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Les Belges face à la crise: «Les produits gratuits ou 100% remboursés sont de plus en plus rares»

La crise du pouvoir d’achat pousse les Belges à chercher les bons plans pour remplir leur caddie à moindre coût. Un réel défi au quotidien, auquel contribuent des sites comme « facealacrise.be ». Entretien avec son créateur, Guillaume de Ryckel

Des concours avec des lots à gagner, des produits gratuits, en partie ou entièrement remboursés, des sondages et des enquêtes rémunérées : Guillaume de Ryckel recense depuis bientôt 10 ans les bons plans pour les consommateurs belges.

Lancé le 14 février 2013, en pleine crise économique, le site internet compte aujourd’hui 150.000 abonnés à sa newsletter envoyée chaque semaine avec les derniers bons plans et offres. Mais dix ans plus tard, il constate une nouvelle crise, plus sournoise, pour les consommateurs belges. « Lorsque j’ai lancé le site, les marques distribuaient parfois 10.000 ou 20.000 produits gratuits par campagne. Mais la différence avec 2013, c’est que dans la crise actuelle, les entreprises aussi souffrent et coupent notamment dans leur budget marketing. Et donc, aujourd’hui, les campagnes ont changé. On est plutôt sur 500 à 5.000 produits gratuits par campagne. Les produits 100 % gratuits d’ailleurs sont de plus en plus rares, les marques préférant des offres comme 50 % remboursés, ou le 2e à 70 % gratuit… »

Les formules de remboursement ont également changé. Si auparavant, le consommateur devait simplement imprimer son bon et le donner lors de son passage en caisse pour profiter du produit gratuit, il doit aujourd’hui introduire la photo de son ticket de caisse, ses coordonnées, les données du produit acheté via son smartphone afin d’être remboursé quelques semaines plus tard… « Le problème étant, quand on a un tout petit budget pour ses courses, qu’il faut donc avancer l’argent de ces articles avant d’être remboursé », note le créateur de facealacrise.be

« Mais si ces produits ou ces échantillons gratuits sont agréables, ce qui rapporte le plus, et ce qui suscite le plus d’intérêt de la part de nos abonnés, ce sont tous les à-côtés qui sont rémunérés. Les enquêtes en ligne rémunérées, les entretiens par visioconférence ou sur place, les tests de produits, les actions de mystery shopping pour tester des services… On peut vraiment gagner 30 ou 50 heures pour un peu de son temps, une à deux heures en général ».

Les agences marketing et les marques sont d’ailleurs très friandes de ce type d’opérations, pour pouvoir prendre le pouls auprès des consommateurs et comprendre comment ils achètent, ce qui rend tel ou tel produit plus attractif, etc. « Le seul problème, c’est que les profils recherchés sont parfois très stricts, les sociétés de recrutement étant très sélectives. Il y a donc peu d’heureux élus dans le panel de candidats ».

« Moins d’offres sur le marché belge »

Si beaucoup de Belges ont fait le choix ces dernières semaines de traverser la frontière pour faire leurs courses en France, c’est aussi parce que les offres promotionnelles y sont encore plus nombreuses et plus intéressantes. « Il y a parfois jusqu’à 50 offres en simultané, des produits gratuits, des remboursements partiels, et les enseignes appliquent aussi leurs propres réductions. C’est énorme. Mais c’est nous, il y a moins de concurrence, moins de marques, et le marketing coûte plus cher avec des étiquettes et packaging à créer en deux ou trois langues ».

Mais si on n’habite pas à la frontière, on fait quoi ? « Moi j’habite à Rixensart. Mon truc déjà, c’est de regarder le poids au kilo. Parce que même un produit de marque en promotion est souvent plus cher que le produit distributeur quand on se reporte au prix au kilo. Ensuite, j’achète chez Delhaize, Aldi et Carrefour des produits à -50 % dont la date de consommation est sur le point d’expirer. Il faut souvent passer en fin de journée, le samedi ou avant un jour férié. Je les consomme directement ou je les mets au congélateur. Le 31 octobre par exemple, j’ai acheté des produits à moitié prix chez Aldi qui étaient encore bons jusqu’au 3… »

Des petits gestes qui permettent d’économiser sur le budget courses à la fin du mois…

Bons de réduction: le Belge en raffole

Les bons de réduction à découper, le Belge adore. Il est l’un des principaux utilisateurs de ce type d’offres dans le monde. C’est ce qu’on appelle l’e-couponing, et les marques y ont recours pour faire découvrir ou redécouvrir leurs produits, ou encore pour booster leurs ventes à certaines périodes plus creuses.

Avec la baisse du pouvoir d’achat, les consommateurs belges sont à la recherche de ce type de bons, et les utilisent encore plus qu’avant. « Carrefour remarque une tendance à la hausse quant à l’utilisation de bons de réduction », souligne l’enseigne. Un constat que d’autres chaînes font également.

Il s’agit tant de réductions financières directement appliquées sur l’achat de certains articles, mais aussi de « points » supplémentaires, accumulés pour certains achats via les programmes de fidélité de certaines grandes chaînes de supermarché. « Or, ce type d’actions internes aux enseignes, comme le faisait Delhaize ou Carrefour par le passé, se fait de plus en plus rare », regrette un observateur. « Il y a quelques mois, les clients recevaient des courriers personnalisés avec des bons à découper afin de cumuler des points et donc, des réductions. Ce n’est plus ou le cas, ou moins souvent, aujourd’hui ».

Heureusement, des sites recensent ces bons de réduction à imprimer notamment. Mais attention car en général, on trouve beaucoup de site de ce type en France, et les bons émis ne seront pas valables chez nous…

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