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Procès des attentats à Bruxelles: les avocats d’Ibrahim Farisi n’ont plus de mandat

La présidente de la cour d’assises a, dans la foulée, désigné d’office Me Xavier Carrette. Sans la moindre réaction, Farisi a quitté la salle d’audience pour aller fumer une cigarette...

L’audience de mardi matin au procès des attentats de Bruxelles de 2016 a commencé par un énième coup d’éclat d’Ibrahim Farisi. Son avocat Me Carrette a souhaité prendre la parole pour faire savoir qu’il n’exerçait plus le rôle de conseil pour son client. L’accusé a ensuite répliqué avec colère, avant d’être évacué manu militari de la salle d’audience. L’audience a été levée un bon quart d’heure avant de reprendre sur le coup de 10h.

La présidente de la cour d’assises a annoncé qu’après un entretien avec le bâtonnier, il a été décidé de désigner d’office Me Xavier Carrette (déjà conseil de l’accusé avant cet incident). Ibrahim Farisi n’a pas réagi à l’annonce. Il a finalement quitté la salle d’audience pour aller fumer une cigarette.

Retrait des deux avocats

«J’ai souhaité prendre la parole pour vous signaler que maître Berger et moi-même sommes venus par déférence vis-à-vis de la cour puisque nous sommes sans instruction de monsieur Farisi; à l’heure actuelle nous ne somme plus les conseils d’Ibrahim Farisi», a déclaré à l’ouverture de l’audience mardi Me Carrette.

L’accusé a ensuite pris la parole pour s’adresser à la cour. «Le monde c’est un globe, il est grand. Si j’avais voulu quitter le territoire, je l’aurais fait», a-t-il dit l’air un peu hagard.

Smail Farisi, l’autre accusé comparaissant libre et frère d’Ibrahim Farisi, a ensuite tenté d’interrompre son frère en s’emparant du micro avant d’être invité par la présidente à regagner sa place.

«J’ai eu une altercation avec mon avocat, ça n’avance pas, Mme la présidente!», a poursuivi Ibrahim Farisi. «J’ai une question: «Mr Abrini, vous me connaissez?», a-t-il ensuite lancé en se tournant vers le box des accusés.

«Où est Oussama Atar? Vous n’avez pas d’acte de décès», a poursuivi l’accusé avec colère. Malgré plusieurs exhortations de la présidente à garder son calme, Ibrahim Farisi a poursuivi ses diatribes, tout en étant conduit hors de la salle par des policiers.

« Acquittez-moi ! »

«Je veux que tous les accusés restent pour les parties civiles. Les jurés ne comprennent rien! Donnez-nous notre innocence. Ceux qui ont fait, ils sont morts. Vous les avez craints. Narrez-moi ce que vous avez sur moi depuis 7 ans. Acquittez-moi!», a-t-il encore crié depuis le seuil de la salle d’audience.

L’audience a repris vers 10h avec la question quotidienne posée aux accusés détenus sur la fouille à nu avec génuflexion réalisée à la prison de Haren avant leur transfert vers le Justitia. Mohamed Abrini et Osama Krayem n’ont pas souhaité répondre à la demande de la présidente, les autres ont fait savoir qu’ils y avaient bien été soumis. Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam ont ensuite choisi de quitter la salle d’audience et de retourner en cellule.

Les témoignages ont, dans la foulée, pu reprendre avec la suite de l’inventaire des objets et pièces à conviction découverts dans l’appartement de la rue du Dries à Forest, l’une des planques des terroristes où avait eu lieu une fusillade le 15 mars 2016.

Procès des attentats de Bruxelles: après la rue du Dries, les enquêteurs s’intéresseront au PC retrouvé rue Max Roos

La cour d’assises de Bruxelles chargée du procès des attentats du 22 mars poursuivra mardi l’inventaire des objets et pièces à conviction découverts dans l’appartement de la rue du Dries à Forest, l’une des planques des terroristes.

Elle se penchera ensuite sur le contenu de l’ordinateur retrouvé rue Max Roos à Schaerbeek, où était situé l’un des deux appartements «conspiratifs» des terroristes.

Le 15 mars 2016, la police avait entrepris de perquisitionner une habitation de la rue du Dries à Forest, dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris. Dès leur arrivée, les forces de l’ordre avaient essuyé des tirs de la part des occupants de l’appartement, alors qu’elles pensaient le lieu inhabité. Au cours de la fusillade, plusieurs policiers avaient été blessés et un des occupants de l’appartement, Mohamed Belkaïd, avait été tué par les forces d’intervention. Les deux autres, Salah Abdeslam et Sofien Ayari, étaient parvenus à s’échapper avant d’être arrêtés le 18 mars 2016, rue des Quatre Vents à Molenbeek-Saint-Jean.

Lundi après-midi, les enquêteurs de la police fédérale avaient commencé à expliquer devant la cour les premiers constats effectués rue du Dries.

Mardi matin, la cour poursuivra l’analyse des différentes pièces composant l’appartement forestois. Ensuite, c’est l’ordinateur retrouvé par des éboueurs à proximité de la planque de la rue Max Roos à Schaerbeek qui sera passé au crible. «Une véritable caverne d’Ali Baba», aux dires des enquêteurs.

Dans ce procès, 10 hommes sont accusés, dont un, Oussama Atar, fait défaut. Il serait mort en Syrie. Les neuf autres sont Mohamed Abrini, Osama Krayem, Salah Abdeslam, Sofien Ayari, Bilal El Makhoukhi, Hervé Bayingana Muhirwa, Ali El Haddad Asufi, Smail Farisi et Ibrahim Farisi. Parmi les accusés présents, huit sont poursuivis pour participation aux activités d’un groupe terroriste, assassinats terroristes sur 32 personnes et tentatives d’assassinat terroriste sur 695 personnes. Le neuvième ne doit répondre que de participation aux activités d’un groupe terroriste.

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