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Durant 2h la tension n’a fait que monter entre les clans opposés avant la mort de Gaetano Sedici à Verviers

Les enquêteurs ont présenté mercredi devant la cour d’assises de Liège les différentes étapes qui ont conduit aux faits qui ont entraîné la mort de Gaetano Sedici le 11 mai 2018 dans le quartier Pré-Javais à Verviers.

Après une réflexion déplacée, les tensions n’avaient cessé de monter dans ce quartier et deux clans s’étaient finalement opposés.

Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir dans la bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

Lamine Fofana (25 ans) est accusé de l’assassinat de Gaetano Sedici et de deux tentatives d’assassinats commises sur Ilyas Addarsi et Sohayb Chouaa. Les frères Mohamed et Imad M. comparaissent aussi comme accusés après avoir commis des faits moins graves le même jour.

Gaetano Sedici.
Gaetano Sedici. - D.R.

La réaction disproportionnée des frères Mohamed et Imad M. serait à l’origine des événements dramatiques qui se sont produits le jour des faits. Leur sœur, une jeune fille âgée de 17 ans, avait été interpelée par Moussa Fofana alors qu’elle passait devant la maison du numéro 13 de la rue Marie-Henriette. Il n’y avait pas eu de contact physique mais uniquement un contact verbal, assimilé à de la drague grossière et déplacée.

La jeune fille avait ensuite déclaré aux membres de sa famille que l’homme lui avait fait peur, tant par son attitude que par les mots utilisés. Moussa Fofana était sorti de son immeuble et avait maintenu cette attitude intrusive à l’égard de la jeune fille. Elle avait pris peur et s’était sentie humiliée. Elle avait ensuite ajouté qu’elle était persuadée d’avoir évité quelque chose de plus grave ce jour-là, tout en confirmant une absence de contact physique.

Les frères Mohamed et Imad M. ont réinterprété la scène, évoquant d’abord un contact, puis un geste déplacé et enfin un attouchement jugé particulièrement grave. Cela a entraîné leur envie d’en découdre et de se rendre devant le numéro 13. Mohamed M. a persisté dans son désir d’obtenir des explications durant plus de deux heures. Des témoins affirment qu’il est arrivé avec un couteau en main.

Un attroupement, favorable à la cause de la famille de Mohamed et Imad M., s’est formé devant le numéro 13 et a finalement rassemblé une trentaine d’individus. La tension est montée crescendo jusque 18h59. L’agitation s’est concrétisée vers 19h05 lorsque la porte de l’immeuble a été défoncée. Moussa Fofana a été contraint de sortir de l’immeuble et a été roué de coups.

Gaetano Sedici est aussi sorti de chez lui à cet instant et a tenté d’intervenir dans la bagarre. Vers 19h08, Lamine Fofana a voulu intervenir à son tour pour venir en aide à Moussa Fofana. Il s’est muni de couteaux. Les choses se sont enchainées avec rapidité car, en l’espace de 45 secondes, comme le montrent les images des caméras de surveillance, trois personnes ont reçu des coups de couteau. Gaetano Sedici s’est effondré devant son domicile à 19h09.

L’intervention policière a été particulièrement délicate dans ce quartier enflammé.

Les auditions des enquêteurs et des experts se poursuivront jeudi.

Une simple réflexion déplacée à l’origine de la mort de Gaetano Sedici

Les enquêteurs ont entamé mercredi devant la Cour d’assises de Liège l’exposé de leurs devoirs au procès relatif à la mort de Gaetano Sedici, à Prés-Javais à Verviers. Une réflexion déplacée à l’égard d’une jeune fille est à l’origine des émeutes.

Les faits s’étaient déroulés le 11 mai 2018 à Verviers. Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir dans une bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

Les enquêteurs ont débuté leur exposé par la présentation du quartier de Prés-Javais à Verviers. Ce quartier est décrit comme défavorisé et ayant souffert de son image. Il fait l’objet d’un plan de réhabilitation. Par ailleurs, il a été impacté en 2021 (après les faits NDLR) par les inondations survenues en province de Liège.

Le quartier du Pré-Javais est riche de sa multiculturalité. Les gens qui y habitent ou le fréquentent sont d’origines diverses. Beaucoup de personnes y vivent depuis longtemps. Les habitants se connaissent et évoluent facilement dans l’espace public. Ils se côtoient et se connaissent. Certaines personnes n’y habitent pas, mais y reviennent volontiers.

Un quartier « chaud »

Ce quartier est vivant et animé. « Parfois considéré comme chaud, un terme qui correspond bien pour qualifier ce quartier. L’endroit est parfois animé et les réactions peuvent y être vives », a indiqué un enquêteur.

Le dossier d’enquête a été réalisé sur de nombreuses auditions. Certains témoignages ont été spontanés, mais d’autres ont posé des soucis. Des témoins n’ont pas souhaité participer à l’enquête et certains ont été contraints de témoigner. Des individus clairement identifiés sur les lieux ont nié leur présence.

Plusieurs personnes ont été embarrassées à fournir leur témoignage et ont minimisé les faits. D’autres encore ont menti, parfois de manière effrontée, pensant qu’ils apporteraient une solution à l’enquête. L’enquête a encore été rendue plus complexe en raison de l’hostilité de certaines personnes envers la police.

L’enregistrement d’une partie des faits par une caméra publique et par l’enregistrement proposé par une riveraine a permis d’éclairer les enquêteurs.

L’élément déclencheur de l’ensemble des événements qui se sont produits le 11 mai 2018 dans le quartier du Pré-Javais trouve son origine dans les mots prononcés par un individu du clan Fofana à l’égard d’une jeune fille de 17 ans, membre de la famille des frères Mohamed et Imad M. Cette jeune fille revenait de l’école et passait sur un trottoir de la rue Marie-Henriette lorsque Moussa Fofana s’est adressé à elle. Le contact a été uniquement oral, mais les propos ont été jugés déplacés par la jeune fille, qui s’est ensuite confiée aux membres de sa famille.

Ces propos jugés déplacés ont entraîné la réaction de la famille de Mohamed et Imad M. Les deux accusés se sont rendus devant le numéro 13 de la rue Marie-Henriette, où la tension est montée progressivement pendant plus de deux heures. C’est peu après 19 heures que la scène a dégénéré en émeute et que l’auteur des propos déplacés a été sorti de force de l’immeuble avant d’être tabassé.

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