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Johnny Obrecht percute mortellement Luc Hallin à Annevoie et risque sept ans pour homicide volontaire: «Il y a une déconnexion qui empêche le contrôle de ses actes»

Luc Hallin a été brutalement tué à Annevoie le 7 avril 2018. Johnny Obrecht l’a percuté deux fois avec sa camionnette et doit répondre d’homicide volontaire. Il risque sept ans de prison mais assure ne pas avoir voulu tuer.

Luc Hallin est percuté par une voiture, à deux reprises, devant sur la place d’Annevoie (Anhée), à deux pas du café chez « Mireille », le 7 avril 2018. Le Profondevillois de 52 ans décède. Au volant de la camionnette, Johhny Obrecht d’Anhée. Ivre avec plus de 4 grammes d’alcool dans le sang, Luc Hallin lui aurait couru après avec une tronçonneuse.

Ce jeudi, devant le tribunal correctionnel de Dinant, le parquet de Namur a maintenu ses réquisitions à l’encontre de Johnny O. L’homme, poursuivi pour homicide volontaire avec l’excuse de provocation, risque sept ans de prison.

Lors de la précédente audience du 10 mars, à la demande du tribunal, un psychiatre et une docteure en psychologie ont expliqué comment, via les expertises réalisées durant l’instruction six mois après les faits, ils sont arrivés à la conclusion que le prévenu se trouvait dans un « état de dissociation significatif » qui aurait « altéré » son processus de décision.

Parties civiles, ministère public et défense ont réagi aux explications fournies par les experts ce jeudi.

Conscient de ses actes ?

Les parties civiles et le parquet de Namur estiment que dans ce procès, l’article 71 du code pénal plaidé par la défense ne s’applique pas. Celui-ci prévoit qu’il n’y a pas d’infraction lorsque l’accusé ou le prévenu était atteint, au moment des faits, d’un trouble mental qui a aboli sa capacité de discernement ou de contrôle de ses actes. « Or, les experts parlent d’une altération et non d’une abolition », plaide Me Fery, avocate d’une des parties civiles.

Les parties civiles estiment par ailleurs que les experts ont fait preuve d’une trop grande empathie à l’égard du prévenu. « Le stress, dans n’importe quelle situation pénalement répréhensible, est présent. Dans les exemples qu’ils ont donnés au sujet du stress, les experts ont toujours pris le cas d’une victime. Or, ici, on parle d’un prévenu », a ajouté Me Barthelemy.

Pour la défense, Me Preumont a rebondi sur les propos tenus par les experts dans leurs rapports et lors de l’audience. Selon leurs propos, sans utiliser les termes « altération » ou « abolition », « en état de stress aigu, il y a un tel débordement de peur et de stress que le sujet ne pilote plus lui-même ses réactions. Il y a une déconnexion qui empêche le contrôle de ses actes. C’est une question d’interprétation des mots. La psychiatrie n’est pas une science exacte lorsqu’il s’agit d’apprécier l’état des gens d’une manière subjective », plaide Me Preumont.

Le jugement sera rendu le 12 janvier.

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