En ce momentCorruption au Parlement européenMercato Accueil Régions Bruxelles Actualité de la région de Bruxelles

Le procès des attentats de Bruxelles a démarré: Ismael Farisi quitte le procès, Kevin Borlée dispensé d’être juré

Ce mercredi s’ouvre le procès en appel des attentats de Bruxelles. Les neuf accusés sont tous présents pour l’ouverture du procès, et le jury populaire doit désormais être composé. Suivez cette journée en direct.
Direct

Ismael Farisi libre de quitter la salle

Ismael Farisi, l’un des accusés qui comparaît libre à ce procès, a demandé de pouvoir quitter la salle d’audience. Il ne se sent pas bien. « Il fait un petit malaise », insiste son avocat Me Sébastien Courtoy. La présidente accepte qu’il quitte la salle. Son avocat le représentera.

Kevin Borlée dispensé

Les 700 personnes convoquées pour participer au tirage au sort des 36 jurés (12 effectifs et 24 suppléants), qui composeront le jury du procès des attentats, ont commencé à défiler devant la cour. Chacun passe à tour de rôle et doit parfois faire état d’éléments très privés de leur vie, devant le public, pour obtenir une dispense. Quasi tous ont demandé à être dispensés. Peu ont obtenu cette faveur jusqu’ici.

L’athlète belge Kevin Borlée a été convoqué comme juré au procès des attentats de Bruxelles. Il s’est présenté devant la cour avec le numéro 159. Sans avoir eu le temps de s’exprimer, il a été dispensé par la présidente Laurence Massart. On ne l’a même pas entendu « défendre sa cause » au micro. Il a fait demi tour, sans broncher.

Notre athlète, plusieurs fois médaillé aux championnats du monde et d’Europe, s’est présenté devant la présidente de la cour d’assises qui, entendant son nom, a directement déclaré qu’il était dispensé. Kevin Borlée, qui affichait le numéro 159 sur son pull, n’a donc même pas eu besoin de prendre le micro pour se justifier. Il a regagné la salle numéro 2, en attendant d’être libéré définitivement. Nous avons pu lui parler.

de videos

Kevin Borlée nous explique : « En fait, j’avais déjà obtenu ma dispense lors de la première convocation (avant le démontage des boxes, NDLR). Je n’ai pas réitéré ma demande à temps (à 2 jours près) pour cette nouvelle convocation pour ce mercredi. Je suis donc venu. Mais la présidente a bien compris que mes arguments étaient toujours les mêmes ».

Et quels sont ses arguments ? « Si je dois participer à ce procès, qui va durer plusieurs mois, je ne pourrai plus m’entraîner en vue des championnats du monde l’an prochain (au 400 m et au 4X400 m), à Budapest. Je ne pourrai plus performer, je ne pourrai plus représenter la Belgique… Et vu mon âge (j’ai 34 ans), c’est un rendez-vous que je ne peux pas manquer ».

Une présidente difficile à amadouer

Pourtant, la présidente Massart ne se laisse pas amadouer par les motifs invoqués par les citoyens, qui tentent par tous les moyens de ne pas être retenus pour participer au jury des attentats de Bruxelles.Arriver devant la cour en disant « je suis malade », mais sans présenter de certificat, ça ne marche pas ! Dire qu’on est indispensable à son travail, ça ne marche pas non plus !

En revanche, ceux qui ont déménagé et n’habitent plus l’arrondissement judiciaire de Bruxelles, obtiennent d’office la dispense. Plus étonnant, un homme qui a réservé un voyage pour la première semaine de janvier, a obtenu sa dispense. Il a quand même dû montrer sa réservation à la présidente, en lui tendant son smartphone. Cette dispense a soulevé quelques chuchotements dans le public (composé quasi uniquement des autres citoyens convoqués et jurés déjà retenus). « Si j’avais su, j’aurais aussi réservé un voyage ! », râle en silence une jurée dont la dispense a été refusée.

Une séquence émouvante

Gros moment d’émotion lorsque Luana (prénom d’emprunt) tombe en pleurs. « Un très bon ami à moi a été victime dans les attentats. Et puis, la semaine dernière, j’ai perdu mon papa, dans des circonstances violentes. Il a choisi de se donner la mort. Je ne suis pas en état ».

La présidente Massart : « Je vous dispense, Madame. Et courage à vous ».

Luana retourne s’asseoir dans le fond de la salle où une assistante de l’aide aux victimes propose son soutien.

Les accusés tous présents

Les 9 accusés du procès des attentats de Bruxelles sont tous présents pour l’ouverture du procès. Mohamed Abrini est assis tout au bout du box (près de l’estrade de la cour). Sur sa gauche se tient Osama Krayem puis Salah Abdeslam et les 4 autres détenus du procès. Les frères Farisi sont assis devant le box, ils comparaissent libres.

Dans le box aux vitres blindées, se trouvent les accusés mais aussi, assises derrière eux, les policiers du DAP (protection rapprochée) et au dernier rang, les interprètes. Les accusés, chacun à tour de rôle, ont dû se présenter : nom, âge, profession…

Mohamed Abrini (l’homme au chapeau de l’aéroport) s’est levé en premier et après un cordial « Bonjour Madame la présidente » a décliné son identité. Osama Krayem, en revanche, s’est montré moins collaborant.

L’accompagnateur du kamikaze de Maelbeek a refusé de se lever et de répondre aux questions.

La présidente : « Votre nom ? »

Krayem : « Je ne veux pas répondre ».

La présidente : Votre âge »,

Krayem : « Je ne veux pas répondre »

Les autres accusés, y compris Salah Abdeslam, ont répondu docilement.

Pas d’enregistrements autorisés

La présidente de la cour d’assises de Bruxelles, Laurence Massart, a ouvert le procès des attentats de Bruxelles ce mercredi à 9 heures 45. Après la désignations des interprètes, elle a fait le point sur les prises de vue.

Elle a décidé de ne pas autoriser l’enregistrement du procès, même à des fins historiques. « Je ne dénie pas le caractère peut-être historique de ce procès, mais pour la sérénité des débats et aussi pour que chacun puisse s’exprimer et aussi pour la sécurité des professionnels, il n’y aura pas d’enregistrement ».

Composition du jury

L’audience de composition du jury d’assises pour le procès des attentats de Bruxelles a débuté mercredi sur le coup de 9h45 au Justitia. Sur les 1.000 citoyens convoqués pour en faire partie, environ 300 d’entre eux avaient déjà obtenu une dispense au préalable.

Laurence Massart a ensuite procédé à l’identification des parties civile avant de s’adresser aux candidats-jurés présents dans les salles relais.

« Ce n’est pas un choix d’être un juré, c’est une obligation en tant que citoyen », a-t-elle rappelé aux centaines de candidats-jurés non-dispensés à l’entame de l’audience. « La session va être longue, on la voit sur plusieurs mois, mais vous rentrerez chez vous le soir (…) ce sont des journées de travail normales. »

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo A ne pas rater

Aussi en Bruxelles Actu

Voir plus d'articles