Emilie Ros, visage féminin du Mondial sur la RTBF: «On est plein de meufs compétentes»

emilie--
RTBF/Clajot

Comment êtes-vous arrivée sur la RTBF ?

Je ne suis pas journaliste, ni une ancienne joueuse de foot. Je suis issue de la communication et j’ai d’ailleurs mon agence de com. Ce sont les réseaux sociaux qui m’ont permis d’être repérée par les médias. Je suis une passionnée de ballon rond et je livetweetais tous les matchs de foot que je regardais. La radio France Bleue Paris m’a alors mis le pied à l’étrier, ensuite j’ai travaillé sur la chaîne L’Equipe avec Estelle Denis, et depuis une saison, j’ai rejoint la RTBF pour intervenir en visio dans « La tribune », afin d’évoquer les joueurs belges qui évoluent dans le championnat français. Rejoindre l’équipe des sports de la RTBF pour couvrir le Mondial, c’est une opportunité folle.

Vous avez aussi créé le hashtag #MeufDeFoot pour identifier les femmes qui aiment ce sport sur les réseaux sociaux…

Oui. J’ai vu que d’autres femmes étaient passionnées de foot. Même si elles n’étaient pas supportrices des mêmes équipes, il y avait une vraie sororité entre nous. Depuis, ce hashtag est devenu une marque afin qu’il ne soit pas utilisé à mauvais escient. J’ai ainsi désormais sous ce label une collection de textiles dont l’intégralité des recettes est reversée au football amateur féminin.

La RTBF a fait appel à plusieurs femmes pour ce Mondial. C’est important de féminiser l’antenne pour les soirées foot ?

Je trouve ça important pour donner des modèles. À une époque, on m’avait expliqué que c’était impossible que j’accède à ce milieu. Et j’ai voulu montrer que lorsqu’on est une femme passionnée de foot, on peut intégrer cet univers et en parler, que ce n’est pas une discipline exclusivement genrée. Si vous avez la passion, vous pouvez en parler. Il y a pas mal de filles à l’antenne pour ce Mondial et ce qui est important, c’est qu’on est là pour nos compétences. Et ça tombe bien, on est plein de meufs compétentes.

On a l’impression que dans les stades, il y a toujours nettement plus d’hommes que de femmes…

Je trouve que ça a quand même évolué. Je vois de plus en plus de femmes, de familles. Après, est-ce qu’avoir une femme qui parle de foot à la télé va attirer plus de femmes et convertir davantage de filles à cette passion ? Je n’en sais rien. Mais si ça peut y contribuer, tant mieux. Moi, j’aime rassembler : tant les hommes que les femmes, les jeunes, les vieux…

Si on se retrouve avec un nouveau Belgique/France, vous soutiendrez qui ?

J’aurai le cœur bleu, c’est obligatoire. Je ne peux pas me renier. Mais je saurai rester professionnelle et suivre les Diables avec des yeux bienveillants.

Ce serait bien que les Belges battent la France, qu’on en finisse avec cette querelle, non ?

(Rires.) C’est vrai que ça a pris des proportions folles. Mais je pense que pour cette Coupe du monde, si nos deux pays arrivent en demi-finale, on sera très fiers de se rencontrer.

« Coupe du monde 2022, le briefing », 29 novembre, 19h30, Tipik.

Notre sélection vidéo