La ruée vers l’or !

Voilà une histoire bien rocambolesque que nous raconte Francis Crowin. « Un jour du début d’octobre 1931, un ecclésiastique se présentant comme étant l’abbé Legrand a franchi la porte du Noir Pignon, un café-épicerie. Il a expliqué être l’économe de l’orphelinat d’Alcuin à Arras », détaille Francis Crowin. « Il a alors expliqué aux personnes présentes qu’il avait réuni, au cours de nombreuses années, une documentation très complète sur l’histoire de la région. Un jour, les autorités municipales lui ont demandé de situer un dépôt de grenades enterré par les Allemands, ce qui constituait un réel danger. L’abbé étant aussi adepte du pendule, son instrument a commencé à osciller de façon bizarre. D’après l’abbé Legrand, les oscillations ne révélaient pas la cachette d’engins pervers mais la présence d’une grande quantité d’or ! ».
Un discours qui a bien évidemment plus qu’interloqué la tenancière du Noir Pignon ! D’autant plus que l’abbé lui a expliqué que ce trésor serait enfoui… sous les entrailles de son café ou dans le champ le jouxtant ! Si pour l’abbé, trouver le trésor permettrait de pérenniser son orphelinat, il aura vite eu de la concurrence dans la recherche de ce dernier. En effet, quand il a annoncé la nouvelle à la tenancière, d’autres personnes se trouvaient dans le café. La rumeur s’est donc répandue à une vitesse incroyable.
« À tel point que la presse en a fait la une des journaux et ce dans plusieurs pays », ajoute Francis Crowin. « Les journalistes ont afflué, ce qui a bouleversé la vie des habitants de ce petit village, surtout celle du propriétaire du champ, Louis Maes ».
344 millions d’euros
Concrètement, le trésor se situerait à 40 mètres exactement de la grand-route Lille-Tournai et à 35 mètres d’une ancienne carrière. « Le précieux métal serait déposé dans des pots de grès, datant de 600 à 700 ans, sous une voûte à douze mètres de profondeur, au centre d’un véritable réseau de galeries. La présence de gaz délétères rendrait d’ailleurs les recherches dangereuses ».
Mais finalement, d’où proviendrait ce trésor ? « Lors de la bataille de Bouvines, le 26 juillet 1214, une provision de 40.000 marcs d’or, l’équivalent de 8.000 kg d’or, est chargée sur un chariot sous la responsabilité de Huges de Boves accompagné de 700 routiers brabançons. L’or aurait été mis en lieu sûr à Hertain avant que toute l’escorte ne se fasse massacrer.
En 2013, le trésor était estimé à 344 millions d’euros ! On comprend dès lors pourquoi de nombreuses personnes sont parties à sa recherche dans le champ à l’arrière du Noir Pignon. « Des personnes sont mêmes venues des États-Unis pour cela », conclut Francis Crowin.
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