En ce momentCorruption au Parlement européenMercato Accueil Régions Mons Faits divers à Mons

Claudette, la tenancière emblématique du café «Chez Beaumont» à Roisin est décédée: «Parfois, elle me disait, «Ils ont pris mon fils, mon garçon!»

Claudette Guéry, tenancière emblématique du café « Chez Beaumont » à Roisin est décédée. La famille avait été touchée par un drame : en 2016, lors d’un vol, Jean-Claude Libiez a été tué. Claudette ne s’en est jamais remise. Bernard Libiez se confie.

Claudette a passé sa vie entière à la tête du café-épicerie. « Elle était proche de sa clientèle. Elle était simple et avait un grand cœur », confie son fils Bernard Libiez. Tous les deux vivaient ensemble depuis des années. « On avait l’habitude d’être à deux. Quand quelque chose n’allait pas, on se soutenait l’un l’autre ». C’est également ensemble qu’ils avaient dû faire face au décès de Jean-Claude Libiez, fils de Claudette et frère de Bernard.

Une terrible nuit

« Ça a été très dur en 2016 », se remémore Bernard dans notre édition de ce dimanche. Cette année-là, dans la nuit du 20 au 21 octobre, cinq hommes, cagoulés et armés, font irruption dans la ferme de Beaumont exploitée par les Libiez. L’épicerie étant située à la frontière française, elle vendait des cigarettes. La mère de famille, Claudette Guéry a été menacée d’une arme alors qu’elle se trouvait dans son lit. Les deux fils, Bernard et Jean-Claude Libiez se sont réveillés, sont descendus au rez-de-chaussée et se sont retrouvés nez à nez avec les malfrats. Une bagarre a éclaté et les voleurs ont fait feu avant de prendre la fuite avec leur butin : une palette de tabac… Touché au niveau des reins par une balle, Bernard a dû passer trois mois à l’hôpital Ambroise Paré de Mons. Jean-Claude, touché par une balle à bout portant, n’a pas survécu.

Le vol avec violence du bar-tabac a été commis en 2016.
Le vol avec violence du bar-tabac a été commis en 2016. - Archives E.G.

Cet événement terrible marquera à jamais Claudette, qui ne laissait pourtant rien paraître. « On s’est reconstruits ensemble avec l’aide de la famille et des amis. Elle ne montrait rien mais je pense qu’il y avait toujours de la peine dans son cœur. Elle a perdu son fils. Ça ne s’oublie pas comme ça. Tous les jours, on pense à lui. Parfois, elle me disait : « Ils m’ont pris mon fils, mon garçon ! »

Une femme courageuse

Un mois après les faits seulement, elle rouvrait son café. « Retourner au travail était le seul moyen d’arrêter de repenser à tout ça, ça m’occupe. Je n’allais pas rester à rien faire, je n’ai pas l’habitude », nous déclarait-elle à l’époque, alors âgée de 83 ans. Finalement, pour des raisons de santé, Claudette avait dû mettre un terme à son activité il y a 3 ans. Le commerce a été racheté mais Claudette vivait encore dans la partie privée. « Il n’était pas rare de la voir boire sa soupe depuis la cuisine », témoigne une cliente auprès de nos confrères de la Voix du Nord.

Claudette et Bernard avaient suivi l’affaire au tribunal.
Claudette et Bernard avaient suivi l’affaire au tribunal. - Archives C.K.

Des dramatiques événements de 2016, un homme reste encore à juger. « Ce n’est pas encore terminé », confirme Bernard Libiez. Malheureusement, Claudette ne connaîtra jamais la sentence de la justice quant à ce dernier homme. Elle est décédée à l’âge de 89 ans.

« Ce samedi, c’était le premier jour des visites. Les funérailles auront lieu ce mardi après-midi au village français de La Flamengrie ». Elle y sera inhumée dans le caveau familial.

Notre sélection vidéo
Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo A ne pas rater

Aussi en Mons Faits divers

Voir plus d'articles