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C’est un unique coup de couteau, d’une profondeur de 17 cm, qui a tué Gaetano Sedici à Verviers

Gaetano Sedici a été atteint par un seul coup de couteau porté dans le cœur, a confirmé jeudi matin un médecin légiste devant la cour d’assises de Liège. Ce coup de couteau avait une profondeur de 17 centimètres.

Les faits s’étaient déroulés le 11 mai 2018 à Verviers. Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir pacifiquement dans une bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

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L’autopsie réalisée sur le corps de Gaetano Sedici a montré qu’il a été atteint par un seul coup de couteau. La plaie mise en évidence lors de l’examen démontre qu’il a été atteint au thorax par un coup qui allait de bas en haut, de droite vers la gauche et d’avant en arrière. La lame a pénétré entre le mamelon et le sternum et s’est dirigée vers le cœur, en touchant le ventricule droit sur une profondeur estimée à 17 centimètres. La trajectoire du coup était légèrement montante. Le coup de couteau a provoqué une hémorragie conséquente sur le côté droit du thorax.

Après les coups de couteau, la tension s’était déplacée au CHR Verviers.
Après les coups de couteau, la tension s’était déplacée au CHR Verviers. - Archive B.B.

L’expert Aurélien Partoune, qui a assisté à l’autopsie et à la reconstitution des faits, a confirmé que les explications fournies par deux témoins de la scène, même si elles varient sur certains points, sont compatibles avec les constatations médicolégales.

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Les enquêteurs ont terminé lors de la matinée de jeudi leur exposé sur les différents devoirs réalisés lors de l’enquête. Ils ont à nouveau diffusé, à la demande du jury, certaines séquences vidéo enregistrées par les caméras de surveillance. Ces enregistrements sont les pièces les plus probantes de l’enquête, parasitée par des nombreux témoignages à géométrie variable.

La défense d’Imad M. a soulevé une thèse selon laquelle il ne s’agissait pas de la première fois que les occupants du numéro 13 de la rue Marie-Henriette posaient des soucis dans le quartier du Pré-Javais. Selon la défense, la tension était déjà palpable dans le quartier depuis plusieurs jours. Les frères Mohamed et Imad M. sont suspectés d’avoir eu une réaction disproportionnée lorsque leur sœur avait été importunée en passant devant cette maison. Mais selon les enquêteurs, aucun fait n’a pu être relevé contre les individus du numéro 13 dans les jours précédents. Aucune plainte n’avait été déposée et aucun comportement déplacé n’avait été dénoncé contre eux.

Les experts se sont aussi penchés sur les blessures des deux victimes qui ont reçu des coups plus superficiels lors de la bagarre. L’accusé, Lamine Fofana, est en aveux des faits. Il a expliqué qu’il avait brandi des couteaux et fait des gestes afin d’écarter ses adversaires.

L’examen médical pratiqué sur Ilyas Addarsi à la suite de ses blessures. Ilyas Addarsi est resté hospitalisé cinq jours après les faits. Il a été atteint par un coup de couteau à la racine du bras gauche. La plaie a causé une importante hémorragie et une atteinte partielle du nerf. Il avait été opéré d’urgence pour réparer des lésions vasculaires. Il a présenté une incapacité de travail de plus de quatre mois après les faits.

Un examen médical pratiqué sur Sohayb Chouaa a révélé qu’il présentait deux plaies sur le coude droit et sur l’avant-bras gauche. Ces plaies ont été suturées par deux et trois points lorsqu’il s’est présenté aux urgences de l’hôpital de Verviers. Ces blessures lui auraient été occasionnées alors qu’il tentait de se défendre de coups à l’arme blanche. Mais ces lésions sont très superficielles. Sohayb Chouaa n’a donné aucune suite aux convocations qui lui ont été envoyées afin de déterminer s’il souffre d’une incapacité permanente en raison de ces blessures.

