Baudour: la FGTB attaque en justice NGK Ceramics (vidéo)

Photo d’archive.
Photo d’archive. - COM.

La tension est vive entre l’organisation syndicale et l’entreprise NGK Ceramics et ce, depuis des années. L’entreprise japonaise située à Baudour, qui compte au total 400 travailleurs, est régulièrement épinglée par la FGTB lors d’actions « coups de poing ». L’organisation dénonce le nombre de travailleurs intérimaires, le plus important dans la région de Mons-Borinage. Suite au changement de direction opéré il y a deux ans, les relations se sont encore refroidies, au point d’en arriver à un point de non-retour entre les deux parties : « La concertation avec notre organisation syndicale ne fonctionne plus alors qu’avant elle était relativement gérable. On s’est rendu compte qu’il y avait une discrimination envers la FGTB, que nous étions ciblés. Il n’y a donc plus moyen de travailler  », explique Frédéric Michel, secrétaire régional FGTB Mons-Borinage.

Depuis 8-9 mois, l’organisation syndicale collecte des preuves de discrimination, alors que la pression s’est intensifiée au fil des jours. Plusieurs faits sont d’ailleurs exposés par Frédéric Michel pour étayer ses propos : « Quatre délégués de la FGTB ont été nommés lors des élections sociales de 2016. Un délégué a malheureusement dû être placé en indisponibilité durant plus d’un an et demi, deux ans. Nous avons voulu le remplacer mais la direction a refusé. Finalement, le délégué en question a voulu revenir mais la direction a de nouveau refusé. Depuis, on évolue avec un délégué en moins », détaille le secrétaire régional qui ajoute : « Nous regrettons la mise sous pression systématique de nos délégués syndicaux. Certains affichages dans l’entreprise sont aussi interpellants. Dans l’une des affiches, il était par exemple écrit que les délégués de la FGTB sont immatures… »

L’avocat Raoul Moury et Frédéric Michel.
L’avocat Raoul Moury et Frédéric Michel. - G.H.

Première en Belgique et sur base de la loi contre les discriminations de mai 2007, l’organisation entame une action en citation contre l’entreprise spécialisée dans la fabrication de substrats en céramique pour pots catalytiques de véhicules automobiles : « Par cette action, nous demandons un arrêt immédiat des discriminations envers nos délégués et affiliés de la FGTB. Ensuite, nous réclamerons une astreinte de 500 euros pour tous faits discriminatoires dans l’entreprise. L’argent sera distribué à des associations qui luttent contre les discriminations. Enfin, nous voulons un affichage de la condamnation au sein de l’entreprise », souligne Frédéric Michel.

Ce vendredi, l’organisation syndicale, représentée par Maître Raoul Moury, a donc déposé une citation mais aussi deux requêtes contre NGK Ceramics au tribunal du travail. La FGTB conteste ainsi la mise à pied « injustifiée » du délégué principal et de l’un de ses représentants. Deuxièmement, l’organisation regrette le licenciement pour faute grave d’un employé « qui n’a pas voulu se laisser faire ».

Malgré une dernière réunion organisée ce lundi par les différentes parties, le dialogue semble donc définitivement rompu.

Pour l’heure, la direction de l’entreprise NGK Ceramics n’a pas encore réagi suite aux actions menées par la FGTB. Quant à la CSC, organisation syndicale majoritaire dans l’entreprise, elle ne s’est pas ralliée à la protestation.

NGK Ceramics réagit

Par voie de communiqué envoyé dans la journée, l’entreprise NGK Ceramics confirme qu’une action judiciaire a effectivement été entreprise par la FTGB et qu’elle en a été informée ce jeudi. La direction a tenu à réfuter les accusations de discrimination portées par l’organisation syndicale : « La direction s’étonne de cette démarche de la FGTB alors même que toutes les voies habituelles de conciliation n’ont pas été épuisées », explique-t-on du côté de NGK alors que la FGTB affirme le contraire. « Le bureau de conciliation de la commission Paritaire, lieu habituel de résolution de ce type de conflit n’a pas été saisi. La direction constate que cette action est manifestement menée en représailles de sanctions que la direction a dû prendre face à des comportements totalement inacceptables (harcèlement, sabotages…) de certains travailleurs », a ajouté la direction dans son communiqué.

La direction annonce que l’affaire sera traitée dans les prochaines semaines par les juridictions du travail « dans un climat que nous espérons serein ». L’entreprise NGK Ceramics se défend en guise de conclusion : « Nous réfutons également les accusations de discrimination énoncées par le permanent FGTB et nous signalons qu’elle adopte en la matière une attitude parfaitement similaire à l’égard de tous les travailleurs. »

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