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La loi s’assouplit pour les mariages: se marier civilement sur une plage, dans une caserne de pompiers ou dans un parc, plutôt qu’à l’hôtel de ville, c’est désormais possible

La loi va permettre aux communes de célébrer le mariage civil dans tout lieu public, pour autant qu’il soit neutre et situé sur le territoire communal. Les hôtels de ville vont avoir de la concurrence. À Tournai, le bourgmestre a déjà des idées...

En principe, le mariage civil est célébré par l’officier de l’état civil (souvent le bourgmestre) dans la maison communale ou l’hôtel de ville. Le code civil permet d’autres lieux, pour autant qu’ils soient exclusivement utilisés par la commune. Tout cela va changer. La règle du lieu de mariage va être assouplie. Les députés en ont décidé ainsi mercredi en commission Justice de la Chambre, à la quasi-unanimité. Le vote en plénière ne réservera pas de surprise.

Pas au resto ni dans des jardins privés

Désormais, le mariage civil pourra se tenir dans « un lieu public à caractère neutre » (pas spécialement réservé à la commune exclusivement) mais toujours sur le territoire communal quand même. « Il doit s’agir d’un lieu public, il n’est donc pas possible de célébrer le mariage civil dans des lieux privés, comme un restaurant, une salle de concert ou un jardin privé », précise le législateur.

Au stade de foot de Waremme

À Waremme, le bourgmestre Jacques Chabot (PS) reste prudent. « Je crois que la population a beaucoup de respect pour notre hôtel de ville, je ne pousserai donc pas pour que l’on célèbre les mariages ailleurs », dit-il. Et si un couple demande la célébration… au stade communal de foot ? « Si c’est légal et s’il le demande de manière pressante, je ne refuserai pas, mais on n’en a pas encore parlé au conseil communal… ».

Au kiosque du parc Brassens à Tournai

À Tournai, le bourgmestre Paul-Olivier Delannois (PS) se montre nettement plus emballé.

Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai, est très enthousiaste.
Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai, est très enthousiaste. - B. Libert

« Notre hôtel de ville est magnifique, mais franchement, si cela permet de mettre notre patrimoine en valeur, je trouve que c’est une très bonne chose. J’ai déjà d’ailleurs une petite idée d’un bel endroit où l’on pourrait célébrer des mariages civils : au kiosque du parc Georges Brassens ! Il s’agit d’un parc communal très calme ». Le bourgmestre pense aussi à d’autres lieux comme le parc devant le moulin de Froyennes ou encore le moulin de Thimougies.

Les frais facturés aux futurs époux

Mais le bourgmestre de Tournai pose deux conditions. « Il faut que ce soit techniquement réalisable », dit-il. « Il arrive que sur un seul samedi, on enchaîne 10 mariages. Si je dois courir de Vezon à Templeuve (20 km), ça me semble compliqué. Et je dois aussi prévenir que les frais supplémentaires que cela engendrera incomberont aux futurs époux. Je pense à l’électricien qui devra se déplacer pour installer la sono pour la musique, et au déplacement de l’officier de l’état civil et de l’agent communal. Je ne peux pas faire payer ce supplément à la collectivité. Moyennant ces deux conditions, je ne suis fermé à aucune proposition ». Unira-t-il un jour un couple sur le pont aux Trous (après le chantier) ? « Si le SPW, propriétaire, m’y autorise, pourquoi pas ? », s’enthousiasme-t-il.

A Jurbise, la bourgmestre le faisait déjà...

À Jurbise, la députée-bourgmestre Jacqueline Galant (MR) ne voit pas trop à quoi sert ce changement législatif. « Célébrer des mariages civils hors de l’hôtel de ville, je l’ai déjà fait trois fois, dont deux fois dans des lieux privés », confesse-t-elle. « Je l’ai toujours fait après avoir demandé (et obtenu) l’autorisation du procureur du Roi, pour la sortie des registres. J’avais célébré l’un de ces mariages dans un pré, chez un producteur maraîcher, dans une guinguette, c’était très sympa. Et une autre fois, dans un jardin privé ». Elle affirme qu’elle continuera à fonctionner de la sorte, avec la « bénédiction » du procureur.

Sur la plage de Middelkerke

Jean-Marie Dedecker, bourgmestre de Middelkerke, se réjouit de cet assouplissement. « Jusqu’ici, je devais refuser les mariages sur la page. Désormais, je pourrai les accepter ! Et si on me demande un mariage à la caserne des pompiers ou à la piscine, pourquoi pas ? »

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