Une analyse toxicologique a été réalisée sur des prélèvements opérés sur Gaetano Sedici. Ces analyses démontrent que la victime était, au moment de son décès, sous influence d’une consommation de cannabis. Aucune autre substance n’a été mise en évidence, même si une bille de cocaïne a été retrouvée sur lui.

Les auditions des témoins se poursuivront vendredi matin.

Durant 2h la tension n’a fait que monter entre les clans opposés avant la mort de Gaetano Sedici à Verviers

Les enquêteurs ont présenté mercredi devant la cour d’assises de Liège les différentes étapes qui ont conduit aux faits qui ont entraîné la mort de Gaetano Sedici le 11 mai 2018 dans le quartier Pré-Javais à Verviers.

Après une réflexion déplacée, les tensions n’avaient cessé de monter dans ce quartier et deux clans s’étaient finalement opposés.

Gaetano Sedici avait été tué d’un coup de couteau planté dans le cœur alors qu’il tentait d’intervenir dans la bagarre. Ilyas Addarsi (31 ans) et Sohayb Chouaa (30 ans) avaient également été touchés de coups de couteau lors de cette scène.

Lamine Fofana (25 ans) est accusé de l’assassinat de Gaetano Sedici et de deux tentatives d’assassinats commises sur Ilyas Addarsi et Sohayb Chouaa. Les frères Mohamed et Imad M. comparaissent aussi comme accusés après avoir commis des faits moins graves le même jour.

Gaetano Sedici.
Gaetano Sedici. - D.R.

La réaction disproportionnée des frères Mohamed et Imad M. serait à l’origine des événements dramatiques qui se sont produits le jour des faits. Leur sœur, une jeune fille âgée de 17 ans, avait été interpelée par Moussa Fofana alors qu’elle passait devant la maison du numéro 13 de la rue Marie-Henriette. Il n’y avait pas eu de contact physique mais uniquement un contact verbal, assimilé à de la drague grossière et déplacée.

La jeune fille avait ensuite déclaré aux membres de sa famille que l’homme lui avait fait peur, tant par son attitude que par les mots utilisés. Moussa Fofana était sorti de son immeuble et avait maintenu cette attitude intrusive à l’égard de la jeune fille. Elle avait pris peur et s’était sentie humiliée. Elle avait ensuite ajouté qu’elle était persuadée d’avoir évité quelque chose de plus grave ce jour-là, tout en confirmant une absence de contact physique.

Les frères Mohamed et Imad M. ont réinterprété la scène, évoquant d’abord un contact, puis un geste déplacé et enfin un attouchement jugé particulièrement grave. Cela a entraîné leur envie d’en découdre et de se rendre devant le numéro 13. Mohamed M. a persisté dans son désir d’obtenir des explications durant plus de deux heures. Des témoins affirment qu’il est arrivé avec un couteau en main.

Un attroupement, favorable à la cause de la famille de Mohamed et Imad M., s’est formé devant le numéro 13 et a finalement rassemblé une trentaine d’individus. La tension est montée crescendo jusque 18h59. L’agitation s’est concrétisée vers 19h05 lorsque la porte de l’immeuble a été défoncée. Moussa Fofana a été contraint de sortir de l’immeuble et a été roué de coups.

Gaetano Sedici est aussi sorti de chez lui à cet instant et a tenté d’intervenir dans la bagarre. Vers 19h08, Lamine Fofana a voulu intervenir à son tour pour venir en aide à Moussa Fofana. Il s’est muni de couteaux. Les choses se sont enchainées avec rapidité car, en l’espace de 45 secondes, comme le montrent les images des caméras de surveillance, trois personnes ont reçu des coups de couteau. Gaetano Sedici s’est effondré devant son domicile à 19h09.

L’intervention policière a été particulièrement délicate dans ce quartier enflammé.

Les auditions des enquêteurs et des experts se poursuivront jeudi.

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