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Les folles anecdotes de Pascal Vrebos: le célèbre journaliste de RTL-TVI se livre comme jamais, «cette fois-là, je me suis retrouvé mal à l’aise…»

Le plus célèbre visage de la télévision belge du dimanche midi nous a accordé une longue interview. Netflix, pièces de théâtre, « L’invité »...

L’aventure Netflix

Avec le documentaire consacré à l’affaire Wesphael, « Soupçons », vous avez réalisé une première en Belgique: créer (avec RTL) une émission avec le géant Netflix. Etait-ce un travail très différent de ce que vous aviez l’habitude de réaliser ?

Avec Georges Huercano (directeur des magazines de RTL, NdlR) on a discuté de ce docu. RTL était partant mais n’avait pas financièrement les moyens de se lancer dans l’aventure. De là, on a pensé à Netflix. Ca ne s’était jamais fait ! On a eu un rendez-vous avec les gens de Netflix aux Pays-Bas, il n’y avait même pas d’enseigne sur la porte d’entrée. Ensuite, pendant le tournage, on leur envoyait au fur et à mesure ce qu’on faisait. On n’a pas changé notre manière de travailler pour eux.

Aujourd’hui, vous savez si ça a bien fonctionné sur Netflix ?

On ne sait pas. Peut-être qu’on le saura dans deux ans, je pense que la diffusion sur Netflix dure cinq ans. Le retour qu’on a eu, c’est que Netflix était content.

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Vous avez gagné quoi dans cette aventure ?

Netflix ne me payait pas moi, ils dialoguaient avec RTL et payait le producteur.

Il paraît que vous retravaillez sur un gros projet?

Mais pour l’instant pas pour Netflix. Cette fois, c’est une fiction, pas un docu, qui est en développement pour RTL. C’est un projet pour 2024.

Joué aux Etats-Unis !

Depuis vos 17 ans, vous avez écrit une trentaine de pièces de théâtre. Le dramaturge que vous êtes a même été traduit et joué à Los Angeles et New York...

Dans les années 70, j’avais une pièce jouée au Théâtre National et un Américain traducteur et auteur est venu voir la pièce. Il l’a beaucoup aimée et a voulu la traduire. Il m’a invité à New York et il a été mon traducteur pendant 20 ans. J’ai eu un agent à New York et c’est comme ça que j’ai eu des pièces jouées dans des universités mais aussi dans des théâtre à New York - mais pas à Broadway, même si j’aimerais bien ! - et Los Angeles.

Être un auteur joué aux Etats-Unis, cela permet de vivre confortablement ?

Ca dépend...si on vit comme un malheureux, oui! (rires) Parfois aux Etats-Unis, tu peux recevoir une somme normale. Si j’étais joué Broadway pendant deux ans, je te dirais « oui » ! Mais je n’ai jamais voulu dépendre de quoi que ce soit, je ne voulais pas être obligé d’écrire pour gagner ma vie...C’est pour ça que j’ai été prof toute ma vie.

Politique et malaise

Avez-vous déjà déjà regretté d’avoir interviewé l’une ou l’autre personnalité ?

Je ne peux pas dire que j’ai regretté. Ce n’était pas une interview mais un débat, il y a longtemps. Gérard Deprez avait dit qu’il débatterait bien avec l’extrême-droite (en Wallonie). Avec Stéphane Rosenblatt (ancien patron de la télévision à RTL, NdlR), on en a discuté et on décidé de faire le débat entre Deprez et Féret (Front national belge). Et je me suis retrouvé mal à l’aise parce que, pour la première - et unique - fois dans ma vie, j’étais du côté de Deprez, j’étais du côté d’un des intervenants du débat. Et ça, ça ne va pas. C’est d’ailleurs le seul débat en Belgique francophone qu’il y a eu avec l’extrême-droite, mais c’était à la demande de Deprez.

Vous a-t-on déjà clairement reproché de ne pas être davantage « rentrre dedans » lors de vos interviews politiques ?

Oui, mais il y a des gens qui vous reprochent de rentrer trop dans le lard, d’autres de ne pas le faire assez. On fait comme on le sent. Peu importe qu’on connaisse la personne en face depuis 25 ans ou pas, qu’on l’aime ou pas...Tout ça n’a aucune importance.

Mais quand vous interviewez pour la énième fois un politique que vous connaissez depuis plus de 25 ans, ce n’est pas plus difficile ou plus facile ?

Je n’ai pas d’ami intime en politique. Et ceux qui viennent savent bien que je vais poser les questions qu’il faut poser sans agressivité mais que je ne lâcherai pas le morceau. C’est un exercice d’une grande humilité. Je ne suis pas là pour briller.

Y a-t-il des questions que vous n’avez jamais osé poser ?

Non. Mais je ne pose jamais des questions d’ordre privé sauf si le privé devient public.

Beaucoup de partis politiques vous ont-ils demandé de rejoindre leur rang ?

Comme tout le monde...Mais tous les partis ne m’ont pas approché. J’ai réfléchi mais j’ai un esprit trop libre. Une discipline de parti c’est dur. Surtout que dans beaucoup de parti, il y a des choses à prendre et à remodeler.

La langue de bois n’est-elle pas de plus en plus présente dans le discours de vos invités ?

Sur certains sujets oui, comme sur le wokisme aujourd’hui : il y a une sorte de bien-pensance. Mais ça a toujours existé à toutes les époques, mais sur d’autres sujets.

Vous êtes un dramaturge. Y a-t-il dès lors un peu du théâtre dans vos émissions ?

Non, il n’y a pas de théâtre, il y a de la dramaturgie, ce qui est différent. C’est dans le dialogue, ne pas rater ce que dit l’autre. Et surtout, faire en sorte que les gens restent pendant 20 minutes à vous écouter.

L’avenir de « L’invité » sur RTL

Vous verriez comme Michel Drucker le dimanche, encore là dans 10 ans, quand vous aurez 80 ans ?

Non. Je n’ai pas de plan. Je ne me verrais pas comme Michel Drucker. Ce n’est pas le plaisir d’être à la télé, c’est d’être dans quelque chose qui me plaît. Je vais de plus en plus écrire et éditorialiser aussi, parce que beaucoup de sujets m’intéressent.

Est-ce que votre poste, celui d’interviewer du dimanche, est jalousé ?

C’est possible. J’ai ressenti beaucoup plus de jalousie quand j’ai fait l’interview d’Albert et Paola, il y a 5 ou 6 ans. Je sais que deux ou trois personnes m’enviaient...

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