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Assises du Brabant wallon: Ayoub Hireche affirme que l’homme qu’il a tué à coups de couteau l’avait violé

D’après la version présentée devant la cour d’assises jeudi matin par Ayoub Hireche, les deux hommes se connaissaient depuis septembre 2019, après s’être rencontrés au Petit Château.

La cour d’assises du Brabant wallon a entamé, jeudi, l’examen du dossier à charge d’Ayoub Hireche, un jeune homme de 23 ans qui a donné plusieurs coups de couteau mortels, le 7 août 2021 à Jodoigne, à M’hammed Sennour. L’accusé, qui a quitté l’Algérie à 19 ans et est passé par le centre Fedasil de Jodoigne où il avait pris un faux nom et fait croire qu’il était mineur d’âge, est en aveu des faits. Mais lors de son interrogatoire d’audience, en fin de matinée, il a répété qu’il avait frappé avec le couteau qui était d’abord en possession de la victime, et que c’était celle-ci qui l’avait attaqué. Il affirme qu’il s’est seulement défendu et que la victime, qui est un de ses compatriotes âgé de dix ans de plus que lui, l’avait violé à quatre reprises.

«Il était dangereux, il m’a agressé, il a fait beaucoup de choses mauvaises et il me menaçait constamment», a précisé l’accusé à propos de la victime. Tous deux s’étaient rencontrés en 2019 à Bruxelles, et ont commis de petits vols ensemble. Tout comme l’accusé qui se faisait appeler Rayan K. lorsqu’il séjournait à Jodoigne, la victime avait plusieurs alias. La veille du drame, les deux protagonistes avaient à nouveau été interpellés ensemble, après un vol de GSM et des coups réciproques, par la police de Leuven.

Violé quatre fois

D’après la version présentée devant la cour d’assises jeudi matin par Ayoub Hireche, les deux hommes se connaissaient depuis septembre 2019, après s’être rencontrés au Petit Château. L’accusé a affirmé que la victime avait pris l’ascendant sur lui, l’obligeait à commettre des vols, et l’a aussi violé à quatre reprises.

Le 6 août 2021, M’hammed Sennour l’aurait retrouvé à Jodoigne, et obligé à venir chez lui à Bruxelles. Il l’aurait suivi sous la contrainte avant de réussir à prendre la fuite, en embarquant dans un train vers Louvain. Mais M’hammed Sennour l’aurait suivi sans qu’il s’en aperçoive, d’où la bagarre qui a nécessité l’intervention de la police locale dans la soirée du 6 août. L’accusé raconte être ensuite rentré de Leuven au petit matin, en bus, vers Jodoigne. Mais la victime l’aurait retrouvé là-bas en début d’après-midi et poursuivi à vélo, avant de le faire tomber et de sortir un couteau de son pantalon. Ayoub Hireche se serait alors emparé de l’arme pour se défendre.

Des contradictions pointée

L’avocate générale, au terme de l’interrogatoire de l’accusé par la présidente Anne Leclercq, a mis en évidence via une série de questions de nombreuses contradictions dans les déclarations et versions livrées par l’accusé lors de l’enquête et devant la cour en ce premier jour de procès.

Elle s’est notamment demandée comment la victime aurait pu contraindre l’accusé à faire tout ce qu’il ne voulait pas faire durant plusieurs mois, alors qu’Ayoub Hireche est jeune et sportif. Ou encore pourquoi il n’a jamais déposé plainte contre la victime depuis 2019, ni parlé des viols qu’il affirme avoir subi aux autorités, à son tuteur ou aux assistants sociaux qui le suivaient au sein du centre Fedasil. La défense, via d’autres questions, a fait préciser à l’accusé qu’il avait eu honte de parler de ces faits de viol, que la victime avait l’ascendant sur lui et l’obligeait à prendre des médicaments, ce qu’il n’avait pas encore révélé depuis le début de l’enquête...

À partir de 14h30, la cour d’assises entendra les policiers qui sont intervenus sur la scène de crime, les enquêteurs et la juge d’instruction.

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