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«Extraordinary»: la série qui mitonne les superhéros à la sauce anglaise

Cette drôle de nouveauté a pour thème la différence, qu’elle emballe dans des situations et une narration avec lesquelles on a du mal… On explique !

Distinguer une série anglaise d’une autre se fait généralement en deux minutes. Mais dans le cas de « Extraordinary », il ne faut pas deux secondes pour comprendre que son histoire n’a pu sortir que d’un cerveau britannique. Il s’agit en l’occurrence de celui d’Emma Moran, qui l’a écrite dans le cadre de ses études de scénariste à l’Université de Manchester. On imagine que ses profs ont trouvé le résultat bien barré, ce qu’il est. On pourrait le décrire contre une satire des récits de superhéros. Vous allez comprendre, ou pas (ce qu’on peut comprendre) quand vous verrez de quoi il retourne. Une découverte que l’intégralité de la planète (ou presque) pourra faire en même temps, puisque la série démarre ce 25 janvier sur la BBC, et les services de streaming Hulu (aux Etats-Unis) et Disney +.

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« Extraordinary » gravite autour de Jen (Máiréad Tyers), une jeune femme de 25 ans, qui s’habille un peu comme une bourgeoise, évolue dans un monde extraordinaire, mais elle ne l’est pas. Traduction : à Londres où elle vit, tous les gens de plus de 18 ans sont dotés de super pouvoirs. Mais c’est comme si, une fois franchi ce cap, Jen avait raté la distribution : elle n’a « rien » sous le capot, contrairement à sa meilleure amie Carrie (Sofia Oxenhamp), qui est souvent « visitée » par des morts dont elle prend la voix, le petit ami de celle-ci Kash (Bilal Hasna), capable faire retourner dans le temps, ou son « amant » Luke (Ned Porteus), qui s’envole par la fenêtre après lui avoir fait des câlins. Et puis… n’oublions pas ce rouquin à lunettes qui fait atteindre l’orgasme à n’importe quelle femme en lui posant la main sur le corps et, dans un autre genre, le chat de l’appartement que partagent Jen, Carrie et Kash, qui est, en fait, un jeune homme très hirsute, incarné par Luke Rollason, qui a un physique très particulier.

Voilà planté le décor de cette comédie farfelue et décalée, où il est davantage question du quotidien de Jen (avec sa famille, ses amis et son gros complexe), de ses rencontres, sorties et déambulations dans la ville, que de gens qu’on voit faire des choses invraisemblables et surnaturelles. Le propos n’est pas là, mais plus dans le malaise de cette anti-héroïne, qui travaille dans un magasin de farces et attrapes et se pose beaucoup de questions (évidemment) : «  J’ai peur que rien ne change et que je finisse sans espoir, et seulement avec moi  », dit-elle. Mais elle se demande aussi si elle n’est pas, en réalité, très spéciale, puisqu’elle n’a pas ce qu’ont les autres… Et puis, comme le lui dit son père (avec la voix de Carrie), avoir des super pouvoirs la rendra-t-elle heureuse ? A un moment, elle se rend dans la société qui semble « fournir » ces mêmes super pouvoirs, mais tourne les talons après avoir été informée de ses tarifs.

C’est clair : le propos d’Emma Moran, c’est la différence, et tout ce qu’elle engendre comme mal-être et complications. Mais elle le « garnit » en permanence de situations qui se veulent drôles et insolites, mais aussi le reflet de la vie de bien des jeunes qui se sentent « en dehors du coup » et isolés. La musique, principalement pop/rock et très British, a aussi une place importance dans cette fiction qui compte parmi ses producteurs exécutifs Sally Woodward Gentle et Lee Morris, qui avaient déjà la même fonction pour « Killing Eve » (avec Sandra Oh). Avec « Extraordinary », ils dessinent ainsi une nouvelle quête d’acceptation à la « Encanto ». Une sitcom drôle et excentrique. Peut-être même un peu trop.

Nous avons vu les quatre premiers épisodes (de moins de trente minutes chacun) de cette nouveauté et, en toute honnêteté, nous ne sommes pas rentrés dedans. On saisit qu’on est ici dans un mélange de symbolique et d’absurde, mais on se demande quand même « d’où sort et où va » l’histoire de cette Jen qui n’est même pas attachante. Ce qui est sans doute voulu, puisque, comme lui dit Luke, pour pouvoir aimer les autres et en être aimée, elle doit d’abord s’aimer elle-même. Bref, nous n’avons pas trouvé extraordinaire cet « Extraordinary » qui fera peut-être votre bonheur à vous.

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