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«Impeachment: American Crime Story» relate l’affaire Lewinsky… par Monica!

Consacrée au « Monicagate », qui entacha la présidence de Bill Clinton, la saison 3 d’« American Crime Story » a été coproduite et surveillée de près par celle par qui le scandale est arrivé.

Après le procès d’O.J. Simpson et l’assassinat de Gianni Versace, la série «  American Crime Story », de Ryan Murphy, consacre sa troisième saison à l’affaire Monica Lewinsky, cette jeune stagiaire de la Maison-Blanche qui, de fin 1995 à 1997, a été la maîtresse de Bill Clinton, alors président des Etats-Unis. Une liaison qu’il nia sous serment et qui faillit le conduire à la destitution. Le premier des huit épisodes, à découvrir dès ce mercredi 25 janvier sur Disney+, rappelle que le scandale a éclaté à cause de Linda Tripp, qui avait les Clinton en horreur. Elle avait rencontré Monica en travaillant avec elle au Pentagone. Naïve, celle-ci lui avait fait des confidences sur sa relation clandestine avec le président que Tripp avait enregistrées à son insu, avant d’avertir le procureur Kenneth Starr de leur existence. Elle avait aussi convaincu Monica de garder sa petite robe bleue tachée de sperme, preuve cruciale de la culpabilité de Bill, incarné à l’écran par un Clive Owen méconnaissable.

Pour écrire cette dramatisation, les scénaristes se sont inspirés du livre du journaliste Jeffrey Tobbin. «  Il n’a été qu’une source, la principale étant Monica elle-même », a précisé le producteur exécutif Brad Simpson. L’intéressée a officié en tant que coproductrice et consultante du projet, une première pour Ryan Murphy, qui n’avait jamais contacté aucune personne existante ayant été mise en scène dans son anthologie. «  Ça aurait été une faute de ne pas impliquer Monica, elle qui connaît cette histoire mieux que quiconque et a été réduite au silence et bannie du monde culturel pendant vingt ans », a tranché Nina Jacobson, qui fait aussi partie des producteurs exécutifs.

A l’écran, c’est Beanie Feldstein qui interprète la stagiaire, laquelle l’a suivie avec bienveillance et encouragée tout au long du tournage. «  Notre lien a été plus amical que professionnel », a commenté l’actrice de 29 ans. «  Monica est incroyablement généreuse, et j’ai voulu l’être aussi. Dès les premières prises, je me suis vue comme sa garde du corps. Je me voyais lui dire : Je vais me mettre à ta place et te protéger. »

Cette relecture du « Monicagate » a toutefois été un gros challenge pour Beanie. Avant ça, elle avait fait le film « Booksmart » en vingt-cinq jours, et il en fallu vingt-trois pour tourner le sixième épisode (passionnant) de cet « Impeachment », où des agents du FBI conduisent Monica dans une chambre d’hôtel et l’y retiennent pendant onze heures en utilisant des méthodes d’interrogatoire peu orthodoxes destinées à l’intimider.

Pas de sexe à l’écran

On vous prévient : la série ne montre aucun acte sexuel entre Clinton et Monica (même pas la fameuse scène du cigare !). Elle est surtout axée sur le lien que celle-ci avait avec Linda Tripp. Sarah Paulson, qui campe Tripp, refuse néanmoins de définir son personnage comme quelqu’un de détestable. Comme pour les saisons précédentes, nous saluons le soin apporté aux détails dans cette reconstitution, et la prestation remarquable des acteurs. Parmi eux, Edie Falco (« Nurse Jackie »), qui a relevé le défi « d’être » la version fictive de Hillary Clinton. «  Laquelle n’a certainement pas regardé le produit fini », nous a glissé Brad Simpson dans un sourire.

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