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Guerre en Ukraine: des députés ukrainiens viennent réclamer plus d’armes auprès de leurs collègues belges

Des députés ukrainiens ont relayé mardi à la Chambre plusieurs demandes de leur pays à l’égard de la Belgique, notamment un soutien militaire accru.

« Plus d’armes pourront nous apporter la paix. Cela peut paraître contradictoire mais c’est la réalité. Sans ces armes, la guerre durera encore des années », a dit le député Oleksandr Kornyenko devant les commissions des Relations extérieures et de la Défense de la Chambre.

La demande a trouvé un écho particulier dans l’opposition auprès du député Theo Francken (N-VA), à l’origine de la visite de cette délégation en Belgique, mais aussi dans la majorité, chez le député Denis Ducarme (MR). Le libéral francophone estime que la Belgique n’en fait pas assez. La Défense a pourtant déjà livré pour 90 millions de matériel militaire et s’apprête encore à fournir des armes de défense anti-char et antiaérienne. Sur son sol toutefois, des entreprises privées disposent d’un stock important d’armes qu’elles ont rachetées, notamment des blindés, engins dont les Ukrainiens ont besoin face aux forces russes. Récemment, des obusiers M109, retirés du service par la Belgique en 2008 et revendus quelques années plus tard pour un montant dérisoire, ont été vus sur le théâtre des opérations en Ukraine. Ce n’est pas la Défense belge qui les a rachetés mais le Royaume-Uni. Le gouvernement belge était réticent à débourser des centaines de milliers d’euros pour des engins revendus quelque… 16.000 euros en 2015-16.

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« Il y a là, dans des hangars près d’Anvers et de Tournai, des chars Léopard, des Guépards, des M113, des M109, des AIMV… Ce sont des engins blindés qui seraient particulièrement utiles. Par rapport aux montants que nous avons déjà dépensés, la fourniture de, par exemple, 10 blindés, ne représenterait pas une somme énorme. Mais je sens un manque de volontarisme à aller au-delà du minimum. Je demande que cette perspective soit analysée par la ministre », a souligné M. Ducarme.

Le 31 mars, lorsqu’il s’était exprimé par vidéoconférence devant le parlement belge, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait visé le secteur diamantaire. Une grande partie des diamants qui arrivent à Anvers vient de Russie. Jusqu’à présent, ceux-ci ne sont pas inclus dans les sanctions européennes. Mais il n’est pas exclu que le sujet revienne sur le tapis lors d’une prochaine réunion européenne.

« La Belgique a beaucoup à dire dans ce domaine. Quand de nouvelles sanctions seront discutées, tout le monde regardera votre pays. Je vous demande d’insister auprès de votre gouvernement pour que les diamants russes soient ajoutés dans les sanctions », a souligné la députée Roksolona Pidlasa.

La demande est particulièrement sensible en Flandre où certains redoutent le dommage que subirait Anvers, plaque tournante du commerce de diamants dans le monde. Dans la majorité, Vooruit s’y est cependant montré favorable : « Notre groupe soutient une interdiction totale de l’importation des diamants russes. Je sais que ce secteur est capable de faire preuve de solidarité. Il l’a déjà montré en bannissant les diamants du sang (issus d’Afrique et qui servaient à financer des conflits sur ce continent) », a expliqué Anja Vanrobaeys.

Ces derniers mois, la Belgique a constamment rappelé, quand la question des diamants revenait sur le tapis, que le but devait être avant tout d’affaiblir l’économie russe. Or, le commerce des diamants pourrait facilement se déplacer d’Anvers vers d’autres lieux d’échange, sans impact notable sur les revenus de l’industrie diamantaire russe, maintient Bruxelles. Par ailleurs, Anvers aurait déjà fait de nombreux efforts pour améliorer la transparence en matière de provenance des pierres, et réduit significativement ses importations de diamants russes, selon l’argumentaire gouvernemental.

La guerre a débuté il y a presqu’un an et a bouleversé la vie des États européens. La paix demeure lointaine. Pourtant, tous les députés qui sont intervenus ont interrogé leurs homologues sur la possibilité d’une issue diplomatique et les conditions de celle-ci. « Il est très difficile d’entamer des négociations avec des assassins qui ont massacré des civils. Le point de départ des pourparlers, c’est le retrait de tous les soldats russes d’Ukraine. Seulement alors le travail diplomatique pourra commencer », a indiqué Yehor Cherniev.

L’objectif des Ukrainiens demeure le rétablissement de l’Ukraine dans ses frontières de 1991, c’est-à-dire avec les provinces de l’est et la Crimée. Les parlementaires entendus n’ont pas renoncé à une adhésion à l’OTAN. « Nous comprenons qu’il ne sera pas possible de rejoindre l’OTAN quand un conflit est en cours. Mais, après, ce sera une situation gagnante. Il y a un million de soldats, expérimentés, qui ont démontré leur efficacité face à la deuxième armée du monde et qui feront de nous un partenaire solide sur le flanc est. Adhérer à l’OTAN, ce n’est pas une demande nous protéger mais c’est une protection du flanc est. Dire que cela déclencherait une guerre ? Mais pensez-vous que la Russie n’a pas d’ambition sur les États baltes », a averti M. Cherniev.

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