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Attentats de Paris, fusillade, fuite dans la presse: voici les événements qui ont précipité le passage à l’acte des terroristes de Zaventem et de Bruxelles le 22 mars 2016

Des documents retrouvés dans un ordinateur abandonné par les kamikazes mettent à la lumière du jour les éléments déclencheurs des attentats de Bruxelles. « L’étau se resserrait », a déclaré Mohamed Abrini.

La procureure Paule Somers a expliqué, mardi matin, devant la cour d’assises de Bruxelles, au travers de l’acte d’accusation du parquet dont la lecture est en cours depuis 10h15 (suivez notre direct sur Twitter), que plusieurs éléments ont précipité la commission des attentats le 22 mars 2016 à Zaventem et à Bruxelles.

Plusieurs suspects des attentats en France le 13 novembre 2015, à commencer par Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, ont rapidement été identifiés et recherchés par les enquêteurs belges et français, a rappelé la procureure. Une première arrestation importante intervient ensuite le 26 novembre 2015, celle d’un autre suspect, Mohamed Bakkali.

«Il est suspecté notamment d’avoir loué plusieurs appartements «conspiratifs» et d’avoir véhiculé les kamikazes», précise l’acte d’accusation. Ensuite, le 4 décembre, un avis de recherche avec les photos de Najim Laachraoui et de Mohamed Belkaïd est diffusé dans la presse. Ils sont présentés comme coordinateurs probables des attentats à Paris et sont alors connus seulement sous leurs faux noms, Soufiane Kayal et Samir Bouzid.

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Perquisition mouvementée

Un peu plus de trois mois plus tard, le 15 mars 2016, a lieu ce qui est désormais connu sous le nom de «fusillade de la rue du Dries». Lors d’une perquisition dans un appartement de la rue du Dries à Forest, les enquêteurs, qui pensaient y découvrir une planque abandonnée de la cellule terroriste, sont accueillis par des tirs de kalachnikov. Après un fort chabrol de plusieurs heures, l’un des trois terroristes qui sont retranchés dans cette habitation, Mohamed Belkaïd, est tué par les unités spéciales. Les deux autres sont Salah Abdeslam et Sofien Ayari. Ils ont réussi à prendre la fuite.

Dans la presse

Le lendemain, 16 mars, certains médias divulguent alors les noms et les photos d’Ibrahim et Khalid El Bakraoui, comme étant ceux qui ont loué cet appartement à Forest. De nouveaux articles de presse seront publiés le 18 mars au sujet des deux frères, avec des informations les liant eux aussi aux attentats à Paris. Ce même jour, Salah Abdelsam et Sofien Ayari sont arrêtés rue des Quatre Vents à Molenbeek-Saint-Jean.

Enfin, le 21 mars, la veille des attentats, le vrai nom de Najim Laachraoui est publié dans la presse à la demande des autorités judiciaires.

«Ces événements ont précipité la commission des attentats à Bruxelles. Identifiés au grand jour et craignant d’être arrêtés à leur tour, les membres survivants de la cellule terroriste, reformée après les attentats à Paris, décident d’agir le 22 mars 2016», ont écrit les procureurs. Cette réalité ressort en effet de documents retrouvés dans un ordinateur abandonné par les kamikazes, à proximité de la rue Max Roos à Schaerbeek. L’accusé Mohamed Abrini a par ailleurs déclaré que «l’étau se resserrait».

Dans l’ordinateur

Outre de la documentation sur le djihad et le califat, ainsi que des fichiers au sujet de la fabrication d’explosifs, l’appareil contenait des documents relatifs à différents lieux, susceptibles d’êtres des cibles pour un attentat. Il s’agissait d’émissions sur les usines à risque, sur les centrales nucléaires et sur les alertes nucléaires, mais aussi de photos de la caserne militaire de Flawinne (Namur), de l’Hôpital militaire de Neder-over-Heembeek et de son directeur, de cafés-concerts à Bruxelles ou encore du musée belge de la radiologie. D’autres documents énumèrent des endroits situés en France, associés à des termes comme «attaques de drones», «attentats suicides» ou «fusillades». Les enquêteurs avaient déjà découvert de telles listes de cibles potentielles dans un ordinateur saisi au 60 de la rue du Dries à Forest, une autre planque de la cellule terroriste, découverte quelques jours avant les attentats.

Les policiers ont également sorti de l’ordinateur saisi à Schaerbeek de nombreux fichiers audio, dans lesquels les kamikazes exposent clairement leurs motivations et l’avancement de leur projet meurtrier à l’attention d’un certain «Abou Ahmed», qu’ils appellent aussi «l’émir», laissant penser que les attentats ont été coordonnés depuis l’étranger. Mais aussi, certains de ces enregistrements leur permettent de comprendre que la Belgique n’était pas envisagée comme une cible, mais comme une «base de repli» après des attentats qui auraient à nouveau été commis en France.

Ces conversations révèlent surtout la raison pour laquelle les terroristes ont décidé d’agir dans la précipitation, le 22 mars, à Bruxelles. Les frères El Bakraoui étaient recherchés par toutes les polices depuis la découverte de la planque rue du Dries à Forest, le 16 mars. Ils risquaient donc d’être arrêtés avant d’avoir eu le temps de terminer leur projet initial d’attentat en France.

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