Bilal Hassani: «J’ai décroché mon premier rôle au cinéma!»

Son 3e album.
Son 3e album. - DR

oBilal, votre nouvel album est très déroutant. Comment le définiriez-vous ?

Ce disque représente l’équation parfaite de mon équilibre de vie. Je voulais transmettre des messages anti-conventionnels, remplis de singularité. Mon objectif était de tordre le parfait pour créer le mien. Je ne voulais pas proposer un disque dans la lignée des précédents. J’ai alors créé une nouvelle histoire avec GrandMarnier du groupe Yelle qui a fait beaucoup de recherche avant de travailler avec moi. J’avais besoin de créer une œuvre qui allait marquer son temps. Il y a quelque chose de moins égoïste que sur « Contre Soirée » où les titres étaient davantage tournés vers ma personne.

Avoir ouvert votre propre label, « House Of Hassani », c’est un gage de liberté ? Vous n’étiez pas à votre place dans une maison de disques ?

J’ai toujours été indépendant, on ne m’a jamais brimé dans ma liberté créative. En revanche, je trouvais qu’il y avait trop d’intervenants. Ça devenait parasitant. Avoir l’avis de plusieurs personnes, c’est important pour moi, mais je trouvais que les réunions devenaient un peu obsolètes. On parlait plus de mes perruques que de ma musique. Désormais, je suis entouré d’un collectif de personnes qui me correspond parfaitement. J’ai tenté de camoufler l’ouverture de mon label. J’avais peur d’annoncer publiquement que j’étais devenu indépendant. Je me suis battu pendant des années pour me faire ma place dans ce milieu et je ne voulais pas que les gens croient qu’on m’avait rendu mon contrat ou aient un regard différent sur mon travail.

L’an dernier, vous avez subi un important burn out…

C’est vrai. J’avais complètement perdu la boule. Du jour au lendemain, je n’arrivais plus à parler. Je voyais beaucoup de médecins. Ce n’était pas très facile à gérer, mais c’était prévisible. Ça faisait trois ans que j’étais dans une course contre la montre avec moi-même. J’étais dans une quête de légitimité. Je me forçais à être proactif, presque hyperactif, et ça m’a littéralement brisé. Heureusement, ma maman était là pour me soutenir. Je me suis remis sur pattes suffisamment vite, notamment grâce à ma participation à « Danse avec les stars ». Ça m’a permis de retrouver une rigueur et un cadre de vie sain. Aujourd’hui, la haine ne régit plus mon existence. J’ai l’impression que les gens se rendent enfin compte du travail fourni.

Comme évoqué dans « Sept à Huit », « Quelle heure est-il » évoque le viol dont vous avez été victime il y a trois ans. Ce titre vous a servi de thérapie ?

Oui, complètement. Cette chanson est arrivée au bon moment dans ma vie. Elle m’a fait beaucoup de bien, même si j’ai eu du mal à l’enregistrer. Le texte n’est pas de moi, mais je le trouve extrêmement juste.

Sur la pochette du disque, vous poussez donc un cri de libération…

Oui. Je relâche tout. Cette photo fait aussi écho au dernier plan du film « Théorème » de Pasolini qui m’a inspiré le titre de l’album. Il y a un côté punk et christique à la fois. Je voulais aussi mettre de la virilité dans ma féminité. Les piques de ma perruque donnent aussi l’impression que j’ai une auréole au-dessus de la tête. C’est très subtil.

À quoi ressemble votre vie amoureuse ?

C’est un véritable marathon, mais je commence à être à l’aise à l’idée de raconter ma vie sentimentale en chanson. Je le faisais moins avant. Je m’autorise un peu plus de choses. Par exemple, pendant la création de l’album, j’ai vécu une sorte de triangle amoureux. Dans le deuxième couplet du titre « Marathon », j’évoque donc explicitement que j’ai fait partie d’un trouple.

Pourquoi avez-vous accepté de rejoindre le jury de « Danse avec les stars » ?

J’avais envie de retrouver tous les membres de l’émission. Quand ils m’ont appelé, j’étais timide à l’idée d’accepter. Chris Marques a été le premier à dire que ma présence était pertinente, alors j’ai foncé. Je suis très bien entouré dans cette aventure. Mon challenge est d’avoir un regard artistique pertinent sur les performances de chaque couple. Certaines personnes pensent que ma position est trop privilégiée pour quelqu’un de mon âge, d’autres se demandent pourquoi la production m’a sollicité. Les couples savent pourquoi je suis là et appliquent parfaitement mes conseils. Je n’ai jamais douté de ma légitimité. Ce n’est pas un téléspectateur qui décide de mon aptitude ou non à être juge. Il y aura toujours des commentaires à mon sujet, je ne me focalise plus sur ça.

Vos autres projets ?

Une belle tournée, j’ai hâte de me produire en Belgique. J’ai aussi décroché mon premier rôle au cinéma dans un long-métrage. Le tournage débute prochainement. Je stresse beaucoup, mais c’est motivant. Ce film va me demander beaucoup de temps et d’investissement.