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Le bourgmestre Bruno Lefebvre exprime sa déception après le retrait de la Ducasse d’Ath de la liste de l’Unesco: «C’est injuste, nous avons le sentiment de nous être fait piéger»

Le maïeur athois Bruno Lefebvre a écrit une lettre ouverte à propos de la décision de l’Unesco concernant la Ducasse et le Sauvage. Il a exprimé sa déception suite au retrait de la Ducasse comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
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Le bourgmestre Bruno Lefebvre accuse le coup. En arrivant à la tête de la cité des Géants en 2018, il n’imaginait pas devoir faire face à une telle polémique et à devoir défendre la Ducasse, jugée raciste. « Dès 2019, alors que je participais à ma 1ère ducasse en tant que Bourgmestre, je me suis fait interpeller assez virulemment par un groupe de pression bruxellois pour une représentation « raciste » au sein de notre belle ducasse : le personnage du « sauvage » devenait problématique après 140 ans d’existence au sein de notre folklore. Cette réaction extérieure fit l’effet d’une bombe au sein de notre communauté athoise. Le sauvage devenait soudain une représentation raciste. Quelle affreuse méprise pour ce personnage du cortège adulé par nombre d’Athois et qui n’avaient jusqu’alors jamais vu les choses sous cet aspect ».

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Les Athois ont entamé une réflexion sur ce personnage tant adulé. « Les mois qui suivirent furent difficiles et nombre d’événements et de sensibilisation furent mis en place. Nous souhaitions démontrer notre bonne foi, pour démontrer à quel point ce « sauvage », fut-ce son nom mal choisi, n’était à aucun moment un personnage raciste.(…) Si l’intention raciste n’est pas, la question de savoir s’il doit évoluer ou disparaître ne devait-elle pas supposer une réflexion de fond tant au niveau de la population athoise, mais aussi pour le folklore en général ? Nous n’étions pas restés mains croisées depuis 2019, que du contraire ! ».

Le processus démocratique bafoué

Mais si une Commission Citoyenne du Folklore a été mise en place le mois dernier, l’UNESCO a coupé l’herbe sous le pied des Athois. « Nous avions privilégié plusieurs initiatives au travers de rencontres, échanges, tables rondes, sensibilisations pour finalement aboutir à la mise en place d’une Commission Citoyenne du Folklore en novembre 2022. Nous souhaitions privilégier la réflexion collective et la pédagogie. Cette commission devait non seulement se prononcer sur le personnage dans notre folklore et démontrer l’inexistence d’un quelconque racisme, mais également et surtout organiser une réflexion citoyenne pour déterminer si l’un ou l’autre élément méritait une évolution ».

Bruno Lefebvre en compagnie du Sauvage lors d’une dernière édition de la Ducasse.
Bruno Lefebvre en compagnie du Sauvage lors d’une dernière édition de la Ducasse. - D.Dupont

Lors de la conférence de presse organisée dans l’immédiateté ce vendredi 2 décembre, le maïeur n’a pu cacher sa déception. « De par sa décision rapide de nous évincer avec la plus grande des sévérités, l’Unesco n’a pas souhaité laisser une seule chance au processus démocratique mis en place. Mon abattement se justifie aussi parce que la Ducasse d’Ath est aujourd’hui la première manifestation exclue de l’Unesco… quelle claque ! Tout cela est injuste parce que nous avons le sentiment de nous être fait piéger. L’exclusion de l’Unesco n’aurait jamais dû intervenir cette année. Un accord diplomatique existait bel et bien et l’intelligence collective, les échanges citoyens et la mise en place de cette commission citoyenne auraient pu permettre une autre issue ».

« Notre peine est immense »

Le maïeur regrette que « l’image qui émane de cette décision de l’UNESCO laisse supposer, à l’échelle de l’humanité, qu’il existe une ville peuplée entièrement d’irréductibles racistes. Je crois sincèrement que la décision qui a été prise est maladroite et précipitée. L’UNESCO a balayé d’un revers de la main le travail que nous avions décidé de mettre en place. Même si la société et ses mentalités évoluent au fil des ans, l’Unesco ne pouvait simplement fermer le livre en oubliant que quand elle a reconnu notre ducasse, le Sauvage y était déjà… ».

Le maïeur rappelle que « les Athois ne sont pas racistes, ne l’ont jamais été et ne le seront probablement jamais. Le sauvage est un élément à part entière de notre folklore et la population l’adule avec fierté et enthousiasme. La peine que nous ressentons est immense ».

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