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Disparition de Johnny Hallyday, 5 ans déjà: Laeticia Hallyday se livre sur sa nouvelle vie amoureuse, «j’ai la chance d’avoir rencontré quelqu’un qui accepte parfois de vivre à trois dans ce couple»

C’était il y a 5 ans, un 5 décembre, Johnny Hallyday rendait son dernier souffle. À quelques jours de l’inauguration de l’immense exposition qui lui est consacrée à Bruxelles, sa veuve, Laeticia Hallyday se livre comme jamais.
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Laeticia, vous n’avez jamais appelé Johnny par son prénom. Pourquoi ?

Non. Il a fallu qu’il parte, qu’il s’en aille pour que j’arrive à l’appeler « Johnny ». Et même après son départ, il m’a fallu des années. Quand il est parti, pendant deux ans, je l’ai appelé « Mon homme », « Mon mari ». De son vivant, je l’ai appelé « Mamour », pendant plus de 20 ans et il détestait. Il ne supportait pas ! Puis, au cours des dernières années, je me suis calmée et je l’appelais « Mon homme » et là il était content. Mais « Johnny », ça ne m’appartenait pas. Johnny, c’est comme la tour Eiffel, c’est le roi de France, il ne m’appartient pas, il appartient à son public, à son destin.

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Quand vous êtes-vous rendu compte qu’il était heureux avec vous ?

C’est épidermique en fait, c’est un truc assez fort, comme si peut-être on s’était connus dans une autre vie. Ça bouscule votre existence et du coup, ça remet votre essentiel à sa place. Vous avez aussi un autre regard sur vous, sur la vie. Et on se dit qu’on peut arriver à se sauver, finalement. Et apprendre à s’aimer, à ne plus se faire du mal et à accepter aussi d’être vivant. Notre rencontre a été si forte parce qu’on était deux êtres qui ont peur, qui fuient le bonheur et qui font tout pour mourir. Mais je pense que j’avais un caractère pour comprendre les démons de Johnny. On peut comprendre les démons de quelqu’un ou la fragilité de quelqu’un quand on l’a vécu, sans juger. En sauvant mon mari de ses démons, je me suis sauvée moi-même. C’est une forme de thérapie et aussi de thérapie des addictions. Lui, il avait ses addictions. Moi, j’en avais d’autres. Je n’ai jamais jugé ses addictions, j’ai juste essayé de les comprendre.

On regardant le documentaire inédit « Johnny par Laeticia » (qui sera diffusé le 12 décembre sur RTL-TVI), on se dit que le Johnny que vous avez connu pendant 24 ans n’était pas forcément le Johnny que le public connaît. On le découvre à travers des images personnelles, que vous avez filmées pendant toutes ces années.

On essaie avec beaucoup de pudeur de le raconter. Mais le Johnny que le public connaît, ce n’est pas l’homme avec lequel j’ai vécu. Et pourtant, Johnny était quelqu’un qui partageait beaucoup. Il n’a jamais rien caché. Ce qui est beau dans ce documentaire, c’est qu’il est presque universel. Je pense que chaque famille va s’y retrouver puisqu’être père, mari, vivre avec des souffrances et des grands moments de bonheur, on le raconte et ça fait partie de la vie des gens. Même si la vie de Johnny n’est pas ordinaire, il y a des moments très singuliers d’une vie de famille.

« Je porte toujours mon alliance, j’ai du mal à l’enlever »

On voit aussi un changement s’opérer chez Johnny quand vous adoptez Jade…

Oui, et on sent qu’il fait la paix avec son propre abandon et qu’il fait la paix avec son père. Il le raconte un peu, mais on le sent dans les images, on sent qu’il y a un avant et un après. Lui, qui est un enfant abandonné, cette adoption l’a sauvé.

Est-ce que parfois vous avez peur qu’on oublie Johnny ?

Non. Il sera toujours là. Moi je ne serai plus là mais lui sera toujours là. Il va traverser d’autres générations et c’est ce qu’il attend de moi aujourd’hui : de continuer à faire vivre sa mémoire, son œuvre et l’être exceptionnel qu’il était. Et puis, c’est une des étapes aussi du deuil de ses fans. C’est important de les accompagner.

Vous êtes aujourd’hui en couple (avec Jalil Lespert, NDLR), ce n’est pas un secret. Comment avez-vous franchi cette étape-là, sans avoir l’impression de « trahir » peut-être Johnny ?

C’est justement ce travail de ne pas culpabiliser. Quand vous perdez votre mari, vous ne divorcez pas. Moi, je n’ai pas divorcé de Johnny, c’est la vie qui nous a séparés. Je porte toujours mon alliance, j’ai du mal à l’enlever et quand on rencontre quelqu’un, évidemment, on a l’impression de trahir l’être qu’on a aimé pendant presque 25 ans. C’est la moitié de votre vie. C’est vraiment difficile de ne pas être dans la culpabilité au début. J’avais l’impression qu’il allait surgir parce que je faisais quelque chose de mal. Et j’ai de la chance d’avoir rencontré quelqu’un comme Jalil, qui accepte parfois de vivre à trois dans ce couple et qui comprend aussi ce besoin pour moi de laisser le temps faire son œuvre dans ce deuil.

Vous ne vous livrez pas facilement. Qu’est-ce qu’on pourrait dire de vous qui vous représente réellement et ne soit pas fantasmé ?

Je ne sais pas quoi répondre… J’ai du mal à parler de moi, c’est vrai. (Son attachée de presse nous interrompt : « Moi, j’ai une petite idée… Elle est l’inverse de ce que certains ont pensé d’elle. C’est-à-dire que c’est une immense protectrice et partageuse », NDLR).

Vous êtes timide ?

Non, pas tant que ça ! Je ne suis pas timide du tout même.

Charlotte Vanbever

Retrouvez la suite de l’interview de Laeticia Hallyday dans le Max de ce samedi

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