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Un suivi plus précis et moins invasif

Si les traitements des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont évolué, les équipes soignantes du CHU de Liège ont également fortement amélioré le suivi des patients. Ces derniers peuvent compter sur des équipes qui anticipent les crises, réduisent les examens lourds, détectent les rechutes…
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Ce suivi des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin devient donc de plus en plus précis, personnalisé… et presque prédictif : une approche plus connectée, plus réactive, et surtout beaucoup plus centrée sur le vécu du patient.

Le professeur Edouard Louis, chef du service de gastro-entérologie au CHU de Liège, et Lucie Monin, coordinatrice de projets MICI au service de gastro-entérologie du CHU de Liège, font le point sur les avancées en la matière. Auparavant, les endoscopies étaient la modalité principale de surveillance. Cet examen, lorsqu’il n’est pas réalisé sous sédation, était assez inconfortable et désagréable… et, sous sédation, il impliquait un séjour en hôpital de jour avec souvent l’obligation de manquer le travail pendant un jour ou deux. « Aujourd’hui, nous pouvons compter sur d’autres approches, comme les marqueurs sanguins et au niveau des selles. La calprotectine fécale est un marqueur extrêmement utile dans le suivi de ces malades. Elle permet de détecter le degré d’inflammation de l’intestin. »

Le rôle intéressant de l’échographie

A cela, il convient d’ajouter le rôle nouveau de l’échographie. « Une échographie ciblée accomplie par les gastro-entérologues formés à cet effet. Elle vise à évaluer l’activité de la maladie en mesurant des paramètres au niveau de l’intestin, de sa paroi, de sa vascularisation. La combinaison de ces deux approches, en plus de l’approche clinique, nous permet de monitorer les patients et de réduire l’utilisation d’examens plus lourds comme la coloscopie, réservée maintenant au diagnostic, au dépistage du cancer et à des réévaluation plus poussées. Nous en avons en effet toujours besoin pour la surveillance du cancer ou quand nous avons un doute dans notre démarche thérapeutique. »

L’amélioration de ce suivi et l’évolution positive de la panoplie de traitements permettent réellement le treat to target, un traitement en fonction d’une cible. « Nous pouvons fixer une cible thérapeutique : obtenir la rémission clinique et la cicatrisation intestinale. Nous allons adapter le traitement pour essayer d’y arriver. Nous ne pourrions atteindre un tel objectif en utilisant seulement la coloscopie pour faire réaliser un suivi objectif. Ce type de soins serait beaucoup trop lourd pour les patients. »

Enfin, le quotidien du patient est encore plus écouté : « Nous utilisons différents scores pour mesurer cette qualité de vie : les PRO, les Patient-Reported Outcomes, qui nous permettent de suivre et d’évaluer à la fois les symptômes, le handicap du patient… Cela nous permet de recueillir l’avis du patient sur l’état de sa maladie. »

Un patient plus heureux, plus fort parce qu’il se sent mieux compris, plus écouté… mieux soigné encore.

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