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Un trafic de cocaïne dirigé depuis la Guinée qui touchait notamment Bruxelles et le Brabant wallon

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a poursuivi, lundi, l’examen d’un important dossier de trafic de cocaïne qui touchait le Brabant wallon, le Brabant flamand et Bruxelles en 2019 et 2020.

Dans ce jugement, Yacouba B., le principal prévenu et instigateur présumé de ces ventes organisées sur un fonctionnement de «centrale», fait défaut. Il est toujours recherché et une peine de sept ans d’emprisonnement ferme a été requise à son encontre. Il dirigeait l’association depuis la Guinée et les enquêteurs ont estimé que l’association avait généré, en dix mois, un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros. La plupart des dix prévenus sont en aveu mais d’après le ministère public, ils minimisent leur rôle. Le tribunal rendra son jugement le 6 mars.

Le tribunal correctionnel avait consacré une première audience, le 9 janvier, à ce dossier de centrale dont non seulement le dirigeant présumé mais aussi certains «dispatchers», qui faisaient le lien via l’application Telegram entre les clients et les livreurs de cocaïne, opéraient depuis la Guinée.

L’organisation était très structurée, avec des livreurs se servant de voitures immatriculées par une société bruxelloise, travaillant selon un horaire fixé par l’association et se répartissant en secteur. Des dispatcheurs leur communiquaient les adresses, des «nourrices» fournissaient la drogue plusieurs fois par jour par et l’argent remontait vers une «banquière», habitant dans le quartier Simonis à Bruxelles et qui était en contact direct avec le dirigeant.

A la dernière audience, le ministère public avait requis plus de 30 ans d’emprisonnement à l’encontre des dix prévenus.

Audience du jour

Lundi, la parole était à ceux-ci et aux avocats de la défense. La plupart des prévenus sont en aveu mais estiment avoir joué un rôle très mineur dans l’association. Leurs avocats indiquent qu’ils ont été piégés par l’attrait de l’argent facile.

Un des prévenus, qui a joué le rôle de livreur avant de devenir nourrice, a expliqué au tribunal qu’il recevait 3.000 euros par mois dans sa première fonction, puis 4.000 euros par mois pour veiller sur la cocaïne et la confier, plusieurs fois par jour, aux livreurs qui dépendaient de lui.

Durant le confinement de 2020, comme les déplacements étaient surveillés et que l’association voulait éviter que les voitures de livraison faisant le trajet entre Bruxelles et les deux Brabants soient repérées, un des membres de l’association avait pris une chambre dans un hôtel de Wavre, où il était «approvisionné» chaque matin et rencontrait ensuite les clients.

Le ministère public a indiqué, lors des répliques, qu’il ne croyait pas à la thèse de prévenus ayant travaillé un peu par hasard pour l’association, vu le caractère organisé du trafic et la méfiance extrême dont faisait preuve le dirigeant présumé.

Le tribunal rendra son jugement le 6 mars.

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