En ce momentCoupe du monde 2022Permis de conduire Accueil Régions Charleroi Actualité de la région de Charleroi

Durant plus de 25 ans, la friterie Domino à Jumet a su surmonter de nombreux obstacles: «Le Carolo a évolué», constate Christiane

À Jumet, la friterie Domino vient de fêter ses 26 ans. Sa patronne depuis le premier jour, Christiane, est bien consciente d’être un des établissements les plus tenaces du Pays noir. Elle jette un coup d’œil avec nous dans le rétroviseur.

La plupart des Jumetois s’en souviennent encore. Au départ, la friterie « Domino », installée sur le bord de la chaussée de Bruxelles à Jumet à côté du parc Sadin, ce n’était en fait qu’un conteneur. Qui a pourtant gagné en notoriété et a su fidéliser, au fil des ans, une grande clientèle. Aujourd’hui, 26 ans plus tard, l’enseigne est métamorphosée. La caravane a fait place à un grand bâtiment d’une trentaine de places, accouplé à une partie restaurant. Bien que cette dernière soit quelque peu mise en pause pour l’instant, le snack a quant à lui toujours la cote, malgré les embûches.

Marquée par les drames

Le paysage et l’histoire de Charleroi ont évolué. Avec eux, les drames, les chantiers et les crises qui ont touché la région. « Chaque jour ou presque, les ouvriers de Caterpillar Gosselies me passaient commande le matin et je préparais tous leurs repas du jour. Quand le site a fermé ses portes, ils ont tous perdu leur travail et, forcément, j’ai perdu des clients », nous raconte Christiane. « En 2006, ce sont les travaux du métro qui m’ont compliqué la vie. J’ai perdu 60 %, je dirais, de mon chiffre. Ça a quand même duré 4 ans et demi, il faut dire. Puis il y a eu la crise Covid, maintenant la crise de l’énergie… Ce qui est sûr, c’est que ça n’ira plus jamais aussi bien qu’avant. »

IMG_6608
XDB

Malgré tout, Domino, actuellement tenu par Christiane et son fils, tient bon. Les frites de Christiane sont reconnues et lui ont même valu quelques prix par le passé. « Mon secret, c’est que mon fournisseur m’apporte des frites fraîches, pas précuites. Je sais que tout le monde ne fait pas comme ça. »

Mais de son propre aveu, son établissement est bien plus qu’une friterie. On ne survit en effet pas autant de temps juste pour quelques patates cuites. « J’ai des habitués bien sûr, mais les gens viennent généralement pour discuter, boire un coup, passer du temps avant même de manger un paquet de frites. Pour berdeler, comme on dit. Un peu comme un café de village. Je suis leur confidente, ce qui est très facile pour moi car je suis très ouverte aux autres. C’était parfois de l’assistanat, mais dans le bon sens. Avec eux, je sens le respect du commerçant, la reconnaissance. Grâce à eux, je sais que j’ai laissé mon empreinte à Jumet. »

Quel avenir pour Domino ?

Pourtant, l’évolution de Charleroi, marquée par les drames sociaux et les crises, n’est pas si positive aux yeux de la patronne. « Le Carolo a évolué. On sent quand même plus de précarité aujourd’hui qu’il y a quelques années. Quand je vois la délinquance, la saleté, comment certains traitent les autres, je me demande même ce que je fais encore là. »

Car la fin de la friterie Domino telle qu’on la connaît, Christiane y songe aussi. Sans se prononcer encore. « Domino, c’est mon bébé. Je ne veux pas le voir s’écrouler ni devenir n’importe quoi. Mais si je devais me retirer, ce serait la tête haute », confie-t-elle, sereine.

Christiane, un visage bien connu à Jumet.
Christiane, un visage bien connu à Jumet. - XDB

Un établissement jamais vide.
Un établissement jamais vide. - XDB

Notre sélection vidéo
Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo A ne pas rater

Aussi en Charleroi Actu

Voir plus d'articles