L’icône du cinéma français Jeanne Moreau décède à l’âge de 89 ans (photos + vidéos)

Une semaine et demie après Claude Rich, un autre grand nom du cinéma français s'en est allé. Jeanne Moreau est morte à l'âge de 89 ans ce lundi 31 juillet. La comédienne a été retrouvée à 7h30 sans vie par sa femme de ménage dans son appartement de la rue du Faubourg Saint-Honoré.

Comédienne mais également chanteuse et réalisatrice, Jeanne Moreau est née à Paris en 1928.

Détentrice de trois César – le premier en 1992 pour La vieille qui marchait dans la mer, puis deux autres d'honneur en 1995 et 2008, elle a également obtenu un Oscar d'honneur en 2008 et a été présidente du jury du Festival de Cannes en 1975 et 1995.

(Avec Vanessa Paradis à l’ouverture du Festival de Cannes 1995 - Photo News)

(A Megeve au club Esquinade en fevrier 1959 - Photo Reporters)

Sa filmographie compte de grands noms du cinéma européen et américain, parmi lesquels Luis Buñuel, Theo Angelopoulos, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles ou encore François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné et Bertrand Blier. Elle est la première femme élue à l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France (en 2000 au fauteuil créé en 1998 dans la section Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel).

(Avec Brigitte Bardot dans «Viva Maria» en 1965 un film de Louis Malle - Photo Reporters)

(L’actrice en 2009 - Photos Reporters)

Elle naît en 1928. Son père est le gérant de la brasserie de La Cloche d'or, au coin de la rue Fontaine, à Paris, tandis que sa mère, anglaise, a été danseuse. Après avoir passé une partie de son enfance à Vichy, elle achève ses études secondaires à Paris et commence à suivre, à l'insu de ses parents, les cours de théâtre de Denis d'Inès, alors doyen de la Comédie-Française. Elle entre six mois plus tard au Conservatoire de Paris.

(Avec Anny Duperey et Bernard Giraudeau - Reporters)

(Avec Burt Lancaster dans le film de guerre «Le train» de Pierre Granier-Deferre - Photo News)

En 1949, elle épouse le réalisateur Jean-Louis Richard ; elle accouche le lendemain de leur mariage de leur fils, Jérôme. Elle divorce en 1951. Cette même année, Orson Welles la remarque. Au dernier moment, elle évite de se remarier avec Teodoro Rubanis en 1966; puis s'installe avec le réalisateur britannique Tony Richardson qu'elle quitte sur le tournage du Marin de Gibraltar.

(Dans la pièce de théâtre «Une chatte sur un toît bûlant» à Paris en 1956 - Photo News)

En 1977, après un second mariage avec le réalisateur américain William Friedkin (la relation ne durera que deux ans), elle part vivre à New York et découvre le livre Solstice de Joyce Carol Oates, une histoire d'amitié entre deux femmes. Jeanne Moreau veut en faire son troisième film, après Lumière et L'Adolescente. Elle écrit le scénario avec l'auteur du livre, mais les Studios Walt Disney, qui sont contactés comme producteurs éventuels, refusent finalement, considérant qu'il s'agit d'une histoire déguisée de lesbiennes, du fait, dans le scénario, de la relation ambiguë entre les deux femmes.

(Avec Jean Marais dans «La machine infernale» de Jean Cocteau en 1954 - Photo News)

(Avec Jean Gabin dans «Touchez pas au grisbi» de Jacques Becker en 1953)

C’est en 1992 que le cinéma reconnaît en elle l’actrice au-delà de l’icône. Le césar de la meilleure actrice qu’elle reçoit pour son rôle dans «La vieille qui marchait dans la mer» sera le sommet de sa carrière.

A la veille de ses 80 ans, elle reconnaissait avoir vécu dans son métier des moments de passion qu’elle n’avait pas vécus dans sa vie. «On dit toujours qu’en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine... Je ressens tout, je vois tout», notait-elle avec son phrasé inimitable.

L’actrice qui a fasciné Welles ("Une histoire immortelle"), Bunuel ("Journal d’une femme de chambre"), Antonioni ("La notte") ou Losey ("Eva"), raconte avoir «été responsable très tôt» : «quand on n’est pas encouragé par ses proches, il y a une détermination, une énergie».

Jeanne Moreau se disait «mystique et frivole», capable de s’angoisser pour le drame du Darfour mais aussi d’aimer l’élégance et les belles choses. Elle aimait comparer la vie à un jardin, «un jardin en friche qu’on nous donne à la naissance» et qu’il faut «laisser beau au moment de quitter la terre».

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