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Crise énergétique: Alexander De Croo impatient de voir les propositions concrètes de la Commission d’ici 15 jours

La Commission européenne se montre «volontariste» sur la question des prix élevés de l’énergie, «mais je croirai ce que je verrai» dans quinze jours, a commenté le Premier ministre Alexander De Croo, vendredi au terme d’un sommet informel à Prague.

L’exécutif européen, qui a présenté mercredi aux Vingt-sept une note envisageant une intervention publique sur le marché du gaz naturel, afin d’en limiter les prix, a été chargé ce vendredi par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE d’élaborer autant que possible des propositions réglementaires sur cette base d’ici au sommet formel des 20 et 21 octobre prochains à Bruxelles, ont affirmé plusieurs dirigeants européens à la sortie.

«Nous attendons ces textes avec une certaine impatience», a ajouté le Belge, qui rappelle le chemin parcouru entre le sommet de Versailles il y a six mois, où seuls trois pays dont la Belgique plaidaient pour une intervention sur le marché du gaz, et ce vendredi, où «23 à 24» États membres sont désormais sur cette longueur d’onde, selon lui. Allemagne, Danemark, et dans une moindre mesure les Pays-Bas, seraient encore réticents.

Désormais, «beaucoup de pays se reconnaissent dans la proposition de la Commission» et les connaissances techniques se sont largement améliorées. Sur la question d’un plafonnement des prix du gaz, il faudra déterminer si et comment agir vis-à-vis des gazoducs russes, vis-à-vis des autres gazoducs, ou encore vis-à-vis du GNL.

«Les choses bougent», considère le président du Conseil italien, Mario Draghi, qui bataille aux côtés de la Belgique avec une poignée d’autres États. «Mais nous ne voulons plus de vagues propositions, il faut du concret». Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a répété que la présidence du Conseil de l’UE convoquerait autant de réunions des ministres de l’Énergie que nécessaire pour arriver à une proposition concrète d’ici au 21 octobre.

«On a senti une volonté partagée des dirigeants de l’UE de faire baisser les prix, c’est une étape stratégique vers le prochain Conseil où seront faits des pas en avant», a assuré le président du Conseil européen, Charles Michel. À ses yeux, la Russie a «tiré un missile énergétique sur le continent européen et sur le monde». La réponse européenne passe par une réduction de la consommation, pour laquelle de premières décisions ont déjà été prises, par les procédures de négociation et d’achat conjoints lorsque l’Union devra remplir à nouveau ses réserves énergétiques à partir du printemps prochain, ainsi que par une action sur les prix.

À cet égard, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a souligné que l’idée de limiter les prix figurait déjà dans un document de la Commission du 8 mars dernier, mais qu’à cette époque, le soutien des États membres était insuffisant. «Maintenant nous sommes mieux préparés, la situation a évolué et les États membres sont d’accord de discuter du ’price cap’».

Pour atténuer les prix du gaz, la Commission envisage un «corridor» de fluctuation de prix à négocier avec des fournisseurs fiables (ce travail a déjà démarré avec des compagnies norvégiennes, selon Mme Von der Leyen), une limitation des pics de prix du gaz sur le marché TTF pour le soustraire à la spéculation, et un découplage du prix du gaz de la formation du prix de l’électricité.

Enfin, la crainte d’une fragmentation de l’Union sous le coup de grand plans nationaux décidés par certains Etats membres, comme l’Allemagne qui s’en défend pourtant, a poussé les Vingt-sept à envisager un mécanisme de solidarité financière. «Un principe a été décidé sur la base des propositions de la Commission, celui d’une véritable solidarité et unité», selon le président français Emmanuel Macron.

«Nous voulons très vite mettre en place des mécanismes pour une solidarité financière européenne. Le consensus était assez large sur le fait que ça ne doit pas passer par des mécanismes de subvention mais bien des mécanismes de garantie ou de prêt, ce qui correspond au type de mécanismes décidés pour la crise Covid, pour réduire la pression sur les États membres les plus fragiles financièrement et éviter la fragmentation de l’Europe».

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