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Une simple réflexion déplacée à l’origine de la mort de Gaetano Sedici

Les enquêteurs ont entamé mercredi devant la Cour d’assises de Liège l’exposé de leurs devoirs au procès relatif à la mort de Gaetano Sedici, à Prés-Javais à Verviers. Une réflexion déplacée à l’égard d’une jeune fille est à l’origine des émeutes.

Les faits s’étaient déroulés le 11 mai 2018 à Verviers. Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir dans une bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

Les enquêteurs ont débuté leur exposé par la présentation du quartier de Prés-Javais à Verviers. Ce quartier est décrit comme défavorisé et ayant souffert de son image. Il fait l’objet d’un plan de réhabilitation. Par ailleurs, il a été impacté en 2021 (après les faits NDLR) par les inondations survenues en province de Liège.

Le quartier du Pré-Javais est riche de sa multiculturalité. Les gens qui y habitent ou le fréquentent sont d’origines diverses. Beaucoup de personnes y vivent depuis longtemps. Les habitants se connaissent et évoluent facilement dans l’espace public. Ils se côtoient et se connaissent. Certaines personnes n’y habitent pas, mais y reviennent volontiers.

Un quartier « chaud »

Ce quartier est vivant et animé. « Parfois considéré comme chaud, un terme qui correspond bien pour qualifier ce quartier. L’endroit est parfois animé et les réactions peuvent y être vives », a indiqué un enquêteur.

Le dossier d’enquête a été réalisé sur de nombreuses auditions. Certains témoignages ont été spontanés, mais d’autres ont posé des soucis. Des témoins n’ont pas souhaité participer à l’enquête et certains ont été contraints de témoigner. Des individus clairement identifiés sur les lieux ont nié leur présence.

Plusieurs personnes ont été embarrassées à fournir leur témoignage et ont minimisé les faits. D’autres encore ont menti, parfois de manière effrontée, pensant qu’ils apporteraient une solution à l’enquête. L’enquête a encore été rendue plus complexe en raison de l’hostilité de certaines personnes envers la police.

L’enregistrement d’une partie des faits par une caméra publique et par l’enregistrement proposé par une riveraine a permis d’éclairer les enquêteurs.

L’élément déclencheur de l’ensemble des événements qui se sont produits le 11 mai 2018 dans le quartier du Pré-Javais trouve son origine dans les mots prononcés par un individu du clan Fofana à l’égard d’une jeune fille de 17 ans, membre de la famille des frères Mohamed et Imad M. Cette jeune fille revenait de l’école et passait sur un trottoir de la rue Marie-Henriette lorsque Moussa Fofana s’est adressé à elle. Le contact a été uniquement oral, mais les propos ont été jugés déplacés par la jeune fille, qui s’est ensuite confiée aux membres de sa famille.

Ces propos jugés déplacés ont entraîné la réaction de la famille de Mohamed et Imad M. Les deux accusés se sont rendus devant le numéro 13 de la rue Marie-Henriette, où la tension est montée progressivement pendant plus de deux heures. C’est peu après 19 heures que la scène a dégénéré en émeute et que l’auteur des propos déplacés a été sorti de force de l’immeuble avant d’être tabassé.

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