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À 20 ans, les braqueurs évoquent ‘un mauvais passage’ et s’excusent

Ils sont six très jeunes ressortissants français prévenus devant la chambre à trois juges du tribunal du Hainaut, à Mons. Cinq d’entre eux sont détenus en Belgique depuis le jour de leur interpellation dans un squat de Feignies le 11 octobre 2021, dans la foulée de leur dernière agression, dans une boulangerie de Bavay. Un témoignage a porté ses fruits.

Deux d’entre eux sont cités dans chacun des 13 braquages extrêmement violents dont ils répondent, commis entre le 2 août et le 11 octobre 2021. En Belgique dans 12 cas : toujours près de la frontière. Six ont été commis à l’encontre de stations Esso, à Saint-Ghislain, Frameries (deux stations), Erquelinnes, (Solre-sur-Sambre), Dour, Jemappes. Et deux dans des pompes Total, à Honnelles.

Stress post-traumatique

Juste avant de se rendre à Bavay, quatre jeunes de la bande répondent d’avoir agressé une libraire à Frameries. Les braqueurs sont entrés à trois, ils ont mis un client en joue et ont mis leur arme sur la tempe de la commerçante, aussi molestée physiquement au point qu’elle a subi des ecchymoses. Un stress post-traumatique aussi. Indépendante, elle a retravaillé mais a du mal quand il fait noir et elle a peur à l’approche d’un client inhabituel. Elle soigne son angoisse par des médicaments.

À la Total de Honnelles le 22 septembre, trois braqueurs entrent. « C’est un braquage ! » Ils emmènent de force un client à la caisse, ils la vident, mais vont encore à l’arrière, où la maman du gérant téléphone à la police. Un des braqueurs veut lui mettre un coup de poing, mais c’est le gérant qui le reçoit en s’interposant. Ici aussi, le stress demeure. Me Aude Lievens décrit les modes opératoires similaires deux jours plus tard aussi à Honnelles, et le 13 septembre à l’Esso de Saint-Ghislain.

« Besoin d’adrénaline »

Moments choisis de l’audience   :

–   «   Vous rendez-vous compte que des personnes se sont trouvées face à une arme, parfois appliquée sur leur tempe   ?   »

–   «   Juste le 11 octobre, je n’avais pas d’arme avant. Je suis sincèrement désolé, c’est désagréable pour ces gens-là   ».

À un autre   : «   On vous a décrit comme ayant de l’ascendant sur les autres   »

–   «   Pas du tout   ! J’ai lu les dépositions. Je suis venu, j’ai volé. La Clio (volée à Amiens, ndlr), je l’ai achetée 500 euros à mon retour d’Espagne   ».

Le président connaît le dossier sur le bout des doigts. Il ne s’en laisse pas conter… notamment quand ce dernier nie des faits pour cause de voyages en Espagne, mais ne montre pas de billet d’avion ni d’hôtel. «   Vous avez une grosse empreinte carbone   !   », ironise-t-il.

Les prétextes ? Mauvais passage dans la vie, dettes et harcèlement pour rembourser… et même ‘le besoin d’adrénaline’. Notons enfin quelques vols cargo, dans le transport de marchandises (vols ‘frêt’, dit-on en France) à Quévy, qui sont niés. Le parquet a requis des peines de 4 à 10 ans, notamment envers deux jeunes en récidive. Jugement fin du mois.

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