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Harcèlement de rue : comment le contrer ?

En 2012, Sofie Peeters créait le buzz autour du harcèlement de rue avec la diffusion de son documentaire « Femme de la rue ». Depuis, le sujet est régulièrement exposé dans les médias, discuté en société et figure aujourd’hui dans la législation belge.

Le harcèlement, c’est quoi ? Il naît d’une situation où le/la destinataire exprime un refus (quelle que soit la façon dont celui-ci est formulé) non reconnu par l’autre personne qui insiste. La personne à l’origine du harcèlement impose à la victime un climat de peur et d’hostilité. S’installe alors une relation de pouvoir entre les deux personnes qui ne communiquent plus d’égal à égal. Dans les lieux publics comme la rue, les parcs, les salles de sport, les transports en commun ou encore le cinéma, le harcèlement se manifeste de différentes manières : sifflements, grognements et bruits en tous genres, commentaires déplacés, insultes, contacts physiques, attouchements sexuels, frottements, exhibitionnisme…

« Il n’existe pas de portrait type de l’auteur de harcèlement. D’après les témoignages, les personnes qui harcèlent sont de tous les âges, toutes les origines, toutes les religions, tous les métiers et sont issus de tous les milieux socio-culturels », explique Eloïse Malcourant, chargée de communication et responsable éducation permanente à la Fédération des Centres de Planning Familial des FPS.

Sexisme ordinaire

Que sait-on des victimes ? Ce sont majoritairement les femmes qui font les frais des remarques ou d’actes qualifiés de « sexisme ordinaire ». Ces comportements sont le reflet des rapports de pouvoir et du patriarcat constitutifs de notre société.

Le harcèlement a des conséquences chez les victimes. Pour « composer avec le harcèlement de rue », les stratégies d’évitement développées au quotidien par les femmes sont multiples comme, par exemple, ne plus porter un certain type de vêtement ou faire des détours pour éviter une rue ou une autre. « Ces comportements révèlent en filigrane que les femmes ne se sentent ni à l’aise ni à leur place dans l’espace public (rue, tram, métro, parc, piscine, etc.). Ces tactiques riment avec limitation de la liberté et violence genrée », ajoute-t-elle.

Vient parfois s’ajouter à cela, une culpabilisation de la victime par l’entourage et/ou la société : « Que faisais-tu à cette heure-là à cet endroit ? », « Elle portait une jupe ! », « Elle lui sourit ! » ou encore « Moi à ta place, plutôt que de rentrer en bus, j’aurais pris un taxi ! »…

Société inégalitaire

Au-delà des conséquences de ces actes ou de la violence qui peut être ressentie par les victimes, ces situations de sexisme ordinaire sont l’illustration d’inégalités « intégrées » dans l’espace public et à plus large échelle dans la société toute entière.

Comment y remédier ? Considérer le harcèlement dans l’espace public comme une banalité, même dans ses aspects les plus modérés, c’est accepter les autres formes de violence genrée et sexuée, produit d’une société inégalitaire. « Il faut donc s’y attaquer de manière transversale et continue, par exemple, en s’interrogeant sur la source de ces comportements. Il nous semble indispensable d’inciter les personnes à poser un regard critique sur le phénomène », précise encore Eloïse Malcourant.

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