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«L’amant de Lady Chatterley»: après Lady Diana dans «The Crown», Emma Corrin incarne une autre Lady sur Netflix

Netflix s’encanaille avec « L’amant de Lady Chatterley », énième reprise du roman sulfureux du même nom, portée par celle qui fut Lady Di dans « The Crown ».

Il fait partie de ces romans qui embrasèrent le chaste milieu littéraire, début des années 1900. Sous la plume de l’écrivain britannique D.H. Lawrence, « L’amant de Lady Chatterley » fit à l’époque tellement scandale qu’un procès a carrément été intenté contre ses éditeurs. La raison ? Des scènes érotiques décrites de façon très explicites pour décrire l’émancipation sur fond d’adultère d’une femme charnellement frustrée dans son mariage. Laquelle, après que son mari est devenu paralysé des jambes et sexuellement impuissant, s’éprend du garde-chasse de leur domaine, avec qui elle va entretenir une liaison des plus torrides.

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En racontant sans pudeur l’histoire de Connie, dite Lady Chatterley, dans une Angleterre puritaine au sortir de la Première Guerre mondiale, D.H. Lawrence devint ainsi le premier auteur à vraiment explorer le plaisir féminin. Un plaisir d’autant plus « honteux » qu’il jaillit d’une relation extraconjugale, qui plus est entre deux âmes de classes sociales différentes : l’une bourgeoise, l’autre ouvrière.

Ce doux parfum d’esclandre titilla forcément les hommes de cinéma, qui adaptèrent tour à tour cette sulfureuse romance. Le premier à s’y attacher, c’est Marc Allégret. En 1955, le réalisateur français confia le rôle principal à Danielle Darrieux. S’ensuivirent des réappropriations américaines et japonaises classées X, avant la plus célèbre des relectures : celle de Just Jaeckin, emmenée par Sylvia Kristel, que le cinéaste (encore un Français !) avait déjà mise en scène dans le sensuel « Emmanuelle ». Plusieurs téléfilms anglais, dont l’un avec Sean Bean et l’autre avec Richard Madden, réunis plus tard dans « Game of Thrones », ont également vu le jour, entre 1993 et 2015. Marina Hands prêta elle aussi ses traits à l’héroïne, cette fois sous le regard d’une femme, Pascale Ferran. Basé sur la deuxième (et plus prude) des trois versions du livre polémique, son film sera sacré cinq fois aux César, en 2007.

Amoureuse maudite

Pour Netflix, c’est à nouveau une femme, Laure de Clermont-Tonnerre, à l’origine du très beau « Mustang », qui reprend l’œuvre de Lawrence, dont l’idylle est désormais présentée du point de vue de Connie. Un rôle exigeant tant il se doit d’insuffler de l’empathie aux spectateurs, priés d’embrasser le désir charnel d’une mariée, engagée « pour le meilleur et pour le pire » dans une union qui ne lui apporte plus satisfaction.

Cette mission ne pouvait revenir qu’à Emma Corrin, éblouissante Lady Diana dans la saison 4 de « The Crown », qui confirme aussi bien son intérêt que son aptitude à jouer les épouses malheureuses.

A bientôt 27 ans, la comédienne apporte une fraîcheur émouvante au personnage de Connie, qu’elle interprète avec grâce face à un Jack O’Connell à la fois brut et sensible dans la peau de l’amant. Palpable, leur alchimie ravive avec force la passion d’un amour interdit qui, près de 100 ans plus tard, émoustille encore et toujours. A (re)découvrir, depuis ce vendredi, sur Netflix.

« L’amant de Lady Chatterley » (film), disponible sur Netflix.

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