, je vis de ma passion. Je suis vraiment chanceux.

Quels seraient vos conseils aux jeunes qui voudraient se lancer ?

Je dirais que vers 17-18 ans, c’est possible de se lancer sur TikTok, qui est le réseau avec l’algorithme le plus facile pour être proposé et vu par une communauté très large. Pour YouTube et Instagram, il faut déjà sortir du lot. Pour ce qui est du contenu, je pense qu’il faut se démarquer et être créatif : le lifestyle, par exemple, est saturé. Il faut choisir son thème et s’y tenir, ne pas faire du maquillage un jour et de l’humour le lendemain. Je conseillerais aussi de poster beaucoup et souvent, pour montrer qu’on en veut et ne pas être oublié.

Pour décrocher des partenariats avec des marques, il faut forcément avoir une très grande communauté comme vous ?

Pas nécessairement. Je dirais qu’à partir de 5.000 abonnés, si on a un contenu très spécifique, ça peut le faire. Moi je suis dans l’humour, c’est assez vague donc ça m’a pris du temps pour décrocher des partenariats. Je pense aussi que si j’étais à Paris par exemple, ou que je bossais avec une agence française, ça irait encore plus vite.

D’ailleurs, vous n’aimez pas le terme « influenceur », mais plutôt « créateur de contenus »…

Oui, influenceur, dans le métier, c’est devenu une insulte. C’est pour les gens de la téléréalité, « la poubelle des influenceurs ». Et beaucoup de jeunes qui commencent veulent faire comme ces influenceurs et font la promo de tout et n’importe quoi. Mais je pense qu’il faut vraiment faire attention à ce qu’on met en avant car beaucoup d’influenceurs vendent de tout, prennent tous les contrats qui passent, et les gens risquent alors d’arrêter de vous suivre car ils ne se retrouvent plus dans votre contenu… Certaines agences aussi poussent à la consommation et aux contrats car elles perçoivent un pourcentage. Moi j’ai fait le choix de mettre des limites. Je suis très transparent et je pense que ma communauté le sait.

Combien gagne un créateur de contenus ?

Je suis très transparent avec tout ça. En moyenne, je gagne 2.000 euros par mois net, j’ai fait 32.000 euros brut l’an dernier. Il y a des mois avec, on peut aller très haut, et des mois sans. Il faut mettre de côté, gérer son argent, ne pas oublier qu’il y a les impôts et des charges à payer… Et ne pas dépenser ça dans des futilités : moi je veux acheter ma maison, investir dans l’immobilier.

C’est donc un métier moins rose que ce qu’on pourrait croire ?

L’influence, c’est génial car on est son propre patron, on est riche en temps. On vit de sa passion. On reçoit des invitations pour des voyages, des produits à tester. Mais il y a aussi une instabilité financière qui peut être pesante. L’argent peut faire rêver mais tout le monde ne gagne pas de gros montants. On peut aussi tomber sur des agences malhonnêtes qui vous volent de l’argent. Et c’est un métier où il y a pas mal d’événements, avec les risques du monde de la nuit, l’alcool, la drogue…

Et il y a les critiques et le harcèlement aussi, sur les réseaux, car dans les commentaires de vos vidéos, ce n’est pas toujours positif.

Oui, au-delà du rêve, il faut vraiment s’accrocher et être bien dans sa tête quand on fait ce métier. Je reçois des messages haineux tous les jours, on critique ma voix, ma taille, ma façon de m’habiller… Et si je réponds, ça empire. Selon l’âge qu’on a, on peut prendre ça à cœur et être plus rapidement blessé. Même entre créateurs de contenus, c’est très compétitif et peu reluisant, ça déblatère les uns sur les autres et ça n’hésite pas à se voler des contrats.

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