L’armée crée un «régiment des opérations spéciales» et reçoit ses premiers véhicules RRV

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Photo d’illustration - © Christophe Licoppe/Photo News

L’état-major de ce « Special Operations Regiment » (SOR), fort de quelque 1.500 personnes, s’est établi à Heverlee (Louvain), où la cérémonie de création de la nouvelle unité s’est déroulée mardi après-midi en présence du ministre de la Défense, Steven Vandeput.

« Ce n’est pas une naissance, c’est une transformation », a souligné devant la presse le colonel Descheemaeker, qui commandait jusqu’ici la brigade légère de la composante Terre, dissoute par la même occasion, tout comme son état-major installé dans la ville de garnison de Marche-en-Famenne.

Le nouveau SOR chapeaute les deux bataillons paracommandos – le 2ème commando de Flawinne et le 3ème bataillon parachutiste de Tielen, en province d’Anvers –, comptant chacun environ 460 hommes, le groupe des forces spéciales (SFG) de Heverlee et ses 255 hommes et femmes, les deux centres d’entraînement spécialisés de Marche-les-Dames et de Schaffen (Diest) ainsi que depuis mardi le 6ème groupe CIS (systèmes de communication et d’information) de Peutie (Vilvorde).

La création de ce régiment est « l’un des fers de lance » de la réforme de la composante Terre de l’armée, a souligné M. Vandeput (N-VA) lors d’un point de presse.

« On traduit dans les actes ce qui était inscrit dans la ’vision stratégique’» adoptée par le gouvernement en juin 2016 et qui définit les contours des forces armées belges à l’horizon 2030 avec un budget d’investissements de 9,2 milliards d’euros à la clé, a-t-il ajouté.

La Belgique a décidé de renforcer ses forces spéciales – des troupes d’élite pouvant intervenir rapidement dans un ensemble de situations complexes, dont la formation d’armées étrangères, comme c’est le cas en Irak et au Sahel, pour aider les forces locales à combattre les mouvements djihadistes.

Il s’agit d’une « contribution de qualité » aux efforts menés dans le cadre de l’Otan que de l’Union européenne pour le renforcement des capacités de défense, a indiqué M. Vandeput.

La Belgique, le Danemark et les Pays-Bas ont conclu le mois dernier un accord pour créer un commandement conjoint destiné à chapeauter leurs unités de forces spéciales en cas d’opération, principalement au profit de l’Otan. Ce « Composite Special Operations Component Command » (C-SOCC) devra être pleinement opérationnel en 2021.

Ce QG trinational (d’où son appellation de « composite ») ne sera pas permanent mais se formera en cas d’opération (ou d’entraînement). Il comptera 125 personnes, dont 41 Belges.

La création de ce QG « virtuel » permettra aux trois pays d’atteindre ensemble la taille critique pour fournir un an sur quatre une structure de commandement dédiée aux forces spéciales à la force de réaction rapide de l’Otan, la NATO Response Force (NRF).

L’armée a profité de la création mardi du SOR pour présenter ses nouveaux véhicules « de réaction rapide », des engins destinés à remplacer les jeeps Iltis trentenaires au sein des bataillons paracommandos en offrant une protection accrue aux militaires de ces unités d’élite.

La Défense a acquis en 2015 108 véhicules de type RRV (« Rapid Reaction Vehicles ») – des « Fox », une version militarisée du 4×4 Toyota Hy Lux produite par la société britannique Jankel Armouring Ltd –, pour un montant de 23 millions d’euros.

Soixante d’entre eux ont été commandés en version de reconnaissance et 48 dans une version « commandement et liaison », a expliqué mardi l’officier de projet, le major Assoignon.

Ces grosses jeeps – elles pèsent 3,7 tonnes à vide, avec une capacité d’emport de 800 kilos et peuvent être armées d’une mitrailleuse de calibre 12,7 mm dans la version de reconnaissance – doivent remplacer les vieilles Iltis au sein des deux bataillons paracommandos du SOR et du SFG.

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