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Selon son collègue, Amaury Delrez «était allongé dans une mare de sang»

Ghislain Schils, le policier âgé de 58 ans qui a survécu à la fusillade, n’a pas pu retenir ses larmes lundi après-midi lorsqu’il a évoqué la découverte de son collègue Amaury Delrez, abattu et baignant « « dans une mare de sang ».

« Il était allongé, le dos contre le trottoir, dans une mare de sang, les yeux grands ouverts, le regard vide. J’ai essayé de l’appeler. J’ai seulement entendu quelques bruits. Je l’ai supplié de ne pas me laisser seul. Par radio, j’ai envoyé un message rapide signalant que nous avions essuyé des tirs et que mon collègue était dans un état critique », a déclaré l’inspecteur, au premier jour du procès d’Yvo T. devant la cour d’assises de Tongres.

Le policier explique avoir tenu la main de son collègue jusqu’à l’arrivée des services de secours, qui n’ont pu que constater son décès. « Son arme se trouvait toujours dans son étui », a-t-il précisé.

« Je n’ai pas vu le coup de feu fatal à mon collègue. Je n’ai pas vu qu’Amaury a été touché. Je n’ai pas entendu Amaury appeler à l’aide. Je suis sûr que la personne qui a tiré sur le taxi m’a aussi tiré dessus », a-t-il témoigné.

Après ces événements, Ghislain Schils a éprouvé des difficultés à s’alimenter, faisait des cauchemars et a multiplié les nuits blanches. « Je revivais cette scène tous les jours », a-t-il confié.

L’inspecteur a recommencé à travailler à mi-temps à partir de février 2019 et puis, à nouveau, à temps plein, en juin 2019, à l’exception du service de nuit.

« Amaury était très discret sur sa vie privée. Je ne connaissais ni sa femme ni ses enfants. Je n’ai appris à les connaître qu’après coup », a déclaré Ghislain, indiquant qu’ils étaient tous les deux des anciens gendarmes. « Mais je sais qu’il aimait travailler avec moi car, il changeait parfois ses horaires pour être avec moi plutôt qu’avec quelqu’un d’autre. Notre devise était : ’on part à deux et on revient à deux’, mais cette nuit-là, je suis rentré tout seul », a déploré l’inspecteur.

Celui-ci a encore expliqué qu’une course à pied en son hommage était organisée chaque année depuis les faits afin « de soutenir la famille d’Amaury ». Plusieurs collègues de la zone de police des Fagnes aident par ailleurs sa femme à entretenir la maison. « Un rond-point a aussi été baptisé du nom d’Amaury Delrez et une plaque commémorative a été apposée sur le lieu des faits. Son nom a également été ajouté à une plaque présente au commissariat de police de Spa, sur laquelle figurent les noms de deux autres agents ayant perdu la vie en 1993. »

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