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Ni bus, ni métro à l’horizon à Charleroi: les chauffeurs sont de sortie pour mener des «actions citoyennes» et non une grève

Ne dites plus grève, mais action citoyenne. Peu importe finalement l’appellation, les effets sont identiques : ni bus, ni métro sur le réseau du TEC Charleroi jusqu’à mercredi inclus.

C’était dans l’air depuis ce week-end. Ce lundi matin, les « prévisions » ont été confirmées par les assemblées du personnel du TEC Charleroi  : les dépôts de Montignies-sur-Sambre, Jumet, Anderlues et Nalinnes ont débrayé. Et les bus et métros ne rouleront pas jusqu’à mercredi inclus.

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« Nous ne ciblons pas notre employeur, le TEC Charleroi », répètent les chauffeurs du TEC. Ce lundi, une soixantaine d’entre eux ont mené une action dans le centre de Charleroi, en bloquant des endroits stratégiques, comme les accès qui desservent le centre commercial Rive Gauche. « Nous sommes de petites étincelles, qui espèrent allumer des feux à gauche et à droite ». Comprenez ici que les manifestants escomptent que leur action fera… boule de neige. Qu’elle mobilisera la population dans toutes ses strates. « Nous vivons tous les mêmes difficultés. On paie tous les mêmes factures. On connaît tous des fins de mois difficiles. Ce combat n’est pas seulement le nôtre, il est celui de tout le monde. Nous appelons tous les services publics, mais aussi toute la population, à nous rejoindre pour faire pression sur le Gouvernement », insiste Michel, un des manifestants.

Greve manifestation TEC Charleroi

Pris en otage

C’est en tout cas le message que les chauffeurs de bus ont fait passer au fil de leur « promenade » dans les artères de Charleroi. Avec plus ou moins de succès. Certains automobilistes, piégés dans ces embouteillages organisés, rongeaient leur frein. « Nous effectuons des livraisons. Notre temps est compté », déclare l’un d’eux. Après une vingtaine de minutes, la camionnette frigorifique finira par être libérée. D’autres étaient plus accommodants, partageant avec les manifestants un sourire, un mot d’encouragement ou de solidarité… « Je les comprends… Avec ma petite retraite, je n’y arrive plus. On ne peut pas accepter ce qui se passe actuellement », déclare Mariette.

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Sur les réseaux sociaux, les commentaires sont plus caustiques, plus terre à terre aussi. « Ça devient ridicule ces grèves. Ça impacte les usagers qui sont dans la même situation que les chauffeurs… », déplore Clara. « Dépenser 36€ par jour depuis jeudi pour aller travailler… Je ne vois pas où est le bénéfice de vos actions. J’en suis à devoir choisir entre aller travailler ou pouvoir manger la fin du mois », poste Christa. « Vu que c’est pour le pouvoir d’achat, on intervient dans les remboursements des abonnements ?, interroge Jessica. Les grévistes n’ont toujours pas compris qu’ils n’embêtaient pas les bonnes personnes. »

Mardi, on repart pour un tour sans bus, ni métro. Les chauffeurs de bus, eux, seront de sortie, pour poursuivre leur action citoyenne.

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«On se bat pour survivre» déclare Christophe, chauffeur de bus au TEC Charleroi

Christophe, chauffeur au TEC Charleroi depuis 5 ans, est plus déterminé que jamais à faire bouger les choses. « Aujourd’hui, on se bat non plus pour vivre, mais pour survivre. Un chauffeur, qui débute chez nous, gagne en moyenne 1.750 € net/mois. Quand vous avez retiré 800 € pour le gaz et l’électricité, 300 € pour le carburant de votre voiture, il vous reste 600 € pour vous nourrir, payer la cantine des enfants, l’un ou l’autre crédit à la consommation. Sans oublier, au bout du compte, la double peine que constituent les impôts. Toutes les fins de mois, on est pris à la gorge. On vit un changement de catégorie sociale : la classe moyenne est en train de basculer dans la pauvreté. »

C’est pour mettre fin à cette spirale infernale que le Castellinois, père d’une adolescente de 17 ans, a décidé de passer à l’offensive en participant à cette action citoyenne. « Et pourtant, elle représente un vrai sacrifice financier. Depuis jeudi, nous ne touchons que l’indemnité syndicale prévue en cas d’action, soit 30 €/jour ».

Christophe en appelle aujourd’hui « à une prise de conscience du Gouvernement qui ne défend pas les intérêts de ceux qui l’ont élu, mais qui se soumet au diktat du FMI, de l’Europe… ».

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