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François De Smet réélu à la présidence de DéFIavec 59% des voix: «Il y a eu une mobilisation pour assurer une continuité du travail réalisé»

Ce dimanche, les militants de DéFI étaient invités à élire leur « nouveau » président de parti. François De Smet, député fédéral et président sortant, a remporté l’élection. Son mandat sera tourné vers les élections de 2024.

Le président sortant de DéFI, François De Smet, a été réélu dimanche par les militants de DéFI en ordre de cotisation avec 59 % des voix. Il l’a emporté face au candidat, Michaël Vossaert, actuellement député bruxellois et chef de groupe au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles.

« J’avais tablé sur un résultat autour des 60 %, car j’avais été élu avec 63 % des voix il y a trois ans. La campagne a été parfois difficile, je savais que mon adversaire a la qualité de mobiliser fortement autour de lui. Je savais qu’il fallait mobiliser, je me suis battu sur le terrain en défendant aussi mon bilan. Ça a été une bonne campagne, très respectueuse. Le score est raisonnable, un peu plus étriqué que ce qu’on aurait pu espérer, mais net quand même », souligne François De Smet.

Le soutien des piliers du parti

Durant la dernière ligne droite, François De Smet a pu compter sur plusieurs soutiens de taille. Premièrement, un des candidats à la présidentielle, Pascal Goergen, échevin à Grez-Doiceau et actuel président sortant du comité permanent wallon du parti, avait renoncé à sa candidature et annoncé son soutien au président en place. Ensuite, plusieurs grands noms du parti, ont soutenu publiquement sa candidature. Des soutiens décisifs ?

François De Smet assure n’avoir sollicité aucun soutien public, tout cela a été fait de manière spontanée. « Je crois qu’il y a eu, chez une série de personnes au sein du parti, la crainte que ce qu’on a pu construire depuis trois ans puisse être dilapidé et démantelé. Il y a donc eu une mobilisation pour assurer une continuité dans ce travail. »

Tourné vers 2024

Le second mandat de François De Smet sera marqué par la grande année électorale en 2024, avec les élections communales, régionales et fédérales. Les discours qui ont suivi les résultats allaient d’ailleurs en ce sens. « Il faut bâtir et aller de l’avant », affirme le président de la formation amarante. Les grandes lignes de la campagne sont déjà connues : libéralisme social, lutte contre les inégalités et intransigeance par rapport aux demandes du nationalisme flamand. « Elles vont très vite arriver, les francophones devront assumer un front uni face à cela », ajoute De Smet.

Dans le dernier sondage réalisé cette semaine par l’institut Ipsos, on remarque que DéFI se maintient à Bruxelles autour des 10 %. « C’est louable pour un parti se trouvant dans la majorité à Bruxelles », selon François De Smet. « C’est une majorité dans laquelle il est difficile de marquer des points. Le sondage démontre qu’on a une rare stabilité pour un parti politique. »

Élargir sa base d’électeurs

Pour les élections 2024, DéFI tentera d’attirer les électeurs hésitants et mécontents de la droite francophone. « C’est possible qu’une droitisation du MR, si elle continue dans ce sens, peut dégager un boulevard au centre pour ceux qui peuvent le prendre. DéFI a cette vocation, car on se veut à la fois progressiste au niveau des valeurs, mais nous sommes plus à droite au niveau socio-économique. On aime l’entreprise, on aime les gens qui prennent des risques, on est pro-business, il y a un public pour cela. C’est le terrain qu’on va tenter de labourer », annonce le président fraîchement réélu.

S’implanter en Wallonie

Si DéFI est bien présent à Bruxelles, la formation amarante a plus de mal en Wallonie. Pour continuer de grandir, le parti doit s’imposer dans la région. « Pour s’implanter en Wallonie, nous ne devons pas disperser nos moyens, nous allons défendre nos bilans et investir les bons candidats aux bons endroits. Je crois que tout deviendra possible. On a de bonnes chances d’emporter nos premiers députés wallons en 2024 », annonce François De Smet.

Continuer au fédéral

Le déménagement du président de DéFI d’Evere vers Woluwe-Saint-Pierre laissait penser à des manœuvres politiques avant les élections communales de 2024. Il n’en est rien. « J’ai voulu revenir dans mon quartier d’enfance, où j’ai vécu pendant 15 ans. Je suis heureux d’y revenir, c’est un projet familial, pas politique », déclare François De Smet.

Le président rappelle que son parti est positionné contre le cumul des mandats depuis longtemps. « Je vais aider la liste communale, ce sera à la section locale de décider de ma position sur la liste, mais si je peux aider DéFI à Woluwe-Saint-Pierre en devenant une troisième force à côté de Benoit Cerexhe (Les Engagés) et du MR, pourquoi pas, ça serait intéressant, mais la priorité est de continuer le travail au fédéral », conclut François De Smet.

Michaël Vossaert réagit après sa défaite: «La campagne a révélé qu’il y avait de fortes attentes et que le bilan n’était pas si parfait»

L’actuel chef du groupe DéFI au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’ancien président du comité permanent de DéFI en Région bruxelloise, Michaël Vossaert, a tenu à féliciter son adversaire dans le scrutin interne pour la présidence du parti, François De Smet.

Déçu, le candidat a remercié les militants qui ont glissé son nom dans l’urne lors des élections présidentielles de la formation amarante ce dimanche. « Il y a 41 % de membres qui se sont exprimés en ma faveur, on voit qu’il y a la nécessité de prendre en considération ce que j’ai pu mettre en avant », explique Michaël Vossaert, faisant référence à son envie de renforcer la présence du parti fans les débats socio-économiques, mais aussi à la force de mobilisation sur le terrain de DéFI. « Cela doit être quelque chose qui doit compter pour les prochaines années. Je suis très heureux du soutien que j’ai pu avoir, c’était pour moi un signal fort dans cette élection présidentielle », ajoute le chef de groupe au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Si Michaël Vossaert a pu compter sur une grande mobilisation des militants, il n’a pas reçu le soutien des ténors du parti, qui ont annoncé publiquement qu’ils se tournaient vers son concurrent François De Smet. « Peut-être que cela a joué, mais en tout cas, beaucoup de militants ont souhaité exprimer leur choix, indépendamment des consignes ou soutiens annoncés dans la presse, et je les remercie. »

« Incarner une alternative »

Les discours de ce dimanche appelaient à l’unité au sein du parti. « Ma campagne était axée sur le rassemblement pour gagner en 2024 », indique Vossaert. Il est évident qu’ici, on doit incarner une alternative dans le paysage politique francophone. J’estime qu’on doit absolument se mobiliser pour être au rendez-vous. La campagne pour la présidentielle a révélé qu’il y avait de fortes attentes, et que le bilan n’était pas si parfait que ça. Il est temps de se retrousser les manches, mais moi j’attendrai évidemment les initiatives qui seront prises par le président réélu », annonce Michaël Vossaert.

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