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Dans l’Oise, les parcs photovoltaïques poussent comme des champignons

Une trentaine de projets photovoltaïques devraient être portés d’ici 2023 dans le département. Sans compter les projets portés par des privés. L’énergie solaire n’a jamais été si bien subventionnée et bénéficie d’un heureux concours de circonstances.

Pas de première pierre, mais un premier panneau. Samedi 26 novembre, la petite commune de Breteuil a inauguré pour la photo son premier panneau photovoltaïque. D’ici février 2023, 280 panneaux aménagés sur une parcelle de terre agricole, devraient permettre de couvrir 20 % de l’énergie consommée chaque année par le centre aquatique Philippe-Loisel. Soit environ 20 000 € d’énergie économisée chaque année. 50 000 € sur la base des tarifs actuels. Non négligeable pour la cité britulienne en pleine crise de l’énergie. Et un retour sur investissement attendu… d’ici deux ans. Imbattable !

À l’instar de l’éolien il y a vingt ans, les projets de parcs photovoltaïques poussent aujourd’hui comme des champignons. Dans le département de l’Oise, huit projets devraient ainsi être menés à terme en 2022, dont celui de Breteuil.

Abondance des financements

Et une vingtaine d’autres en 2023 selon le Syndicat d’énergie de l’Oise (SE 60). Des chiffres qui ne tiennent pas compte des projets portés par des privés, à l’image de Warluis dont le projet de parc photovoltaïque.

Même les communes du nord de l’Oise où « les premières estimations laissaient entendre que la rentabilité n’était pas possible », ont leur projet. Une dynamique rendue possible par l’abondance des financements : le projet de Breteuil, budgété à 300 000 € est aujourd’hui financé à… 70 % par l’État, via le plan France relance, et par le Département. Ce qui laisse à la commune une enveloppe de 90 000 € à fournir ; et ce qui garantit à son maire Jean Cauwel un retour sur investissement… en moins de deux ans si les prix de l’énergie ne bougent pas.

Breteuil, comme la trentaine d’autres communes qui vont pouvoir bénéficier de l’abondance des crédits, « était finalement déjà dans le train quand la solution du solaire s’est imposée », résume Quentin Merel, responsable énergie au SE 60. Dès 2018, le syndicat a en effet sondé les collectivités sur leurs projets photovoltaïques. Une quarantaine de projets ont été identifiés et remontés auprès des services de l’État.

Des projets rentables au bout de seulement 2 ou 3 ans

Lorsque le plan France relance a décidé de débloquer des fonds en faveur des projets de rénovation énergétiques des bâtiments, « on a proposé à l’État de financer ces projets de photovoltaïque. Cela a été accepté » glisse-t-on au SE 60. Une trentaine de projets se sont alors engouffrés dans la brèche. C’était en 2021, au sortir de la crise sanitaire. Et les prix de l’énergie étaient alors « trois fois inférieurs » à ce qu’ils sont aujourd’hui.

Avec la hausse des prix de l’énergie, ces projets dimensionnés pour un retour sur investissement en dix ans se sont retrouvés rentables… en l’espace de deux à trois ans. Ce qui fait dire aujourd’hui à Sabine Blanchard, directrice du SE 60, que l’abondance des crédits ne pourra pas durer...

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Un projet à Warluis

Avec le réchauffement climatique et la hausse des prix de l’énergie, le photovoltaïque devient intéressant au nord de la France aussi. C’est ce qui a poussé Luxel, entreprise montpelliéraine, à développer un projet sur la friche Bonduelle de la zone industrielle de Warluis.

La construction du site photovoltaïque de Warluis, d’une superficie de 18,3 hectares, devrait avoir lieu en 2024-2025, le permis de construire ayant été déposé en octobre 2022. Avec 18,63 MW en crête, il doit permettre de subvenir à la consommation de 8300 habitants.

Sauf que l’énergie récoltée sur les panneaux photovoltaïques au sol ne sera pas destinée directement aux habitants de la commune car elle sera revendue sur le réseau.

La commune touchera 23500 € d’impôt foncier par an et 70 000 € de façon unique avec la taxe d’aménagement. Quant à la Communauté d’agglomération du Beauvaisis, elle touchera 50 000 € par an dans le cadre de l’Imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (IFER).

Les nuisances devraient être minimes. « Les ondes seront vingt fois inférieures aux seuils légaux, chiffre Alice Le Priol, ingénieur environnement chez Luxel. Les transformateurs sont dans des locaux fermés et ne font pas de bruit.»

Une donnée que l’on pourra aisément vérifier d’ici quelques années, puisque le projet de Warluis n’est pas le seul mené par l’entreprise dans l’Oise, où elle doit s’implanter sur le site Weylchem Lamotte à Trosly-Breuil, à Tricot et à Bitry.

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