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Assises du Brabant wallon: un accusé qui a tenté à trois reprises de prendre la poudre d’escampette

En ce 1er jour du procès, la cour a notamment entendu les policiers et la juge d’instruction qui ont retracé les étapes de l’enquête et les auditions de l’accusé. Peu banal: depuis le 7 août 2021, l’intéressé a tenté 3 fois d’échapper aux policiers.

La cour d’assises du Brabant wallon a poursuivi jeudi après-midi l’examen du dossier en cause d’Ayoub Hireche, ressortissant algérien un temps hébergé au centre Fédasil de Jodoigne et qui est en aveu d’avoir porté des coups de couteau mortels à un de ses compatriotes, le 7 août 2021 à Jodoigne.

La première fois, c’était lors de son interpellation à Jodoigne, le lendemain des faits. A la suite de contacts avec leurs collègues de Louvain, où Ayoub Hireche avait été interpellé sous un faux nom le 6 août 2021, les hommes de la police judiciaire fédérale du Brabant wallon avaient localisé l’endroit où habitait sa petite amie. Ils avaient mis sur pied un dispositif pour interpeller l’intéressé à son arrivée sur place. Lorsqu’il a vu les policiers, le jeune homme - il est né en 1999 - a retiré ses baskets qui n’étaient pas lacées, et s’est enfui sur plusieurs centaines de mètres avant d’être rattrapé dans un champ de froment. Il a expliqué par la suite à la juge d’instruction qu’il n’avait pas compris que les hommes qui l’attendaient étaient des policiers, et qu’il avait eu peur.

Passage chez le médecin

Après cette arrestation, Ayoub Hireche a indiqué lors d’un passage en cellule qu’il ne se sentait pas bien. Les policiers, par sécurité, ont décidé de le faire examiner par un médecin et comme c’était le week-end, ils l’ont emmené jusqu’à l’hôpital de Braine-l’Alleud. À la sortie du fourgon, l’accusé, menotté, s’est dégagé d’un coup d’épaule du policier qui le tenait par le bras, et a pris à nouveau la poudre d’escampette. Il s’est volatilisé dans un champ de maïs et d’importants moyens, comprenant notamment un hélicoptère, ont été déployés pour le reprendre. Ce n’est en réalité que le lendemain que la police l’a intercepté, alors qu’il se trouvait dans le zoning industriel de Wauthier-Braine.

Le 13 juin 2022, le tribunal correctionnel du Brabant wallon l’a condamné à trois mois de prison et à une amende de 400 euros pour des faits de rébellion se rapportant aux circonstances de son interpellation le 8 août 2021.

Dernière évasion

L’acte d’accusation lu jeudi par l’avocate générale Stéphanie Bonté indique encore que le 12 septembre dernier, l’accusé est à nouveau parvenu à s’évader, cette fois de la prison de Nivelles. Il a volé un vélo pour prendre rapidement de la distance mais ne connaissant pas Nivelles, il s’est dirigé vers le commissariat de police qui est situé à l’extérieur de la ville. Il a été arrêté à proximité, dans les champs. Interrogé après cette évasion, il a déclaré que c’était son droit de fuir. Quelques jours plus tard, il a été transféré à la prison de Mons, où il est toujours détenu préventivement.

Vendredi matin, les policiers et la juge d’instruction poursuivront leur récit de l’enquête en abordant notamment la reconstitution, avant que les experts soient entendus par la cour d’assises.

Huit coups de couteau

Les enquêteurs et la juge d’instruction ont notamment détaillé le déroulement de la reconstitution. Puis le médecin légiste a fait l’inventaire des lésions relevées sur le corps de la victime. Au moins huit coups de couteau ont été portés, pour une bonne part dans des régions vitales et avec une force telle que le couteau est passé à travers deux côtes de la victime. Touchée à la carotide, aux poumons, au foie, à l’estomac et au coeur, celle-ci avait très peu de chances de s’en sortir.

Le légiste a noté qu’une seule des neuf plaies relevées sur la victime adopte une trajectoire ascendante. Les autres sont soit rectilignes, soit descendantes. Et certaines peuvent faire penser que la victime a été frappée alors qu’elle se trouvait déjà au sol. Au moins huit coups de couteau ont été portés, la plupart profondément et avec une violence telle que deux côtes de la victime ont été cassées. La lame a tranché partiellement la carotide, percé le poumon gauche à deux reprises, touché le coeur et traversé le foie. Le décès est dû à l’importante quantité de sang perdue rapidement par la victime, et sans doute également à une insuffisance respiratoire, le sang ayant envahi les poumons.

