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Le ras-le-bol des techniciennes de surface de la Ville de La Louvière: «Nous voulons être respectées»

Manifestation des techniciennes de surface de la Ville de La Louvière ce lundi matin. Celles-ci dénoncent un manque de respect, de personnel et de matériel ! Elles ont été entendues par le directeur général adjoint et l’échevine de l’Enseignement.
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Elles étaient une bonne vingtaine de techniciennes de surface de la Ville de La Louvière, ce lundi matin, à crier leur mécontentement devant la commune. Ces travailleuses disent tout simplement vouloir être respectées… Ce qui ne serait plus le cas depuis qu’elles ont une nouvelle responsable. Pour illustrer une phrase qui aurait été prononcée par leur supérieure, certaines brandissaient une sandale de travail… « Le but est de montrer que même si elle nous affirme que nous sommes plus bas qu’elle, elle ne nous écrasera pas », nous a indiqué une manifestante.

Christelle arrivée dans le service en 2020 s’exprime : « Pour l’instant, je n’ai eu que des contrats de remplacement. On m’avait promis un CDI pour la fin de l’année et quand je suis revenue de congé début janvier, mon cadeau c’était d’être mutée au CPAS et d’apprendre que le CDI, c’était pour quelqu’un d’autre. Depuis une semaine, je suis en maladie. Je prends trois antidépresseurs par jour. En outre, les conditions de travail sont devenues déplorables. Ce n’est jamais assez propre. Il y a toujours quelque chose qui n’est pas fait au goût de la nouvelle responsable », dénonce-t-elle.

Christelle est en maladie depuis un mois...
Christelle est en maladie depuis un mois... - J.T.

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Jocelyne est, quant à elle, technicienne de surface pour la Ville depuis trente ans. « J’adore mon métier mais là, c’en est trop. Nous ne travaillons plus dans de bonnes conditions. Notre cheffe précédente se faisait respecter mais nous respectait. Celle-ci ne cesse de nous rabaisser. Elle nous dit, par exemple, que nous sommes en bas de l’échelle. En trente ans de service, je n’avais jamais participé à une telle action. Mais là je veux que cela change… Ce n’est plus possible comme cela. »

En trente ans de carrière, Jocelyne n’avait jamais participé à une telle action.
En trente ans de carrière, Jocelyne n’avait jamais participé à une telle action. - J.T.

Une autre Christelle, dans le service depuis 33 ans, est également à bout. « Nous croulons toutes une à une. On ne remplace pas les malades. Le matériel arrive au compte-gouttes. En outre, notre responsable tient des propos insultants à l’égard de plusieurs d’entre nous. Il est important que nous nous battions pour nos droits, pour que cela change. »

Christelle, technicienne de surface depuis plus de 30 ans n’a jamais connu ça...
Christelle, technicienne de surface depuis plus de 30 ans n’a jamais connu ça... - J.T.

« Elles sont pressées comme des citrons »

Calogero Morina, secrétaire général CGSP était présent pour relayer le désarroi de ces techniciennes de surface. « Outre le manque de moyens et de personnel auquel ces travailleuses sont confrontées tous les jours, il y a un manque de respect. Certains propos n’ont pas à être tenus que ce soit hors contexte ou pas. Ces travailleuses sont pressées comme des citrons », nous a indiqué le syndicaliste.

Ce dernier a rappelé aux techniciennes de surface présentes qu’elles étaient essentielles.

En trente ans de carrière, Jocelyne n’avait jamais participé à une telle action.
En trente ans de carrière, Jocelyne n’avait jamais participé à une telle action. - J.T.
Elles étaient une bonne vingtaine à manifester leur mécontentement.
Elles étaient une bonne vingtaine à manifester leur mécontentement. - J.T.
Les techniciennes de surface ont ensuite été reçues à la commune.
Les techniciennes de surface ont ensuite été reçues à la commune. - J.T.
Les techniciennes de surface se sont fait attendre
Les techniciennes de surface se sont fait attendre - J.T.

«Une rencontre qui nous donne de l’espoir»

Calogero Morena, secrétaire général CGSP, s’est dit satisfait de la rencontre qui s’est tenue avec les autorités communales, en l’occurrence le directeur général adjoint, Marc Minne, le responsable des Infrastructures Patrick Renaud et l’échevine de l’Enseignement, Françoise Ghiot (PS). « Cela a déjà fait du bien aux travailleuses d’être entendues par d’autres personnes que les syndicalistes. Il en ressort de sérieuses avancées. Il a, en effet, été promis d’investir pour le matériel des femmes de ménage. Il faut savoir qu’il y a, par exemple, une école où elles devaient nettoyer les couverts de cinquante repas chauds car il n’y a pas de lave-vaisselle. Cela ne va pas », a souligné Calogero Morena.

Le secrétaire général CGSP rappelle que le préavis de grève est valable jusque fin mars : « Nous voulons des mises en pratique rapides de ce qui a été décidé. »

«À la Ville de La Louvière, on traite tout le monde de la même façon»

Interrogée par nos soins, Françoise Ghiot (PS), l’échevine de l’Enseignement, souligne que le Collège communal n’a jamais refusé une demande de matériel pour le service : « Nous allons voir pour certains points ce qu’il s’est passé. Je n’étais, en tout cas, pas au courant de l’absence de lave-vaisselle dans l’école où un problème s’est posé. »

Pour ce qui est des problèmes d’ordre relationnel, l’échevine nous a confirmé l’organisation de réunions en vue d’élaborer un plan d’actions. Elle précise toutefois que la Ville de La Louvière ne tolère pas les propos qui auraient été tenus par la responsable : « A la Ville de La Louvière, on traite tout le monde de la même manière, que ce soit un ouvrier, un employé A2, un A1, un responsable de service, etc. Tout le monde apporte ce qu’il peut dans son domaine. »

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