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Victime de la crise, le Moulin à Frites à Naast doit fermer: «J’arrête avant de me mettre la corde au cou…»

La crise n’épargne pas les friteries. À Naast, Michaël se voit contraint de fermer son établissement Le Moulin à Frites. La flambée des coûts de l’énergie conjuguée à la hausse des matières premières a fini par rendre la situation intenable.

« J’arrête tant qu’il en est encore temps, pour éviter comme d’autres collègues de vivre des drames ou de se mettre la corde au cou…, » soupire Michaël Monari, 43 ans.

« Terminé pour moi »

Le vendredi 9 décembre prochain, le gérant du Moulin à Frites à Naast (rue du Moulin, 69) fera son ultime fournée de frites, avant de baisser définitivement ses volets. Que fera-t-il ensuite ? Il ne le sait pas encore, l’urgence était de stopper l’hémorragie… « C’était ma première et dernière friterie ! Le métier d’indépendant, c’est terminé pour moi, » peste-t-il.

Le cœur vaillant, le Sonégien avait repris cet établissement en février 2020. Un mois à peine avant le début de l’épidémie de Covid. « On a déjà eu beaucoup de mal à s’adapter, même si on a pu s’en sortir grâce aux livraisons. Mais ça n’a pas suffi. Cette première crise a déjà été un coup dur, » explique-t-il.

La crise ukrainienne et ses conséquences sur les prix de l’énergie et des matières premières a ensuite porté un coup fatal à cette petite friterie. « Quand j’ai commencé, le sac de 10 kilos de frites était à 6 euros et désormais, il est à 9 euros. Les graisses et les huiles ont augmenté de 20 à 25 %, le papier a augmenté, les pains à hamburgers aussi… » explique le quadragénaire.

Ce commerçant a également vu le montant de sa facture énergétique multiplié par trois. Alors comment faire ? Revoir ses prix à la hausse ? « Le grand paquet de frites est maintenant à 3,20 euros. Mais on ne peut pas non plus tuer les clients. Nos habitués, ce sont des familles, voire des familles nombreuses. Si les prix sont trop élevés, cela va vraiment devenir compliqué, » souligne-t-il.

Chauffage et frigos coupés

Réduire sa consommation énergétique ? Mais là encore, c’est un véritable casse-tête. « On avait des écrans qui présentaient le menu, on les a éteints. J’ai aussi coupé le chauffage à l’intérieur. Conséquence : je dois mettre un pull pour travailler et les clients n’ont plus envie de s’attabler pour manger. Les frigos, je les coupe le soir et je les rallume vers midi pour que les boissons soient fraîches le soir, » énumère le patron de la friterie. « Malheureusement, les friteuses marchent au gaz. J’essaie de faire très attention à la consommation mais elles doivent être à une certaine température pour pouvoir cuire des frites à tout moment… »

Comme il fallait s’y attendre, le commerçant a aussi subi une baisse de la fréquentation. La petite frite rituelle, ce petit plaisir du vendredi soir, cette tradition bien ancrée en Belgique a fini par devenir un luxe pour certains foyers. « C’est navrant. Les gens font plus attention à mettre un euro de côté pour se chauffer ou pour les fêtes qui arrivent. Ils viennent une fois tous les quinze jours au lieu d’une fois semaine et dépensent moins. Avant, cela tournait autour des 25 euros, aujourd’hui, c’est une quinzaine d’euros. »

De guerre lasse, Michaël a annoncé en octobre dernier à ses clients qu’il mettait la clé sous la porte. Le 9 novembre, ça sera fini. Jusqu’à cette date fatidique, le gérant a décidé de brader ses boissons. « Et je ne réassortirai plus mes stocks, car si je rachète de la marchandise, je ne suis pas sûr de pouvoir l’écouler. Je liquide mes frigos et le peu qui me restera, je le vendrai au rabais… »

Pour l’heure, aucun repreneur ne s’est manifesté.

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