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Steve Carell, thérapeute séquestré dans la série «The Patient»: «Je tenais à rester enchaîné même quand on ne filmait pas», l’acteur explique pourquoi

Jeune sexagénaire, l’acteur nous parle du tournage singulier de ce thriller de Disney +, et de sa relation avec son partenaire, Domhnall Gleeson, qui joue un tueur en série.

Il y a quelques jours est arrivée sur Disney+ la mini-série « The Patient », un thriller psychologique que l’on doit aux producteurs exécutifs de « The Americans », Joe Weisberg et Joel Fields. Ses toutes premières images montrent un homme, le psychothérapeute Alan Strauss, prisonnier dans un sous-sol où vit son jeune patient Sam Fortner, campé par l’Irlandais Domhnall Gleeson (fils de Brendan), qu’on a notamment vu dans « Star Wars : L’Ascension de Skywalker ». Celui-ci l’a enlevé pour l’avoir à lui seul et espère, grâce à lui, guérir de ses pulsions meurtrières. Car c’est un tueur en série, et il ne tarde pas à ramener chez lui, sous le regard terrorisé d’Alan, une victime… vivante. Voilà le point de départ de cette fiction en dix épisodes, qui met les nerfs à rude épreuve et rappelle à certains le film « Misery », tiré d’un Best-Seller de Stephen King.

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D’entrée de jeu, et parce que l’action se passe pratiquement toujours dans une seule pièce, le spectateur devient littéralement claustrophobe, but recherché par Weisberg et Fields. Quant à Steve Carell, qui joue Alan, il nous a dit, non sans une once d’ironie, qu’il avait adoré être attaché durant la majeure partie du tournage. « J’espère que dorénavant, on m’immobilisera de la sorte pour tout ce que je vais pouvoir faire. Non, sérieusement, ça a été quelque chose. J’étais réellement lié au sol par des vraies chaînes avec un vrai cadenas et une vraie clef, et ce au long de chacune des journées de tournage. Ça m’est arrivé de me demander si quelqu’un penserait à me libérer s’il y avait un tremblement de terre ou un incendie… Cela étant, je tenais à rester enchaîné même quand on ne filmait pas, pour que subsiste l’ambiance régnant dans cet espace… Un espace qui est très réel, lui aussi, et n’a rien de fabriqué ou cliché. Il contribue à la substance et la qualité de cette histoire. »

Ainsi prisonnier et isolé, Alan passe sa vie en revue. Il se souvient de son ancien thérapeute à lui, Charlie, à la mort récente de sa femme Beth, et à son fils Ezra, qui s’est éloigné de lui pour cause de divergences religieuses… Nous avons rencontré Steve Carell plus d’une fois, et pouvons dire que c’est plutôt un calme et un introverti. Nous lui avons demandé si entrer en lui-même lui était bénéfique, en général, et s’il croyait, comme Alan, aux bienfaits de la psychothérapie. « Je voudrais me faire croire que je serais un bon thérapeute, et je pense que je ne suis pas le seul dans le cas. Mais je l’ignore… Vous savez, j’aime écouter les gens, et être écouté est probablement ce qui compte le plus pour quelqu’un qui est en thérapie. Pour moi, un thérapeute ne règle pas vos problèmes, mais vous aide à faire des liens entre des choses et à tirer vos propres conclusions quant à votre vie. Si je peux me comporter comme un thérapeute dans la vie, je ne sais pas. Mais en tout cas, j’ai adoré en interpréter un ! »

Steve Carell, alias le thérapeute Alan, en consultation particulière avec Sam (Domhnall Gleeson) (c) HULU
Steve Carell, alias le thérapeute Alan, en consultation particulière avec Sam (Domhnall Gleeson) (c) HULU

Nous lui faisons remarquer que la thérapie dont il est question dans cette histoire n’a rien de banal, ce qu’il confirme évidemment. « C’est une réalité exacerbée, une situation que la majorité des thérapeutes, même probablement aucun, ne connaîtra jamais. Dans une thérapie classique, les enjeux sont déjà très élevés : la vie et la santé de gens sont sur le tapis… Mais là, Alan se retrouve clairement dans une position délicate. Il sait qu’inévitablement, il va devoir manœuvrer en révélant à Sam des choses qui lui sont personnelles, et négocier avec lui. Pour sauver sa vie à lui, il va devoir manipuler, et à partir de là, devoir gérer à la fois l’horreur de sa situation, sa peur et son empathie pour Sam, car cela reste sa vocation… »

L’acteur, qui a franchi le cap de la soixantaine cette année, nous a aussi dit que selon lui, il ne faut pas faire « trop » de recherches avant d’entrer dans une histoire et un personnage. « Se préparer avant le tournage en compulsant toutes sortes de choses – archives, articles, livres, etc –, ça reste très mince pour moi. Quand tu fais ça, il n’y a que ta tête qui fonctionne, tu te fais une image mentale du personnage. Mais une fois que tu commences le tournage, revenir à ce concentré d’informations n’est pas nécessairement utile. Tu dois avoir tout digéré, en quelque sorte, et te laisser aller, bouger léger (…) On ne sait pas vraiment comment entrer dans un personnage, jusqu’à ce qu’on soit dedans. »

Il loue par ailleurs son partenaire Domhnall, dont il dit que le travail avec lui avait un goût de frais. « C’est l’une des meilleures expériences que j’ai eues avec un autre comédien. On essayait des choses tout le temps (…) C’est quelqu’un qui est extrêmement consciencieux, mais ne prend rien trop au sérieux. La combinaison idéale, à mes yeux. Quand c’est le moment d’atteindre ensemble ce qu’on s’est fixé d’atteindre, on ne fait qu’un, et on y va. Et si l’autre a besoin de plus de temps pour mieux toucher son personnage, on le lui laisse, on le respecte. À côté de ça, on a vécu, lui et moi, des moments d’une légèreté ridicule, entre des scènes absolument horrifiques. En résumé, nous sentions bien, lui et moi, où l’autre se trouvait et quels étaient ses besoins. Cela rendait notre rapport très harmonieux. L’alchimie parfaite. »

En juin prochain, c’est dans le nouveau film de Wes Anderson, la comédie romantico-dramatique « Asteroid City », qu’on pourra retrouver Steve Carell, entouré de nombreuses stars ainsi Tom Hanks, Scarlett Johansson et Margot Robbie.

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