Le magazine belge «24h01» s’arrête faute de moyens

Le magazine belge «24h01» s’arrête faute de moyens

Le «mook» (contraction de «magazine» et «book") belge visait les 2.650 exemplaires vendus par numéro pour satisfaire son équilibre financier. Il n’en aura écoulé que 1.800 par trimestre.

Malgré une opération de sauvetage l’été dernier, le magazine a continué à sombrer. De 2.360 exemplaires écoulés pour le huitième numéro, les ventes ont décliné à 1.896 pour l’édition post-sauvetage «Debout les morts», puis à 1.876 pour le dixième numéro et enfin à 1.831 reproductions vendues jusqu’à présent pour «Au nom de la science».

Les 79.500 euros récoltés en juillet 2017 auront toutefois permis aux trois équivalents temps plein et à la vingtaine de journalistes indépendants, illustrateurs et photographes par numéro de sortir la tête hors de l’eau. Quelque 30.000 euros auront ainsi servi à éponger les dettes du produit littéraire et 29.500 euros ont été investis dans les quatre derniers numéros. Les 20.000 euros de prêts restants seront quant à eux remboursés aux abonnés et autres contributeurs.

Les raisons de cette douce agonie? Une identité encore flottante, le manque de moyens, tant financiers qu’humains; des habitudes de lectures qui changent, dans une société où tout va plus vite et où les citoyens sont saturés d’information; un manque de visibilité sur un marché éditorial belge francophone «par ailleurs trop étroit», commente la rédaction.

«Quand on consacre des week-end entiers à matérialiser un numéro -un seul! - d’une revue encore trop anonyme sous nos latitudes, quand on se bat chaque jour pour des économies de bout de chandelle, une question un tantinet tragique nous traverse l’esprit: à quoi bon?» , admet tristement l’équipe de 24h01 dans son dernier éditorial.

Dans son chant du cygne, le mook belge se veut pourtant optimiste: «le salut doit passer par la signature d’un nouveau contrat entre les reportages au long cours et les éditeurs de presse». Il faudra donc se réinventer, encore, «exiger de la qualité», toujours, afin que «la profession, socle de notre idéal démocratique, regagne la confiance du grand public. Tout est neuf, tout est possible».

«Nous tenons à clôturer proprement», précise Catherine Joie, rédactrice en chef, qui a pris les rênes du mook en janvier 2017, «soit en remboursant les abonnements et en honorant journalistes, photographes et illustrateurs.»

Les fondus des longs reportages de 24h01 pourront déguster cet été les derniers articles du magazine dans les pages du quotidien Le Soir. En septembre, une page du journalisme narratif belge sera définitivement tournée.

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