Cette fois, le gouvernement Michel a explosé: le Premier ministre a jeté l’éponge!

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Le Premier ministre jette l’éponge.
Le Premier ministre jette l’éponge. - Photonews

« Offensive de charme », « coup de poker », on peut multiplier les expressions, mais c’est plutôt un tour de magie que Charles Michel a tenté, mardi, au parlement : virer la Suédoise et la demi-orange bleue pour appeler l’opposition à le rejoindre dans une coalition éphémère « de bonne volonté » en vue de gouverner le pays jusqu’aux élections du 26 mai 2019.

Il y a mis tout son cœur

Le Premier ministre a pourtant mis tout son cœur dans cet exercice d’une trentaine de minutes. Il a fait comprendre à l’opposition qu’il était prêt à jeter une partie de l’héritage de la Suédoise et tant pis pour la N-VA ! Il a annoncé qu’il pourrait renoncer à certains des projets du gouvernement, à faire quelque chose pour baisser le prix de l’électricité (demande insistante du PS), par exemple, même s’il s’est refusé à demander la confiance de la Chambre, comme le souhaitait une majorité d’élus ; initiative qu’il jugeait suicidaire.

Que proposait-il concrètement comme méthode de travail ? Selon sa formule, le gouvernement demeurerait minoritaire. Le travail législatif se déroulerait selon des propositions de loi et même les arrêtés royaux seraient soumis en deuxième lecture à la Chambre. Les projets de loi déjà déposés pourraient être retirés et amendés. Quant aux projets de loi futurs, ils seraient soumis à la prise en considération de la Chambre après un passage devant la conférence des présidents de l’assemblée.

Il a ensuite proposé une feuille de route au parlement, énumérant les thèmes sur lesquels il voulait bien travailler, s’adressant davantage à la gauche et au centre qu’à la droite. Le premier chantier était le pouvoir d’achat, puis M. Michel a cité le tax shift, l’enveloppe bien-être en vue de revaloriser les allocations sociales, l’accord interprofessionnel, le prix de l’énergie, la réforme des pensions ou encore le marché du travail, le tout dans le respect de la concertation sociale. Le deuxième chantier était la sécurité, notamment le statut des policiers et le recrutement d’effectifs supplémentaires. Le troisième était le climat, à propos duquel la Chambre vient d’adopter une résolution en vue de renforcer les ambitions de la Belgique.

L’Open VLD grogne

Un enthousiasme qui a fini par exaspérer l’Open VLD, autre membre du trio siégeant encore dans la majorité et dont la présidente, Gwendolyn Rutten, souhaitait ardemment surfer sur l’héritage de la Suédoise (budget et jobs deal). Cette tension n’a pas échappé à l’opposition Écolo/Groen, c’est peut-être ce qui a fait pencher la balance. Même si le PS, par la voix d’Elio Di Rupo et d’Ahmed Laaouej, avait déjà dit qu’il n’était pas sous le charme de ces propositions vagues. M. Laaouej a même ironisé sur le fait que « Charles Michel était passé de la Suédoise au syndrome de Stockholm : plus la N-VA le maltraite, plus le Premier ministre la remercie ».

Écolo/Groen et le cdH n’avaient pas été plus tendres, constatant les dégâts commis à leurs yeux durant quatre ans par la N-VA, jusqu’à remettre en cause les institutions démocratiques du pays. Dans son style inimitable, Raoul Hedebouw (PTB) invitait même le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) à dire à Charles Michel que son gouvernement était mort, ce qu’il devait être le seul à ignorer en Belgique !

Bref, la messe était dite. Après une longue suspension de séance, Charles Michel, constatant que son appel n’avait pas été entendu, annonçait qu’il se rendait chez le Roi. La situation est clarifiée, mais la crise est totale.

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