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Pour regarder Dahmer sur Netflix, il faut s’accrocher...

Dahmer, sur Netflix, est « la » série du moment. Elle est numéro un en Belgique, en France, au Luxembourg… et dans 89 autres pays ! Bref, tout le monde la regarde. Et pourtant, il faut avoir le cœur bien accroché…

La série raconte l’histoire de Jeffrey Dahmer, dont le surnom – le cannibale de Milwaukee – suffit à lui seul à résumer l’étendue du champ de ses activités… Au menu : meurtres, viols, démembrements, nécrophilie et cannibalisme, donc. Tout un programme.

La série est inspirée d’une histoire vraie, qui s’est déroulée entre 1978 et 1991 dans le Wisconsin. Au total, Jeffrey Dahmer a fait 17 victimes, que des hommes, dont une majorité de Noirs. Il sera condamné en 1992 à 957 années de prison (ce que permet, de manière un peu absurde, le système judiciaire américain). Il n’aura pas eu le temps de purger le quart du dixième de sa peine puisqu’en 1994, un de ses codétenus l’a assassiné.

Atroce

Cette mini-série, qui ne compte que dix épisodes, débute par l’arrestation du tueur en série. Le tout premier épisode est à glacer le sang. Cauchemars garantis ! On voit Jeffrey Dahmer draguer sa dernière victime – Tracy Edwards – dans une boîte de nuit gay et la ramener chez lui. Sitôt que Tracy rentre dans l’appartement, il comprend qu’il vient de commettre une terrible erreur. Heureusement, il parviendra in extremis à s’enfuir et à prévenir la police. Lorsque les policiers pénètrent dans l’appartement de Dahmer, ils sont saisis par l’odeur fétide. Puis découvrent des Polaroid montrant des corps mutilés. Ils ne s’attendent pas ce qu’ils vont découvrir ensuite : une tête dans le frigo, un cœur et des organes génitaux dans le congélateur, des squelettes dans les tiroirs, des crânes, et trois torses masculins dans un tonneau d’acide, placé dans la chambre à coucher. La scène où deux policiers font le compte rendu détaillé au père de Jeffrey Dahmer, entendu dans le cadre de l’enquête, des crimes de son fils, est terrible.

Numéro un

La série est numéro 1 dans 92 pays. Dont la Belgique. Netflix mesure l’audience d’une série en heures de visionnage : Dahmer en est déjà à 496 millions d’heures, deux semaines seulement après sa sortie sur la plateforme. Pas encore au niveau de « Stranger Things 4 » ou « Squid Game » (plus de 1,5 milliard d’heures de visionnage pour la série coréenne), mais à ce rythme-là la série pourrait battre des records. Le succès est tel que Netflix a également mis en ligne un documentaire sur le tueur en série, en trois parties. Histoire de battre le fer tant qu’il est chaud…

On l’a dit, la série est franchement malsaine, bien que magistralement interprétée et réalisée. Les familles des victimes de Jeffrey Dahmer ne sont pas franchement heureuses de cette série, qui ravive pour eux de douloureux souvenirs. Alors quand une multinationale fait son beurre avec cela, les critiques arrivent en nombre… Rita Isbell, la sœur d’Errol Lindsey, l’une des victimes, a publiquement regretté de ne pas avoir été consultée par Netflix : « On ne m’a jamais contactée au sujet de la série. J’ai l’impression que Netflix aurait dû nous demander si ça nous dérangeait ou ce que nous pensions de cela. On ne m’a rien demandé. Ils l’ont juste fait ». Son témoignage poignant lors du procès de Jeffrey Dahmer a notamment été recréé dans la série. Et que dire du hashtag #JeffreyDahmer qui atteint 1,3 milliard de vues sur TikTok, où les scènes macabres sont rejouées par les internautes…

Romain Goffinet

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