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William Devriendt, l’homme qui fait parler les vieux os

C’était sa vocation. William Devriendt est anthropologue. Depuis deux ans, il travaille pour la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay. Un quadra passionné qui raffole parler de son métier.

Personne ne l’appelle « Bones ». Il ne porte pas de chapeau, n’a pas de lasso à la ceinture ni de méchants à ses trousses comme Indiana Jones. William Devriendt, vous l’avez sûrement déjà croisé. La dernière fois, c’était à Béthune pendant les Journées du patrimoine : avec son collègue archéologue Christopher Manceau, il présentait les résultats de la fouille de la rue du Tir, qui a mis au jour treize squelettes.

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L’homme prenait un plaisir visible à faire parler quelques vieux os dans une vitrine et ça nous a donné envie de lui rendre visite dans son antre. C’était un jour d’octobre. L’adresse est tenue secrète. Non que ce qu’on y trouve ait une forte valeur marchande « mais ça reste des antiquités » susceptibles d’éveiller des convoitises.

Chaque «matériel» trouvé fait l’objet d’une identification précise.
Chaque «matériel» trouvé fait l’objet d’une identification précise. - VDN

William, anthropologue, travaille depuis deux ans pour le service archéologie de la communauté d’agglomération Béthune-Bruay Artois Lys romane (CABBALR). « La plupart des archéologues travaillent sur les traces que l’homme a laissées. Moi je suis en contact direct avec les gens dans leur environnement. Je suis celui qui fait parler les morts ! Souvent des anonymes, des oubliés, je dois les refaire parler, les remettre en circulation dans la mémoire collective. Je suis un raconteur d’histoires et la raison d’être c’est de pouvoir les partager avec le public. »

Mesure de la hauteur du bassin.
Mesure de la hauteur du bassin. - VDN

Anthropologie : le mot vient du grec et signifie « étude de l’humain ». Une discipline à la croisée de plusieurs sciences.

Stan, squelette

À quoi ressemble l’antre d’un anthropologue ? À un entrepôt plein d’étagères couvertes de boîtes de rangement étiquetées. Il y fait frisquet ce matin-là mais le contenu des caisses ne craint ni le froid ni le chaud : surtout « des objets en terre cuite, tessons de poteries, fragments de tuiles ou de briques, rognons de silex..., matériaux les moins sensibles pouvant être stockés en atmosphère non contrôlée ». En revanche, une pièce, plus petite, « est à 19 ou 20° C. » Une température et hygrométrie mieux contrôlées pour du « mobilier » plus fragile, comme cette urne funéraire exhumée à Nœux.

Dans son bureau, il a un compagnon de travail, Stan. C’est un squelette en plastique. Pas bavard mais utile : « Il nous aide pour reconstituer les corps. » Comme un médecin, William guette le casse-tête qui allumera l’étincelle dans ses yeux parce que... « les anthropologues sont un peu sadiques... » Ils aiment les énigmes. Pourquoi ce corps coupé en deux, pourquoi cette trépanation...

Et quand il part en vacances, rien ne change : « J’ai toujours le nez à terre ! » Son graal ? « Entrer dans une tombe qui n’a pas bougé depuis sa fermeture ! » Quelque chose de Carter et de Toutankhamon.

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