L’avocate générale a demandé au médecin légiste si la victime aurait pu survivre à de telles lésions. Le professionnel a répondu vendredi que si les faits s’étaient déroulés à proximité immédiate d’un service d’urgence, la victime aurait peut-être eu une chance de s’en sortir, mais sans certitude. Mais compte tenu du lieu où s’est déroulée la rixe, la survie était impossible.

Assises du Brabant wallon: Ayoub Hireche affirme que l’homme qu’il a tué à coups de couteau l’avait violé

D’après la version présentée devant la cour d’assises jeudi matin par Ayoub Hireche, les deux hommes se connaissaient depuis septembre 2019, après s’être rencontrés au Petit Château.

La cour d’assises du Brabant wallon a entamé, jeudi, l’examen du dossier à charge d’Ayoub Hireche, un jeune homme de 23 ans qui a donné plusieurs coups de couteau mortels, le 7 août 2021 à Jodoigne, à M’hammed Sennour. L’accusé, qui a quitté l’Algérie à 19 ans et est passé par le centre Fedasil de Jodoigne où il avait pris un faux nom et fait croire qu’il était mineur d’âge, est en aveu des faits. Mais lors de son interrogatoire d’audience, en fin de matinée, il a répété qu’il avait frappé avec le couteau qui était d’abord en possession de la victime, et que c’était celle-ci qui l’avait attaqué. Il affirme qu’il s’est seulement défendu et que la victime, qui est un de ses compatriotes âgé de dix ans de plus que lui, l’avait violé à quatre reprises.

«Il était dangereux, il m’a agressé, il a fait beaucoup de choses mauvaises et il me menaçait constamment», a précisé l’accusé à propos de la victime. Tous deux s’étaient rencontrés en 2019 à Bruxelles, et ont commis de petits vols ensemble. Tout comme l’accusé qui se faisait appeler Rayan K. lorsqu’il séjournait à Jodoigne, la victime avait plusieurs alias. La veille du drame, les deux protagonistes avaient à nouveau été interpellés ensemble, après un vol de GSM et des coups réciproques, par la police de Leuven.

Violé quatre fois

D’après la version présentée devant la cour d’assises jeudi matin par Ayoub Hireche, les deux hommes se connaissaient depuis septembre 2019, après s’être rencontrés au Petit Château. L’accusé a affirmé que la victime avait pris l’ascendant sur lui, l’obligeait à commettre des vols, et l’a aussi violé à quatre reprises.

Le 6 août 2021, M’hammed Sennour l’aurait retrouvé à Jodoigne, et obligé à venir chez lui à Bruxelles. Il l’aurait suivi sous la contrainte avant de réussir à prendre la fuite, en embarquant dans un train vers Louvain. Mais M’hammed Sennour l’aurait suivi sans qu’il s’en aperçoive, d’où la bagarre qui a nécessité l’intervention de la police locale dans la soirée du 6 août. L’accusé raconte être ensuite rentré de Leuven au petit matin, en bus, vers Jodoigne. Mais la victime l’aurait retrouvé là-bas en début d’après-midi et poursuivi à vélo, avant de le faire tomber et de sortir un couteau de son pantalon. Ayoub Hireche se serait alors emparé de l’arme pour se défendre.

Des contradictions pointée

L’avocate générale, au terme de l’interrogatoire de l’accusé par la présidente Anne Leclercq, a mis en évidence via une série de questions de nombreuses contradictions dans les déclarations et versions livrées par l’accusé lors de l’enquête et devant la cour en ce premier jour de procès.

Elle s’est notamment demandée comment la victime aurait pu contraindre l’accusé à faire tout ce qu’il ne voulait pas faire durant plusieurs mois, alors qu’Ayoub Hireche est jeune et sportif. Ou encore pourquoi il n’a jamais déposé plainte contre la victime depuis 2019, ni parlé des viols qu’il affirme avoir subi aux autorités, à son tuteur ou aux assistants sociaux qui le suivaient au sein du centre Fedasil. La défense, via d’autres questions, a fait préciser à l’accusé qu’il avait eu honte de parler de ces faits de viol, que la victime avait l’ascendant sur lui et l’obligeait à prendre des médicaments, ce qu’il n’avait pas encore révélé depuis le début de l’enquête...

À partir de 14h30, la cour d’assises entendra les policiers qui sont intervenus sur la scène de crime, les enquêteurs et la juge d’instruction.

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