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Elodie Frégé sur l’après «Star Academy»: «C’est violent, je souhaite aux finalistes beaucoup de force et de courage!»

La chanteuse, à retrouver dans la série « L’homme de nos vies » dès jeudi 8 décembre sur la Une (RTBF), se confie sur l’après-« Star Academy », dont elle est sortie victorieuse en 2003.

Que pensez-vous du retour de la Star Ac ?

Alors, je dois avouer – mais pas avec honte, parce que c'est parce que je travaillais – que je n'ai pas regardé l'émission. Comme j'étais invitée, j’ai quand même jeté un petit œil de temps en temps sur Instagram, où j'ai pu apercevoir quelques bribes de performances. Mais je ne voulais pas me faire une idée à l'avance. J'ai rencontré Enola, avec qui j'ai chanté sur « Fever », et je me suis dit qu’elle pourrait être ma fille! Elle est très jeune, et moi je vais avoir 41 ans. Ça m'a fait bizarre, et en même temps, ça m'a fait tellement plaisir de l'épauler. On a partagé un duo d'artiste, en fait. J'ai du mal à les considérer comme des élèves. Je trouve que ça ne marche plus trop à notre époque, parce qu'ils savent très bien ce qui les attend. Ils connaissent le programme, ils ont décidé d'être là, personne ne leur a forcé la main. On a affaire à des gens qui savent déjà monter sur scène, chanter et se projeter. Qu'une telle opportunité se présente encore à des personnes de 20 ans moins que moi, je trouve ça beau.

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Vous qui avez gagné cette émission, un petit conseil pour le ou la gagnant(e) ?

Je ne sais pas trop quel conseil je pourrais donner, parce qu'ils ont beaucoup plus d'outils dans les mains que nous à l'époque. Peut-être se protéger de l'après-immédiat, parce qu'il est assez violent. Mais je pense qu'ils sont déjà au courant.

Qu’entendez-vous par « l’après-immédiat » ?

Tous ces fans, les lettres qu'on reçoit, c'est beaucoup d'un seul coup. C'est pas qu’on n’aime pas être aimé, c'est juste beaucoup d'un seul coup. Paradoxalement, ça peut créer des vagues de silence et de solitude. La solitude qu'on peut ressentir après, même très entouré, même avec tous ces gens qui sont là pour nous soutenir et nous aimer, c'est quelque chose qu'il faut savoir gérer. Je leur souhaite beaucoup de chance et de bonheur après, mais aussi beaucoup de force et de courage, parce que franchement… c'est quelque chose de très particulier.

Dans la série « L’homme de nos vies », qui arrive jeudi 8 décembre sur la Une (RTBF), vous jouez une chanteuse victime d’un séducteur-escroc. Vous qui connaissez bien le milieu d'Iris, votre personnage… un artiste est-il une proie plus facile pour ce type de malfaiteur ?

Pour moi, la Star Academy, ça été une bousculade monstre. Je n’en avais pas conscience, quand j'avais 21 ans à l'époque. Moi, j’ai choisi de faire ce métier pour être comprise, pour être aimée, pour partager des choses avec un maximum de gens. Il fallait que je passe par la musique, pourtant j'étais très pudique. Je suis toujours empreinte d'une grande pudeur et pourtant, je suis l'inverse total parfois sur scène. Je me suis jetée dans la fosse aux lions, et j'en suis ressortie, à ma grande surprise couronnée, et au début de cette période-là… je n'ai pas du tout mis de filtre. Déjà parce que je ne savais pas dire non, je ne savais pas me méfier, je prenais tout. Toutes les connexions qui se faisaient, je les acceptais, parce que vous n’imaginez pas à quel point on peut se sentir seule. Tout le monde pense : c’est bon, elle a gagné cette émission, c'est une star… Du coup, les vrais amis s'éloignent en se disant « elle s'en fiche de notre présence dans sa vie », et puis y a des éléments qui arrivent, qui prennent la forme d'amitiés extrêmes et absolues toute de suite. Et alors ça, il faut s'en méfier. Parce qu'on peut y perdre quelques plumes, et aussi se faire plumer ! Moi j'ai le syndrome de l'imposteur puissance mille, alors à l'époque, je payais tout à tout le monde, j’organisais de grands diners, j’offrais des cadeaux… je réfléchissais même pas ! L’argent me brûlait les doigts, et quelques personnes étaient très intéressées autour de moi. La vie m'en a débarrassé, parce qu'heureusement j'ai une bonne intuition. Mais il faut vraiment se méfier des charognards qui éloignent parfois les vrais amis. Faut avoir les pieds bien accrochés…

Quels sont vos projets ?

Je viens de sortir un duo avec Epsilon. C'est une chanson en anglais qui s'appelle « Wathever », c'est très folk, très joli. On est en pleine promo de ce titre et on espère que même s'il est écrit en anglais, il aura son succès en France et en Belgique, surtout qu'on a enregistré ce morceau à Bruxelles ! On a un lien avec votre pays qui est assez fort, pour le coup. Et puis, de mon côté, je vais me remettre à l'écriture et au studio pour sortir un titre avant l'été, puis un nouvel album en 2023. J'ai pas encore de date, mais ce qui est sûr, c’est que je ne peux pas attendre plus longtemps. Ça fera dix ans que j'ai pas sorti de disque ! Il est temps. J'ai fait plein de choses, du théâtre, de la télé, des tournées avec Nouvelle Vague dans le monde entier, des concerts avec André Manoukian – d'ailleurs, on a encore plein de dates en 2023. A un moment, il faut que je puisse aussi partager mes chansons, mon univers. Mes projets les plus importants sont donc liés à mon prochain album.

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